PRONOSTIC
Le pronostic des latéro-déviations mandibulaires d'origine musculaire ou d’origine cicatricielle est naturellement essentiellement variable avec le degré de cette latéro-déviation et avec son étiologie.
Cependant d’une façon générale, on peut le consi-
dérer comme bénin. ; S'il existe dès l’occlusion, avec des modifications importantes de l’articulé dentaire, et s’accompagne d’une constriction serrée des mâchoires, le pronostic est relativement sérieux et doit imposer une thérapeutique active. Dans ce cas, en effet, la mastication est fortement gènée, en rapport avec ce double facteur de gène : déviation des arcades et cohstriction - des mâchoires. |
En ce qui concerne ce dernier facteur d’ailleurs, il est beaucoup moins important que le premier, comme tous les stomatologistes qui ont eu l’occasion de traiter des blessés des maxilläires l'ont fait avec raison remarquer, et l'on sait que les blessés avec trismus même serré ne répondent nullement aux descriptions classiques et arrivent parfaitemnt à s’alimenter, comme en témoigne la courbe de leur poids.
Plus intéressant à considérer est donc l'élément déviation mandibulaire en lui-même. Lorsqu'il existe dans l’occlusion à un degrè notable, il apporte, nous l’avons dit, une entrave sérieuse à l’acte masticatoire. Cette gène est beaucoup moins considérable lorsque
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l'articulé dentaire n'est que modifié faiblement dans l’occlusion, au moins dans la majorité des cas qui s’accompagnent de contracture masticatrice, d’hypermyotonie ou d’un processus seléro-cicatriciel.
Si la difformité est moins aceentuée encore et que la déviation n'existe que dans l’ouverture seulement (bouche du chantre de village), le pronostic est moins sérieux encore et l'affection se réduit, dans certains cas, à une simple modification inesthétique du facies, la gène masticatoire étant alors peu marquée. CÉbERe dant, même dans ces cas, où la déformation ne se révèle que dans l’ouverture buccale, l’existence de brides cicatricielles denses au niveau de la joue, ou de tractus souvent adhérents aux plans osseux, la coexistence fréquente de la constriction, les douleurs | parfois vives se produisant dans l'ouverture buccale viennent assombrir légèrement le pronostic.
D’autres cas sont plus sérieux encore ; ce sont ceux qui sont en rapportavec une contracture hypermyotonique, avec des sections ou des destructions musculaires et surtout avec des paralysies masticatrices unilatérales, qui peuvent être totales (paralysie du nerf maxillaire inférieur, du trijumeau). Dans ce cas» la gène apportée à la mastication est considérable, bien que la latéro-déviation puisse ne pas exister dans l’occlusion, cette gène est en rapport avec la suppression complèle de la puissance masticatoire du côté lésé consécutive à la paralysie masticatrice et aussi avec les troubles de la sensibilité objective, la perte du sens dentaire, du sens musculaire du même côté, de sorte que la mastication est absolument impossible de ce côté. S'il n’existe pas de modification de l’articulé dentaire, le côté sain dont les muscles masticateurs s’hypertrophient suppléent partiellement
aux fonctions du côté atteint. Cette suppléance n’est d’ailleurs pas toujours la règle, et le côté opposé peut être lui-même atteint. Il en était ainsi dans un cas d’atrophie complète des muscles élévateurs gauches (avec fracture ancienne il est vrai) rapporté par Roy et Delestre où le blessé présentait un état général mauvais ; il était découragé et déprimé, avec amaigrissement marqué. |
Dans le cas particulier que nous avons envisagé, où la latéro-déviation est en rapport avec une fracture ancienne de la branche horizontale, les modifications de l’articulé dentaire sont en général assez marquées pour constituer une gêne fort appréciable à la mastication. Il y a lieu de noter, en outre, dans ces cas, la persistance indéfinie de l’attitude vicieuse. ‘Il en est naturellement de même dans les cas de paralysie, les lésions nerveuses étant irrémédiables.
Dans les autres cas, au contraire, nous allons voir qu’un traitement approprié peut modifier favorablement l’évolution ei le pronostic de l’affection.