‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 32 sur 44 · I. — A LA PÉRIODE DE DÉBUT · texte numérisé non relu

I. — A LA PÉRIODE DE DÉBUT

Etant donné la rapidité avec laquelle apparaissent en général chez certains blessés de la face, les latérodéviations du maxillaire supérieur, il y a lieu, à cette période de l’évolution de la blessure, d’opposer à la constitution de ces déplacements un traitement prophy lactique approprié. Nous savons d’ailleurs que la production d’une constriction plus ou moins serrée

des mâchoires accompagne très fréquemment ces latéro-déviations, et qu’en général l’apparition de ce symptôme est également très précoce. C'est pourquoi, sans altendre la cicatrisation de ces blessures intéressant la zone maxillo-faciale et en particulier la région temporale, il y a lieu, par des exercices cinématiques précoces de s'opposer à la production des phénomènes dont on peut craindre l’apparition. Ces exercices consisteront en mouvements actifs et passifs d'ouverture et dè fermeture buccale, au cours desquels on aura souvent à vaincre la pusillanimité du blessé, d'autant mieux que des douleurs parfois assez vives peuvent exister au cours de ces mouvemenis d'ouverture.

À ce point de vue, il faut d’ailleurs s’entourer de

toutes Îles garanties possibles, et s'assurer qu'il n’existe pas au niveau de la zone masticatoire de

projectile inelus pouvant constituer une cause valable de contracture inflammatoire ou encore une fracture ignorée, en particulier une fracture haute de la branche montante, dont le diagnostic est cliñiquement toujours si difficile. Pour ces différentes raisons, on doit ne jamais négliger un examen radiographique précis et complet qui, dans tous les cas, doit ètre fait d’une façon systématique. |

Dans les cas seulement où il n’existe pas de projectile inclus ou de foyer de fracture, on sera autorisé à commencer la mobilisation et le massage précoce ; ils seront d’une importance capitale pour s'opposer à la production de contractures dans le domaine des masticateurs et aussi à la constitution des tissus scléro-cicatriciels denses et inextensibles. |,

Ce traitement mécanothérapique précoce est nécessité par la précocité des phénomènes de contraeture au niveau des muscles masticateurs et d’autre part par la rapidité de formation du tissu fibreux de cicatrice au niveau des plaies de la face, et en particulier de la zone maxillo-faciale. Lebedinski et Virenque croient avoir remarqué que l’utilisation d’antiseptiques puissants en lavage au niveau de ces plaies temporo-faciales favorise l'apparition d’un tissu scléro-cicatriciel particulièrement dense, et ils conseillent, dans les plaies infectées, de ne pas utiliser d’antiseptiques pour les lavages répétés que l’on doit faire dans ces cas.

Dans beaucoup de cas d’ailleurs, les bienfaits de la suture primitive peuvent être étendus aux plaies de la face. Cette pratique préviendra souvent l’apparition de troubles fonctionnels ultérieurs, en particulier de la latéro-déviation. À ce point de vue, les

opinions sont variables suivant les auteurs. Il y a lieu d’être éclectique, et suivant que la plaie est ou non en communication large avec la cavité buccale, suivant qu ’elle se présente avec des bords nets ou qu’elle est au contraire déchiquetée, anfractueuse (Dufourmentel et Bonnet-Roy) on peut ou non tenter la suture primitive. Dans beaucoup de cas, il n’y a pas de risques à suivre la pratique de notre maître Morestin, ét à retarder de quelques jours la suture, réalisant ainsi la suture primo-secondaire : la vitalité des tissus n’en est pas diminuée et à ce moment, les éliminations nécessaires étant faites, la plaie non saignante et par conséquent les réveils d'infection moins à redouter, on se trouve dans d'excellentes conditions opératoires. au Lorsqu'il existe des sections musculaires, portant en particulier sur le temporal et le masséter et que les destructions musculaires ne sont pas trop étendues, il est absolument indiqué de procéder à la suture de ces muscles et l'on s’opposera ainsi de la façon la plus efficace à la production ou à la persistance de latéro-déviations mandibulaires et des troubles divers qui sont la conséquence de ces sections. Lebedinski et Virenque dans un cas se sont fort bien trouvés de cette suture, au niveau du masséter sectionné. | | Quant à l’ablation des projectiles situés dans la région masticatrice, elle peut être faite à la période de début, lorsque les localisations radiographiques ont permis de déterminer exactement leur situation, et il est évidemment préférable à tout point de vue eten particulier au point de vue fonctionnel qu’elle soit faite le plus tôt possible. Dans la pratique il est malheureusement loin d’en être toujours ainsi, sur-

tout pour les éclats peu volumineux, qui, cependant, à ce même point de vue fonctionnel, ne sont pas toujours les moins importants.

Page 1