‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 39 sur 44 · ES · texte numérisé non relu

ES

Ossgrvarion XXIII (personnelle)

Fracture ancienne consolidée du maxillaire inférieur au niveau de la branche. horizontale qauche, avec perte de subslance osseuse inférieure à 8 millimètres : latéro-déviation mandibulaire gauche dans l’occlusion, sans,constriction.

:J... Justin, 32 ans, du 34° colonlal, blessé le 7 septembre 1914 à Beauzée (Meuse) par balle de shrapnell à la face. Le blessé atteint de fracture du maxillaire inférieur, au niveau de sa branche horizontale gauche, n’est pas traité dans des services spéciaux, il n’est pas appareillé et subit plusieurs interventions ; ablation du projectile dans la région sushyoïdienne médiane, deux curettages osseux au niveau du foyer de fracture, Entre enfin dans un centre maxillo-facia] le 21 octobre 1915, mais sa fracture s’est consolidée spontament, ;

Entre dans le service le 13 novembre 1916. En dehors des cicatrices dont il est porteur, et qui ne présentent rien de particulier, on remarque chez ce blessé une asymétrie faciale inférieure marquée, avec déviation de la saillie mentonnière à gauche.

Au niveau du maxillaire inférieur, fracture ancienne au niveau de la branche horizontale gauche, fracture actuellement très solidement consolidée. Cette fracture portait sur la région des prémolaires, qui fracturée par le traumatisme, ont été extraites antérieurement. Le reste de la denture est au complet, sauf les dents de sagesse qui n’ont pas fait leur éruption ; cependant on sent g° sous la muqueuse. Au bord inférieur de l’os, peu à gauche de la ligne médiane, on sent à la palpation extra-buccale une petite saillie osseuse arrondie dans le vestibule, peu de modification osseuse, mais bride cicatricielle étendue.

Arliculé dentaire. — Dans l’occlusion habituelle du blessé, perte presque complète de l’articulé dentaire, il existe en

Fe | — 149 —:

effet une déviation trés considérable de la totalité du maxillaire inférieur vers la qauche de telle sorte que les deux arcades dentaires se croisent en un point qui répond en haut à la ligne interincisive médiane et en bas à d’. Toute la partie de l’arcade située à droite de d° est en dedans de l’arcade supérieure (position linguale). Toute la partie de l’arcade inférieure située à gauche de d° est en dehors de l’arcade supérieure (position vestibulaire), Dans cette situation, deux dents seules articulent : 8°, G'.

La déviation présentée par ce blessé paraît au premier abord d’autant plus anormale qu'il ne semble n’avoir existé qu'une perte de substance osseuse très peu étendue. En effet, l'intervalle correspondant aux deux prémolaires perdues à gauche est de 9 millimètres. A droite, la largeur des deux prémolaires est de 16 millimètres. Par conséquent, même en admettant qu’il n’y ait eu aucun chevauchement des fragments, ni aucune gression mésiale des grosses molaires du côté gauche, la perte de substance osseuse est au maximum de 7 millimètres. L’existence de la déviation paraît donc bien en rapport avec l'absence de toute surveillance orthognatique pendant la période de consolidation de cette fracture.

Cette déviation n’est d’ailleurs pas irréductible : en effet il. est possible de la corriger, au moins partiellement, aussi bien manuellement qu’à l’aide d’un appareil.

Dans la nouvelle position obtenue, l’articulé dentaire est à peu près normal à droite, de plus les deux lignes intérincisives viennent dans le prolongement l’une de l’autre ; mais à gauche, g!, g*, g* n’articulent pas avec leurs antagonistes et passent en avant d'elles sans contact. G* articule à peine à sa partie distale avec g'\ Il semble donc qu'il y ait eu déviation en avant du fragment postérieur, comme c’est la règle dans les fractures de cette région. Quant au grand fragment antérieur, il semble avoir pivoté autour d'un axe vertical, pour porter sur l'extrémité gauche libre, en avant, ce qui explique la déformation actuelle, ces deux déviations aboutissant à la translation vers la gauche du maxillaire inférieur

reconstitué.

L'examen radiographique pratiqué montre une consolidation très solide de la fracture : entre g° et g’ tissu osseux de densité modifiée; ces modifications s'étendant en avant et en arrière de cette zone dans la région basilaire,

Osseñvartion XXIV (personnelle)

Fracture ancienne consolidée de la branche horizontale du maillaire inférieur, sans perte de substance osseuse appréciable : latéro-déviation mandibulaire gauche considérable dans l’occlusion.

D..., Jean, 40 ans, blessé le. 6 octobre 1915 à Massiges par éclats d’obus à la face. Fractüre du maxillaire inférieur traitée dans un centre par une gouttière en vulcanite scellée au ciment. Constriction des mâchoires traitée par toupie dilatatrice en séance journalière jusqu’à écartement de 26 millimètres. Evacué sur un autre centre il est mis trois mois en bouche bloquée (juillet-octobre 1916). Après débloquage, la consolidation est obtenue, mais avec latéro-déviation mandibulaire gauche: | |

Mise en bouche d’une bielle à butoir.

Entre dans le service le 13 novembre 1917. Outre ses cicatrices, on constate chez ce blessé une asymétrie légère de l’orifice buccal, et aussi de l’asymétrie faciale inférieure,

l est facile en outre de retrouver les traces de la fracture consolidée du maxillaire inférieur. Elle siégéait au niveau de la partie postérieure de la branche horizontale gauche : au bord inférieur de l'os, à 3 centimètres en avant de l’os on sent une encoche. De plus, à l'examen endobuccal, la denture est au complet, mais la dent de sagesse, gf est située très en dehors de 8", elle-même très lingualée : les deux dents sont à peu près sur un même plan transversal, mais g° est à un niveau très inférieur à g°. C’est entre g’ et g* que siégeait le trait de fracture et que s’est fait également l’accolement des

deux fragments sans aucun doute avec un léger chevauchement.

Page 1