‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 4 sur 44 · LES · texte numérisé non relu

LES

INT RODUCTION

Les déviations du maxillaire inférieur s’observent avec uné grande fréquence au cours des traumatismes de tous genres, et en particulier des traumatismes de guerre de la zone maxillo-temporo-faciale. Ces déviations constituent, dans cette catégorie de faits, un symptôme que l’on observe aux différentes phases de la lésion maxillo-faciale, soit à la période initiale, dans les quelques jours qui suivent la production de

la blessure, soit à la période d’élat, où les symp-

tômes hémorragiques ou infectieux, les signes de la plaie étant passés au deuxième plan, le tableau clinique est surtout en rapport avec l'existence des lésions anatomiques ou des troubles fonctionnels de la zone intéressée par le trauma, soit enfin à la période terminale, période où la cicatrisation des plaies est complète et a abouti à ce que l’on appelle en style médico-légal, la consolidation de la blessure, c'est-àdire à son état définitif,

Parmi les déviations de la mandibule que l’on observe dans chacun de ces trois stades, la plupart

sont en rapport avec une fracture, une solution de continuité du levier osseux que constitue le maxillaire

inférieur, La description de ces déplacements, leur

disposition diverse et leur mécanisme probable a fait,

au cours de celte guerre, l’objet de nombreux ta-

bleaux, en particulier depuis la fin de l’année 1915, époque à laquelle il était déjà possible de commencer à ordonner systématiquement le résultat de l'expérience de plus d’une année. Depuis, ces travaux ontété en se multipliant, soit dans les périodiques médicaux, soit dans les revues spécialisées, soit au Congrès dentaire interallié (1900-1916) soit à la Société de chirurgie. Enfin quelques monographies ont contribué encore à mettre au point la question des fractures du maxillaire inférieur et en particulier

celles des déviations de cet os au cours de ces frac-

tures, à leurs différentes périodes d'évolution. Aussi n'est-ce pas les déviations mandibulaires dans l’ensemble des lésions faciales d’origine traumatique que nous nous proposons d'étudier dans notre thèse ; le sujet serait trop vaste et manquerait d'unité. Ces déviations sont en effet très complexes et d’aspect très variable, dans cès fractures en général comminutives, les déplacements portant à la fois sur le fragment principal et sur le petit fragment, dans le cas de fracture à un seul foyer portant sur plusieurs fragments dans les cas de fractures doubles où multiples, revêtant enfin des dispositions également complexes suivant le siège de la fracture, suivant l’étendue de la perte de substance, suivant le ‘stade de son évolution et la marche de cette évolution.

Ce serait donc toute la question des fractures du maxillaire inférieur qu'il faudrait envisager dans son ensemble.

Fe ce RTE

Notre but est plus limité : il doit ètre d'emblée défini.

Alors que la constatation d’une déviation mandibulaire consécutive à un traumatisme de la face oriente à priori l'esprit du spécialiste vers la recherche d’une fracture du maxillaire inférieur, il est un certain nombre de cas dans lesquels l'examen le plus attentif ne permet de constater l'existence d’une ffacture (ou d’une luxation) de cet os. C’est cette catégorie de faits que nous nous proposons d'étudier ici, dans leurs modalités cliniques, leur pathogénie, nous eXposerons. aussi les difficultés de diagnostic auxquels ils donnent lieu, et les indications thérapeutiques qui leur conviennent.

Dans ün premier mémoire (1) (en collaboration avec le D' Achard) nous avons déjà eu l’occasion d’exposer d’une façon peut-être un peu rapide les grands traits de la question. C’est dans ce cadre que nous comptons développer notre exposé actuel, en y joignant un certain nombre d’observations cliniques choisies parmi les plus caractéristiques. Un certain nombre de ces observations sont personnelles ; d’autres nous ont été obligeamment communiquées par notre confrère et ami, le D° Achard, stomatologiste des hôpitaux de Marseille, auquel nous adressons ici tous nos remerciements pour les documents qu’il à bien voulu nous confier, et les aperçus originaux sur la question que son expérience de quatre années des blessures maxillo-faciales lui à permis de nous donner.

1. Achard et Maurel. Les latéro-déviations du maxillaire inférieur sans solution de continuilé, ni luxation de la mandibule dans les blessures temporo-maxillo-faciales. (Marseille médical, n°* 23 et 24, 1e et 15 août 1917.) ;

SYMPTOMATOLOGIE

De mème que les déplacements qui témoignent d’une fracture du maxillaire, les déviations mandibulaires que nous nous proposons d'étudier peuvent ètre envisagés aux différents stades d'évolution des blessures maxillo-faciales, ou pour être à la fois plus précis et plus complet, des blessures temporo-maxillocervico-faciales. Comme nous le verrons en effet ce n’est pas seulement des plaies de l'étage inférieur de la face qui peuvent donner naissance au syndrome anatomo-clinique que nous décrivons, mais encore et très fréquemment les traumatismes de la région iemporale et aussi, plus rarement, ceux des régions cervicale antérieure et latérale.

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