‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 5 sur 44 · I. — A LA PÉRIODE INITIALE · texte numérisé non relu

I. — A LA PÉRIODE INITIALE

Immédiatement après la blessure, la déviation mandibulaire indépendante d’une fracture ou d’une luxation du maxillaire n’est pour ainsi dire jamais observée. Sa recherche en effet n’est, d’une part, pour ainsi dire jamais pratiquée à ce moment où les symptômes de la plaie sont au premier plan et retiennent à juste titre l'attention du chirurgien. D'autre part, nous verrons, à propos de la pathogénie de ces déviations le plus souvent latérales (latéro-déviations), qu’en ce qui concerne certaines, d'entre elles tout au moins, un

SRE

certain laps de temps est nécessaire à leur production, et qu’en conséquence, leur recherche pratiquée dès le début de la blessure serait dans ces cas négative. Dans d’autres cas cependant, ces mêmes données pathogéniques nous permettent de penser que la latéro-déviation doit se produire d'emblée, immédiatement après la blessure, mais, nous le répétons, ce symptôme anatomo-clinique n’ayant pas d'importance vitale ou même de valeur pronostique immédiate, n’est pas en général envisagé à ce moment : en ce qui me concerne, je n'ai pas eu l'occasion de l’'observer.

Dans les jours qui suivent la blessure, où le blessé est en général traité encore dans les formations de l’avant, l’examen clinique plus détaillé pouvant être entrepris, il est possible de constater déjà l'existence d'une latéro-déviation en général peu marquée. Tous les spécialistes qui ont vu peu après leurs blessures des blessés des mâchoires, ont noté combien précoce était l'apparition des déviations mandibulaires dans les fractures de cet os, et la précocité de celte apparition les a incités à adopter d'emblée toute une série de dispositifs destinés à combattre et surtout à prévenir la production des déviations, et en particulier des latéro-déviations. De même tous ont noté aussi combien était, dans certains cas, rapide la production d'une constriction serrée des mâchoires, dans les blessures des régions temporo-maxillo-cervicales et se sont efforcés par un traitement mécanothérapique et orthognatique approprié d'empêcher cette complication fréquente et relativement sérieuse des traumalismes faciaux de se produire ou tout au moins d’en atténuer l'intensité et la fréquence. Ce sont là actuellement des notions qui, si elles ne sont pas

ve encore suffisamment blues ddns les milieux médicaux, sont tout au moins des faits banaux pour les stomatologistes ou chirurgiens spécialisés et qui dictent leur ligne de conduite dans les jours qui suivent la blessure. ;

Or ces deux catégories de faits : déviations de fragments dans les fractures maxillaires et en particulier déviation du fragment principal dans les fractures de la branche montante d’une part, et d'autre part constriction des mâchoires sont au point de vue pathogénique, et d’une certaine façon, aussi au point de vue clinique, en étroite relation de parenté avec les latéro- dévialions que nous étudions actuellement. C'est pourquoi il y a lieu d'attirer l’ attention des spécialistes sur la production également en général précoce de ce syndrome, afin de parer préventivement à son apparition.

Quoi qu'il en soit, c’est surtout à la période d'état des blessures cervico-faciales qu'il acquiert tonte sa valeur diagnostique et toute son importance pronostique et c’est pourquoi c’est à cette période que nous l’envisagerons dans ses aspects et ses modalités eliniques diverses.

Il. — A LA PÉRIODE D'ÉTAT

À ce moment, le blessé de la face ayant reçu à l'avant les premiers soins d'urgence, nettoyage et désinfection de sa plaie; ayant échappé aux phénomènes hémorragiques et infectieux dont l’apparition possible a fait l’objet des premiers soins chirurgicaux, est en général évacué sur les centres spéciaux dé l’intérieur, ou encore séjourne dans les centres maxillo-faciaux de la zone des étapes.

Page 1