LOUE
Les deux mains semblent plus longues, les doigts plus
effilés ; la paume des mains paraît plus plate par effacement des éminences thenar et hypothenar. Leur coloration est violacée comme dans l’asphyxie symétrique des extrémités. Sous une pression légère une tache pâle se dessine et ce point ne reprend que très lentement sa coloration violacée primitive.
. Les mains sont froides, ce que l'on constate par le tou- ‘cher et le malade a conscience de cette sensation de froid. Le thermomètre placé dansses mains marque 27 à 28 degrés. Les mains sont constamment humides, baignées de sueurs.
Août 1895.— Persistance de l'atrophie musculaire des deux membres supérieurs et des troubles vasomoteurs.
Le malade n a pas encore repris son travail, il se plaint d'avoir perdu complètement la force des bras.
OBSERVATION V Oriveira Nery.
M... Charles, 23 ans, ouvrier à l'usine électrique Popp. Travaillait à une batterie d'accumulateurs lorsqu'en voulant retirer une plaque de plomb du 1* pant de la batterie il touche de l’autre main l'armature d’une plaque correspondant au 2° pant. Immédiatement il recut un violent choc qui le projeta à quelques mètres de distance et il vit une lueur éclatante. Un arc électrique de 220 volts s'est forméet a atteint l’ouvrier lui causant les
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lésions suivantes, que nous avons observées Re jours après l'accident. rradofif
Sur la face antérieure du poignet droit. fl nl ne sieurs petites brûlures séparées les unes des autres par des espaces de ligaments sains et de coloration normale. Dans leur ensemble elles comprennent une étendue qui va du bord cubital au hord radial du poignet , toutes de 4 travers de doigts, empiétant un peu en bas des éminences thenar et hvypothenar. La plupart de ces brûlures sont du 2° degré ; elles ont la forme de petites taches arrondies, de coloration grisàtre, avec un petit liséré rouge autour.
L'une d’entre elles plus profonde semble être du 3° degré elle est recouverte d’une eschare noirâtre, Aucune de ces brûlures n’est douloureuse. Vers le 15° jour de l'accident les bords de l’eschare appartenant à la brûlure du 3° degré sont décollés et se recroquevillent un peu.
Au-dessous, l'épiderme nouveau apparaît luisant et rouge. L’'eschare se détache le vingtième jour et la peau restée lisse à ce point ne présente qu'une trace de cicatrice qu’on aperçoit à peine. Sur les brûlures du 2° degré se sont élevées des phlyctènes vers le % jour ; elles ont . été percées et ont laissé couler une sérosité claire et transparente.
Au bout de 8 jours les ampoules se sont affaissées et desséchées sans acune réaction inflammatoire. Vers le 10° jour l’épiderme sec des ampoules s’est détaché sous forme de petites squames fines.
Ces brûlures n’ont laissé aucune trace de cicatrice. La guérison des brûlures de ce malade s'est faite sans présenter aucune suppuration. Pendant le cours de la cica-
trisation il a eu quelques élancements la nuit qui n'empêchent pas le repos. Le blessé, qui a été brûlé autrefois par l'eau bouillante sur une étendue à peu près égale à l'ensemble des brûlures électriques, déclare avoir beaucoup souffert cette première fois et les élancements qu'il a ressentis par la brûlure électrique ne sont « absolument rien » comparés à la douleur de la première brûlure.