‹ Contribution à l'étude des brûlures électriquesChapitre 8 sur 27 · PA · texte numérisé non relu

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- PAR lé as Évinerue. — 1° Couce corRNÉE.

a) Zone externé. — Les cellules apparaissent un peu __ gonflées et sont plus apparentes que d'habitude ; leurs contours sont très ondulés, dans beaucoup d° entre elles il existe un noyau très distinct.

RU b) Zone marginale. — La couche cornée est ici plus » épaisse que dans la zone externe ; les cellules sont encore À plus gonflées et par places séparées des cellules des cou

ches adjacentes par de petites cavités, étroites, allongées 4 ve irrégulières, comme si elles avaient été poussées par 2 ER quelque force s'exerçant dans une direction perpendicu- laire à la surface de la peau, ou si une substance quel- 4 conque s'était accumulée entre elles en se distendant.

c) Zone centrale. — Au centre de l'ampoule où l’épiderme parait sec et brûlé, la couche cornée est plus mince que dans les parties voisines, où l'épaisseur étant moitié de celui du stratum corné normal, elle semble comprimée ou desséchée. Les éléments de ce stratum sont partout fusionnés, formant une masse à contours réguliers :;

- cependant, on observe encore par endroits la disposi-

tion stratifiée et même on distingue nettement quelques cellules isolées et disséminées. Beaucoup d'espaces irrégulièrement arrondis et allongés séparent ces sirata et souvent les interrompent ; quelques-uns d’entre eux sont très grands et occupent plus de la moitié de l’épaisseur du stratum, ils sont semblables aux espaces décrits dans la dernière zone quoique de plus grande dimension. Cette zone centrale présente les mêmes caractères que les parties superficielles de la couche cornée normale, mais à un degré plus marqué. Les réactifs colorent différemment cette couche dans différentes zones , la zone externe offre les réactions ordinaires, la zone marginale se charge plus profondément de pigment et d'une façon particulière ; ainsi elle prend une teinte foncée piquetée de rouge avec le carmin, une coloration presque lilas par l'hématoxyline, mais toujours plus rosée que normalement, La couche centrale réagit d’une façon négative pour ainsi dire : par le picro-carmin elle devient d'un jaune clair avec de petites taches rouges disséminées tandis qu'avec l’hématoxyline elle réagit à peine, malgré une imprégnation prolongée.

29 STRATUM LUCIDUM

a) Cette couche ne peut être facilement reconnue dans la zone externe,

b) Elle devient très distincte et très claire dans la zone marginale de l’ampoule,.

€) Elle devient plus marquée encore dans la zone cen-

trale, à l'exception du centre même de la région où il est difficile de la distinguer des autres parties du stratum corneum.

. 3° STRATUM GRANULOSUM

Le stratum granulosum est peu distinct dans le voisinage immédiat de la région marginale ; dans la zone centrale cette couche est presque complètement confondue avec les parties superficielles du rete Malpighi où elle forme une sorte de masse irrégulière, paraissant lobulée et remplie de vacuoles d'un aspect colloïde, elle double par places le plafond de la cavité de l'ampoule. Si on imprègne de picro-carmin ces masses altérées, elles prennent une coloration jaune clair comme le stratum lucidum ; avec l'hématoxyline elles se colorent d’un violet plus ou moins foncé. Dans les zones externes et marginales, le stratum granulosum offre sa coloration normale foncée.

40 Coucue DE MazpiGi

a) Dans la zone externe cette couche est peu altérée,dans le voisinage immédiat de la zone marginale les noyaux paraissent assez contractés dans les cavités qui les contiennent.

b) Des changements caractéristiques sont notés dans la zone marginale ; l'épaisseur de cette couche devient

plus grande aux bords de la cavité de l’ampoule, elle

mesure par places deux fois son épaisseur normale et sem-

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ble plus ou moins séparée des papilles sous-jacentes, ses cavités nucléaires très distendues généralement, le sont moins à la périphérie de la zone marginale que dans les parties plus centrales de la même zone, à l'exception des parties bordant directement l'ampoule où il est difficile de reconnaitre la présence des noyaux, Le noyau lui-même est très contracté ; il l'est moins à la périphérie de la zone qu'au centre ; il est complètement aplati ; la direction des lames qu'il forme étant perpendiculaire à l'axe longitudinal de la cavité nucléaire (généralement elliptique), cet aspect du noyau contracté diffère complètement de celui qu'offre le sillon d’aplatissement équatorial dans le processus de karyokinèse. Entre les cavités nucléaires distendues ont aperçoit des fibres plus ou moins nombreuses s'étendent depuis les parties superficielles du derme jusqu'aux parties profondes de la couche cornée. Sur les bords de la cavité de l’ampoule elles sont fortement serrées, laissant par places de petits espaces très étroits, dans lesquels on peut apercevoir un novau très allongé au niveau de la bordure externe de la zone marginale,

Ces fibres, peu nombreuses, remplacent évidemment le protoplasma des cellules fusionnées du rete mucosum, Au niveau de la zone externe de petits groupes de cellules ont, par endroits, une tendance à se fibriller, mais moins cependant que dans la zone marginale. Cet aspect donne l'impression d'une violente dilacération du protoplasma cellulaire, lequel en raison de sa structure intime ou de certaines modifications de consistance forme une masse continue de matière légère, élastique et glutineuse. S'il

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n'en avait pas été ainsi, la séparation des couches superficielles des couches profondes de la peau eut occasionné une solution de continuité quelque part. Les fibres du tissu connectif des papilles paraissent se prolonger par places jusqu’à l'épiderme et surtout au niveau des régions du rete Malpighi où la fibrillation est très marquée, mais ceci n'est qu'une apparence due à ce que les papilles étant coupées obliquement et les fibres du derme et celles du rete Malpighi étant dirigées dans le même sens, elles sont partiellement superposées et il devient difficile de dire où finissent les unes et où commencent les autres. Cette explication est confirmée par le fait qu'on peut voir à certaines places ces papilles nettement séparées du rete Malpighi comme s’il y avait une membrane basale et en d’autres endroits il existe des papilles plus petites dont l'aspect est celui indiqué plus haut.

c) Dans la zone centrale le rete Malpighi présente plusieurs modifications, Sur les côtés, les longues fibres mentionnées plus haut, au ïieu de s’étendre entre le stratum corneum et le derme comme dans la zone marginale sont coupées en deux. Dans la plus grande partie le rete Malpighi reste uni à l’épiderme surélevé, mais par places il reste accolé au derme. Enfin en certains points les pa-

pilles sont laissées à nu.

Il, — Derme

a) Dans la zone externe les papilles montrent leur structure très distinctement, les faisceaux de fibres du

tissu connectif, les capillaires, les terminaisons nerveuses (corpuscules de Meissner), le tout étant presque normal, il er est de même dans les couches plus profondes où quelques canaux des glandes sudoripares laissent voir leur structure très distinctement.

&) Dans la zone marginale quelques papilles sont plus

petites et plus arrondies qu'à l’état habituel ; leur structure est très nettement marquée.

: La lumière des capillaires est apparemmentplus étroite, ses parois sont altérées et formées de plaques petites et épaisses qui sont évidemment des squames endothéliales épaissies et contractées.

Il est à noter qu'à cause de cette disposition, les parois des capillaires ne sont pas continues mais présentent des fissures entre les cellules. Dans les papilles, les parties les plus superficielles des capillaires montrent en certains points une stratification particulière qu'on observe également dans le voisinage des vaisseaux situés un peu plus profondément ; de temps en temps on voit des fibres s’enrouler en spirales autour des capillaires. Les corpuscules de Meissner sonttrès distincts.

c) Dans la zone centrale les papilles sont plus ou moins aplaties et arrondies. Quelques-unes ont presque totalement disparu, d’autres présentent une forme sphérique et restent attachées au derme par un pédicule épais ; beaucoup d'entre elles sont complètement nues et restent suspendues dans la cavité de la phlyctène.

Les modifications les plus remarquables observées ici sont, outre cet aplatissement, l'aspect homogène qu'of-

fre le fond du tissu connectif dans lequel les faisceaux de fibres se sont presque entièrement fusionnées, leur fibrillation ayant disparu. Quelques petites cellules angulaires, allongées, paraissent correspondre à une partie altérée du tissu connectif ou à des corpuscules renfermés dans ce tissu. :

Les vaisseaux capillaires ont dans cette région un aspect semblable à celui décrit pour la zone marginale.

Les corpuscules du tact sont aussi très distincts, mais leur structure est peut-être moins distincte que dans la zone marginale : ils sont moins allongés et semblent aplatis dans la direction de leur grand axe. Ceci est dû à l'aplatissement des papilles elles-mêmes,

III, — Tissu CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ.

Peu de modifications, la couche du tissu connectif n’est pas altérée, rien d'anormal dans letissu adipeux. La partie pelotonnée des glandes sudoripares ne paraît pas très atteinte, à l'exception de quelques portions de tubes dilatés où seulement un certain nombre de cellules sont détruites, et dont les débris se sont rassemblés au centre du tube, Les débris sont séparés de la membrane basale par un espace clair contenant quelques cellules transparentes . Deux ou trois petits nerfs, situés dans la partie du tissu cellulaire sous-cutané correspondant, à la zone centrale, montrent aussi une disposition anormale ; il y a un espace considérable entre les faisceaux de fibres nerveuses et le périnèvre , il semble que cela soit dù à

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