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centimètres au-dessous du pli du coude et le radius à quatre centimètres. Etant donné l'aspect œdémateux des zones périvasculaires, la peau est fendue sur le trajet de l’humérale jusqu'au milieu du bras ; puis on panse à plat.
Soir : température 3S°4. Fortes douleurs. Morphine.
5 juillel. — L'insomnie persiste. Urines : 1500 centicub.
6 juillet. — Insomnie, Enervement., Hallucinalions. Urines : 1900 centicub. Température : 3695.
7 juillei. — Comme il ÿ a une traînée de lymphangite et que les muscles sont grisâtres, on fait un pansement humide. Urines : 2.000 centicub. Température (soir) : 37°5.
S juillet. — L'inflammation diminue : élimination de lam-
beaux aponévrotiques sphacélés.
Urines : 2.000 centicub. L'examen microscopique y décèle des pyocytes en assez grande abondance, libres et en amas, des cellules rénales granuleuses, des cylindres granuleux, des urates et phosphates abondants.
11 et 12 juillet. — Température : 36°4.
13 juillet. —- Incision d'une fusée purulente le long du paquet vasculo-nerveux, à la face interne du bras. Excision de lambeaux sphacélés.
14 juillet. — Température : 36°4.
17 juillet. — Température : 38°2. Incision d’une nouvelle fusée purulente dans le pli du coude. Dès lors, les lésions locales s’améliorent mais l’insomnie persiste avec cauchemars. Aucun hypnotique n'agit sur le blessé qui n'a aucun appétit.
6 août. — On régularise sous chloroforme.
15 août. — Le blessé sort en bonne voie de guérison.
Environ deux mois après sa sortie de l'hôpital civil, le blessé, dont l'état était redevenu inquiétant, fut réexaminé par M. le professeur agrégé Michel. La plaie d'amputation suppu-
rait abondamment, la peau du moignon était squameuse, froide, en proie à des troubles trophiques considérables. Le blessé se plaignait de douleurs intenses dans le bras et jusqu'au niveau du plexus brachial. Il était, de plus, anxieux, très
énervé.
En PASS
Devant cette suppuration, ces troubles trophiques qui ne laissaient plus espérer de réparation spontanée, M. le professeur agrégé Michel décida d'intervenir.
Désarticulation du coude. Les os restants de l’avant-bras furent trouvés secs, blanchâtres, comme atteints d’ostéoporose. La lésion demanda encore trois longs mois pour guérir, avec alternatives de suppuration. Finalement le blessé sortit, en
apparence guéri.
OBSERVATION IT (inédite)
(recueillie dans le service de M. le professeur Weiss, à Nancy)
Le 8 décembre 1920, L... Paul, monteur électricien, passait des fils à travers un mur d’une sous-station. Par suite d’un mouvement fait par inadvertance, il a touché un conducteur de triphasé à 65.000 volts. Il se trouvait alors sur une échelle sèche. Le conducteur a touché l'épaule gauche. Il est tombé immédiatement de son échelle. Pas de témoins qui aient vu l'accident. Il a été relevé presque immédiatement, les vêtements entièrement carbonisés.
8 heures après l'accident. — Sur l'épaule gauche, immédiatement en arrière de l’omoplate, on constate une escharre large comme une paume de main, brunâtre, sèche, cornée, sonnant sous le stylet et entourée d’un liseré rouge-violacé, étroit de 5 à 6 mm. surplombant l’escharre. Ce liseré était entouré lui-même d'un bourrelet œdémateux, large aussi de 5 à 6 mm.
Sur le pied gauche, transversalement au milieu de la face plantaire, se trouve une escharre analogue, large de deux centimètres environ au niveau du bord externe, et de 4 à 5 centimètres au niveau du bord interne. Sur cette dernière partie On remarque trois pertuis élroits el profonds, mais ne conduisant pas le stylet sur une surface osseuse. Cette escharre est moins dure et moins sèche que celle de l'épaule, mais de même coloration. Autour se trouve une zone escharrotique de teinte ivoire, s'étendant sur le dos du pied, bordée elle-même d’un liseré rouge vif et d’une zone violacée,
PHiAt =
L'ensemble du pied et de la partie inférieure de la jambe est fortement augmenté de volume.
Le 9 décembre. — Etat de prostration, mais conscience intacte, Le blessé accuse de légères douleurs au niveau de la jambe, Vers » heures du matin : violentes douleurs, insomnie, agitation, Température : 39°.
Urines : 500 grammes. À l'examen cytologique de celles-ci on constate une forte desquamation épithéliale : cellules épithéliales granulo-graisseuses rénales, cellules épithéliales pavimenteuses normales, Assez nombreux leucocytes grais-
seux. Nombreux evylindres granuleux el granulo-graisseux ; quelques eylindres hyalins.
11 décembre. —— Congeslion légère des bases. On fait un
centigranme de morphine. La journée est calme, les douleurs diminuent, L'œdème du membre inférieur augmente.
Température (matin) : 38°4, (soir) : 39°.
Urines : 500 grammes. L'analyse chimique dénote la présence de pigments sanguins (hémoglobinurie). Il y a diminution notable de l’urée et des phosphates, Le coefficient azoturique tombe à 54,26 % au lieu de So à 85 % (normal). Albumine : 2 gr. 10 par litre.
1? décembre. — L'état général s'améliore, le malade à dormi et s'alimente (diète lactée). On décide une intervention, étant donné l'état local du pied.
Température (matin) : 38°4, (soir) : 3874.
Urines : 1050 grammes.
13 décembre. — Amputation circulaire sous chloroforme, à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur, Le lLissu souscutané est œdémateux, les muscles sont normaux au niveau de la section. Les vaisseaux tibiaux postérieurs sont thrombosés. On ne suture pas.
Température : 38°. Urines : 2.500 grammes.
g 1% décembre. — Dyspnée toxique, très légère congestion des bases qui est réapparue.
Température : 3898.
Pouls : 140. Urines : 2.000 gr.
2 LV 20e
\ 15 décembre. — Mort au milieu de symplômes urémiques. Dyspnée toxique. Sueurs profuses. Léger œdème pulmonaire.
Canose. Urines : 350 grammes.
Examen cytologique des urines : Quelques cellules pavimenleuses vésicales normales. Cellules épithéliales rénales granulograisseuses assez peu abondantes. Rares cylindres granuleux. Nombreux pseudo-eylindres uraliques. Sédiments eristallins uriques {rès abondants.
Analyse chimique des urines : Diminution considérable de l'urée, des phosphates et des chlorures. Albumine : o gr. 55. par litre. Le rapport azoturique tombe à 52.5 %, et le rapport de Bouchard (te) à 30.18 % au.lieu de 50 % normal.
Examen anatomo-pathologique des vaisseaux et des nerfs de la région de la jambe toute voisine de la section opératoire, par conséquent, en tissus d'apparence sains, (D' Cornu.)
® Vaisseaux : Les artères sont thrombostes. Les thrombus
(l sont en voie d'organisation. L'endothélium des vaisseaux est gonflé, et, par endroits, en voie de desquamation. Présence dé leucocytes nombreux à la périphérie du caillot.
2° Nerfs : Lésions de dissociation du tissu conjonctif, tant
au niveau du paquet vasculo-nerveux, qu'à l’intérieur même du nerf. Les faisceaux nerveux sont écartés par suite d'une vérilable dissociation au niveau du conjonctif interfasciculaire. Pas de réaction leucocytaire ou conjJonctive,
OBSERVATION HI (inédile)
(due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Barthelémy)
G... Camille, électricien, le 19 Janviér 1991, travaillait en ‘ ? rlAn » Snne rc = L Le haut d'un pylône de 4 mètres. Ayant touché par mégarde un conducteur à hauie tension, il fut projeté sur le sol, sans connaissance,
PR AD M ai
Présentant alors, outre des phénomènes de choc, une escharre au niveau du cuir chevelu et une autre au niveau de l’épaule droite, il fut hospitalisé à Charmes el soigné pendant trente jours à laide de pansements antiseptiques.
C'est alors, qu'ayant été vu par M. le professeur agrégé Barthelémy, il fut admis dans le service de M. le professeur Vautrin, à Nancy, en raison de l'apparition de phénomènes cérébraux.
19 février, à l'entrée. — Escharre dans la zone lemporopariétale droite, La paroi crâänienne est entièrement dénudée sur une largeur de deux pièces de cinq francs, en avant et au-dessus du pavillon de l'oreille. Le centre de la surface osseuse nécrosée correspond exactement au sillon de Rolando el plus spécialement à sa portion inférieure.
Température : 3895. Pouls : 120.
Urines foncées en couleur, un peu troubles, sans albumine.
Le blessé répond bien aux questions, quoiqu'un peu somnolent.
Vers 15 heures, le mème jour : agitation, mouvements des bras et des jambes débutant par le côté gauche et se généralisant. Le blessé tombe de son lit. Cet état d’agitation dure environ deux heures, puis cesse, Ces mouvements ont peu de ressemblance avec ceux de lépilepsie jacksonnienne : pas d'aura, pas d'incontinence des sphincters.
Parésie faciale droite, à tvpe central. Hémiparésie des mem+ bres du côté gauche, Diminution des réflexes lendineux à gauche.
La sensibilité au act est conservée. À la douleur (piqüre), elle semble affaiblie, mais pas nettement.
94 février. — Intervention. Toute anesthésie est inutile, la trépanation portant sur de los nécrosé. À sa périphérie, los a une teinte blanche, aspect d'os lavé. Au centre, le diploé a une coloration brunâtre. On trouve la valeur d'un verre à liqueur de pus sous la table interne. Les méninges sont sphacélées, le pus est en contact direct avec l'écorce cérébrale, qui est ellle-même nécrosée en surface, et plus profondément dans la région centrale. où il se fait immédiatement une hernie
PNR TERS
cérébrale. Evacuation du pus. Mèche à l'alcool à 90°. TempérAlUTeN 007
25 février. — L'état du malade ne change guère. Hernie du cerveau par le foyer de trépanation. On songe à un abcès cérébral et on pratique une ponction exploratrice. Le trocard, enfoncé à 7 cent. de profondeur, ne laisse écouler que du sang pur. On le retire et on mel un pansement compressif.
Soir : agitation comme d'habitude. Mouvements convulsifs débutant par le côté gauche. Durée de la période d’agitation > heures.
26 février : malin. — Incontinence des matières el des urines. Etat somnolent, comäteux. Mort (à 5 heures).
A l'aulopsie : Après extirpation de l’encéphale, on fait des coupes de l'hémisphère droit, et on lrouve, dans la continualion de l'orifice de trépanation, une poche un peu plus grosse qu'une noix, à parois épaissies, verdâtres, contenant du pus. Celle poche s'étend latéralement jusqu'au voisinage du ventricule latéral dont elle est séparée par une épaisseur minima de substance cérébrale. Fn bas, elle atteint presque la scissure de Sylvius.
OBSERVATION IV (résumée) D' Fager
(publiée dans la Revue Médicale de UEst n° 16
15 août 1420)
Le soldat allemand P... Joseph, 19 ans, fut amené à l'hôpital de Dudelange le 5 mai 1917. Il avait été trouvé de même jour, l'épaule droite et le côté droit de la tête appliqués à deux conducteurs non isolés, qui conduisaient un courant de 3.000 volts (alternatif triphasé) au moteur d’un projecteur contre avion. Le corps du blessé constituait donc une dérivation au sol.
On n'a pas pu savoir combien de temps avait duré le contact,
ti" ÿg
ses camarades n'élant venu le secourir qu'au moment où ils avaient perçu une odeur intense de chair brûlée.
1/4 d'heure après l'accident. —— Le blessé élait sans connaissance, mais en proie à une agitation motrice extrême, malgré une hémiplégie gauche. Au-dessus du pariélal droit, il y avait une plaie cutanée à bords carbonisés, d'une étendue de ro cenlimètres sur 3 ; l'os pariétal était lui-même atteint sur une étendue de 7 cent. sur 2. Au fond de la plaie, la dure-mère élait ouverte sur 3 centim. : ses bords étaient lacérés et décol-
és sur une grande étendue. Il + avait des débris de substance
cérébrale. Pas de suintement sanguin.
En outre : au-dessus de l'omoplate droite, existait une large blessure grisètre, encadrée d'une auréole rouge, présentant trois cratères profonds à bords carbonisés. Enfin, d’autres lésions plus superficielles siégeaient au niveau de la face externe du bras droit, de la main gauche et du pied gauche ; sur ce dernier, On remarquait plusieurs phlyctènes. Pouls : 100. On fait 30 centigr. de caféine et 2 centigr. de morphine.
Pansements aseptiques.
Les jours suivants furent « bien dramatiques ; le blessé avail des délires pendant la nuil mais était orienté à partir du deuxième jour, répondant aux questions qu'on lui posait. I y eut un phlegmon de la partie droite de la figure et, le dixième jour, on incisait un gros abcès au-dessous du lobule de l'oreille droite, Température pendant les dix premiers jours : 48°-59°.
Le blessé prenait des façons de pitre : toujours gai, très loquace, il faisait des facéties sur tout ce qui lentourait, Cela contrastait d'autant plus que ses grandes blessures le faïsaient en réalité beaucoup souffrir, »
L'hémiplégie gauche disparut relativement vite : « le soixante-neuvième jour, le blessé se remetlait à marcher, soutenu par l'infirmier ».
Quant aux blessures, elles évoluèrent avec certaines particularités. Au dos el au bras droit, la peau se nécrosa sur une vaste étendue, même à des endroits qu'on ne croyait brûlés
qu'au premier degré. L'élimination de ces parties sphacélées
Re DS
eut pour résultat de mettre à nu les muscles de l'omoplate, le deltoïde et une partie du triceps brachial. Il y eut même des parties du deltoïde, du sus-épineux et du sous-épineux qui se sphacélèrent dans la suite.
Ces plaies furent d’abord traitées par des pansements faits de taffetas gommé aseptique et criblé de trous, afin d'éviter douleurs et hémorragies qui se renouvelaient à chaque pansement ; et ensuite par des pansements au rouge écarlate et au nitrate d'argent.
Le 12 juin, on fit des greffes de Thiersch avec succès.
Pour le crâne, le travail d'élimination de l’os mortifié fut particulièrement long. Après {rois mois, on vit se former au bord du séquestre des bourgeons qui arrodaient l'os et le détachaient ainsi peu à peu de la partie saine. L'élimination fut complétée par une opéralion six mois après l’accident. Et, le 12 octobre 1917, le professeur Tilman, de Cologne, fit avec succès une première greffe ostéoplastique, par transplantation d’un greffon du tibia.
OBSERVATION V (personnelle)
Le 1S avril 1921, M. K..., chef d'équipe à la Ci de tramways de Nancy, installé sur une voiture plateforme, procède à la relève d'un conducteur de courant alternatif (190 volts, 50 périodes) tombé, après ruplure, sur le fil de trolley de la Ci (550 volts).
I saisit le conducteur de la main gauche par le bout libre, et, cherchant à le dégager, en touche accidentellement un second de la main droite, conducteur d'alternatif lui aussi, et à mème tension que le premier, Il établit done par son propre corps un court-circuit entre les deux conducteurs.
IL y eut un léger « coup de feu ». L’ouvrier ressentit une violente secousse, en même temps que ses mains restaient cuispées sur leur câble respectif. Habitué, dit-il, à ces sortes d'accidents, il se « laissa choir » sur la plateforme et parvint à dégager ses mains,
Dans l'heure qui suivit, il eut l'impression que « ses mains étaient relournées », en plus de la sensalion d’engourdissement des deux bras. Ce n'est qu'au bout de ce temps qu'il ressentit de violentes douleurs de cuisson, lesquelles furent assez vives pour le tenir éveillé toute la nuit.
Le 19 avril, lorsque nous l'avons examiné, nous avons relevé au niveau de l’éminence thénar gauche, une petite plaie arrondie, de un centim. de diamètre, peu profonde, mais prolongée suivant un axe recliligne de nombreuses phlyctènes, qui semblaient bien être en rapport avec le contact du conducteur. La douleur, quoique moins vive, persistait.
A l’autre main, nous n'avons relevé qu'une brûlure linéaire, très superficielle, ne semblant intéresser que l'épiderme des trois premiers doigts.
Le 26 avril : les escharres persistaient, légèrement suintantes, sans douleurs appréciables.
Le 20 mai : les escharres ont de 5 à 6 "” de profondeur, s'éliminent par couches, sont « douillettes » au toucher.
OBSERVATION VI (personnelle)
Dans la nuit du 195 au 16 mars 1921, M. X.., ouvrier à la CY des tramways de Nancy, était occupé à une réparalion du fil de trolley. Se tenant d'une main au câble transversal de soutien, lequel, comme on le sait, est relié à un poteau métallique « au sol », il accrocha par inadvertance au fil de trolley une lampe à acétylène qu'il tenait de l’autre main. La lampe n'offrant aucune résistance appréciable au passage du courant, il s'établit par celte lampe, le corps de l’ouvrier et le câble transversal, une dérivation au sol.
Il n'y eut pas de « coup de feu », mais l'ouvrier ressenti un choc violent et ne put « décoller ses mains ». C'est un de ses camarades qui, le prenant à bras le corps, parvint à le dégager.
Le blessé n'a pas perdu connaissance, Il présentait aux