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TRAITEMENT DES BRULURES ÉLECTRIQUES

En présence de brülures superficielles, la seule indication à priori est d'éviter Finfection, puisque l'expérience a démontré que ces lésions se réparaient par une cieatrisation relativement parfaite. On devra donc les recouvrir de pansements occlusifs, aussi aseptiques que possible. Les substances grasses neutres, telles que Fhuile de vaseline stérile, la pommade au rouge écarlate, semblent donner à ce sujet toutes satisfactions.

Toutefois, en raison de la lenteur du processus d'élimination constatée par d'autres auteurs, et par nousmème dans certaines de nos observations, il faut se demander s'il n'y aurait pas intérêt à hâter l'évolution et à raccourcir de ce fait l'incapacité temporaire de travail. En présence d'une escharre bien limitée, on pourrait pratiquer Fexérèse el réunir ensuite soit primitivement, soit secondairement : ce qui doit être possible vu l'asepsie primitive habituelle des brülures. De cette façon, après sature, il y aurait toutes chances pour que la guérison survienne vite ; tandis qu'en laissant l’escharre se réparer seule, on est exposé non seulement à une élimina-

tion toujours très longue, mais encore à l'apparition

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possible de complications. On éviterait aussi, dans une large mesure, le danger moral qui peut résulter d'une incapacité temporaire prolongée pour une lésion minime.

Quant aux brûlures profondes, en raison de l’infection fréquente, des troubles toxiques et des complications tertiaires cicatricielles à peu près constantes, chaque fois qu'il.y a,.outre la peau, une quantité notable de issu musculaire atteint, il semble indiqué d'intervenir activement et précocement. [1 faut débrider largement, enlever tous les tissus atteints de nécrose el panser à ciel ouvert, On évitera la suture primitive, contre-indiquée par la possibilité de mortifications secondaires et de troubles trophiques dans les tissus, au voisinage de la zone primitivement atteinte par l'action du courant ; car cette suture, pour donner des résultats satisfaisants exigerait de trop grands délabrements.

Cette exérèse et cette mise à ciel ouvert des tissus douteux, généralement infiltrés, ont le double but de supprimer d'abord un milieu de culture et un foyer toxique, el ensuite de’laisser une plaie étalée qui pourra servir d'émonctoire. Peut-être même serait-il utile de faire les premiers. pansements avec une solution capable de produire une véritable Iÿmphorragie physiologique (chlorure de magnésium ou solution légèrement hypertonique de chlorure de sodium).

Se basant sur les propriétés chimiques différentes des escharres positives et négatives, propriétés résultant des phénomènes d’électrolyse, certains auteurs (th. Cayla) ont proposé un pansement différent pour chacune de ces escharres. Les positives seraient pansées avec des solulions alcalines aseptiques, afin de neutraliser les causti-

ques acides qui y ont pris naissance, et les négatives, avec

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des solutions légèrement acides, pour s'opposer à l'action des caustiques alcalins.

Nous ne pensons pas quil y ait grand intérêt à Île faire, car en somme, au moment où on applique les pansements, l’action destructive est déjà réalisée. Cependant il faut faire exception pour les accidents dus à une longue application de courant continu ; dans ces cas on pourrait irriguer les tissus, au cours des débridements, à l'aide de solutions appropriées à la réaction des tissus de chaque escharre.

Dans tous les cas, contre l'intoxication générale, il faut instituer un traitement médical, même à titre préventif. Ce traitement consistera à employer tous les moyens propres à exciter les fonctions des émonctoires, et en particulier celles des reins.

On utilisera la révulsion lombaire, les lavages du sang au sérum lactosé, la diète lactée, les lavements, les purgatifs.

Il est de rigueur, comme pour toute plaie contuse, de faire immédiatement une injection préventive de sérum antitétanique. Dans les cas de menace d'infection secondaire, il est indiqué de recourir, soit aux sérums spécifiques (sérums anti-gangreneux, anti-strepto.), soit aux vaccins curatifs (vaccin de Delbet).

En raison de la gravité du pronostic fonctionnel qui s'attache aux lésions profondes, il est légitime de pratiquer l'exérèse, chaque fois qu'un segment de membre est gravement atteint dans sa musculature où que l'infection ou la toxhémie menacent.

Enfin, dans les interventions qu'on peut être amené à pratiquer, nous croyons devoir faire remarquer qu'il

semble y avoir tout intérêt à recourir dans la mesure

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du possible à l'anesthésie régionale au rachidienne, de façon à ne pas ajouter à l'intoxication due à l'accident, celle de l’anesthésie générale par éther ou chloroforme qui, comme elle, agissent sur le rein et le foie.

Dans une de nos observations (obs. IT), il semble que l'anesthésie générale ait précipité l'apparition de l'urémie terminale.

Au cas où l'anesthésie régionale ou rachidienne ne serait pas possible, on aurait recours de préférence au protoxyde d'azote ou au chlorure d'éthyle goutte à goutte ; la toxicité de ces produits paraissant être insigniliante pour les reins et le foie, d'après les recherches récentes.

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