‹ Contribution à l'Étude des Brûlures électriques: Leurs ComplicationsChapitre 9 sur 23 · FE · texte numérisé non relu

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Ces produits d'électrolyse agiront sur les tissus euxmêmes en produisant des bases et des acides, C'est ainsi que l'on aura d'habitude une escharre positive dure et sèche, due au dégagement du métalloïde, tandis que l'escharre négative sera molle et œdématiée, par suite de l'action des alealis, à laquelle s'ajoute encore l'effet du transport des liquides par cataphorèse,

Ces réactions chimiques, tout comme dans les électrolvtes simples, vont donner naissance à des phénomènes de polarisation, c'est-à-dire à l'apparition d'une force contre électromotrice ; mais, comme dans lorganisme humain, il y a, sur tout le parcours du courant, des cellules qui introduisent des discontinuités dans le passage de ce dernier, ces phénomènes de polarisation, au lieu de se produire simplement à l’anode et à la cathode, se produiront sur tout le parcours. Et c'est encore une raison pour laquelle la résistance du corps se trouvera

modifiée par le passage du courant.

Enfin, en plus de ces phénomènes dus à l'électrolyse et constatés d'une façon patente, il existe, dans les cas d'application de courant continu, d'autres phénomènes survenant sans lésions apparentes au moment du passage du courant.

Ces lésions ont été produites expérimentalement par le professeur G. Weiss. Celui-ci, prenant une grenouille, soumet une des pattes de cet animal à des décharges ascendantes de courant continu, et une autre patte à des décharges alternatives (ascendantes et descendantes). Gette dernière, bien qu'ayant eu à subir un nombre d'excitations double de celui qu'avait subi l'autre, retrouva

rapidement sa motricité, tandis que la patte soumise

au courant continu, non seulement ne se répara point, mais « devint le siège d'une atrophie musculaire progressive ». Et le professeur G. Weiss ajoute, après avoir déclaré qu'il s'agissait là d’un phénomène de polarisation : « tout courant alternatif redressé se comporte, bien entendu, comme un courant continu ».

En effet, le courant alternatif redressé n'étant autre qu'une série de décharges de courant de même sens, on comprend fort bien qu'il puisse se comporter comme un courant continu. Et justement, à ce sujet, nous permettra-t-on d'émettre quelques hypothèses ?

I est un fait, c'est qu'on peut pratiquement redresser du courant alternatif par un jeu d'électrodes de métal différent, plongées dans un électrolyte donné ; ces électrodes, opposées l'une à l’autre, constituent ce que l’on appelle une soupape électrolytique et ne permettent le passage du courant que dans un sens donné. Ne pourrait-on pas envisager que les tissus animaux, formés d'électrolÿtes hétérogènes, séparés par des cloisons albuminoïdes, puissent se comporter dans certains cas comme des soupapes, tout au moins en présence de courant puissant, et subir de ce fait, même avec des courants polyphasés, des phénomènes d'électrolyse ?

Il serait aussi possible, qu'étant donnée la nature biologique des points de contact (la peau, dans la plupart des cas), il y ait, au bout d'un temps plus ou moins long, un phénomène d'électrolyse appréciable, qui ne, serait que la somme de toutes les petites actions électrolytiques créées par les ondes de courant de même sens. A chaque passage du courant dans un sens donné, il Y aurait alors destruction de quelques cellules, tant par effet Joule que

par action chimique due aux ions dégagés : et le passage

d'une onde de sens contraire, loin de rétablir ces cellules dans leur état primitif, ne ferait qu'ajouter ses propres effets de destruction à ceux de l'onde précédente. Car ici, Il ne s'agit plus de métaux ou de sels facilement décomposés el reconstitués (comme dans l'électrolyse industrielle), mais bien de cellules vivantes qui, une fois atteintes dans leurs éléments constituants, doivent être considérés comme vouées à une mort certaine, sans aucun espoir de résurrection.

Ceci nous permettrait alors de rattacher à cette électrolyse les cas de polarisation musculaire et autres des ordres d'origine électrochimique, que nous avons pu

observer à la suite de brûlures par le courant alternatif.

En résumé, de ces quelques notions de pathogénie, nous pouvons déduire que la bnülure électrique, en dehors des accidents généraux qui peuvent l’accompagner, résulte de l'action simultanée de plusieurs phénomènes assez complexes, lesquels sont régis

1° Par La forme du courant : continu ou alternatif

2° Par l'intensité et la densilé du courant, cette dernière inversement proportionnelle à la surface du contact.

3° Par La résistance de la peau et des tissus.

4° Par la durée du contact « qu'une contracture des fléchisseurs peut venir malencontreusement prolonger quand le contact s'établit sur une main en flexion ».

(Besson...)

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