‹ Contribution à l'étude des BrûluresChapitre 11 sur 36 · V. — CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

V. — CLASSIFICATION

a) Profondeur.

Pendant longtemps on ne tient compte que de la profondeur de la brûlure et avec DUPUYTREN on admettait qu'il existait 6 degrés de lésion, selon la profondeur des tissus atteints :

1* degré. — Brüûlure des couches superficielles de L'épiderme.

2° degré. — Atteinte épidermique profonde caractérisée

par lapparition de A QUENCE

3° degré. — Lésion du derme avec destruction d’une partie des corps papillaires.

4° degré. — Altération du fascia superficiel, c’est-à-dire désorganisation de la totalité du derme Jesau au tissu cellulaitse sous-cutané. : à

5° degré. — Altération plus ou moins profonde du muscle.

BAG TC Res

6° degré. — Atteinte de l’os lui-même.

| ÿ C'était là une classification particulièrement détaillée. À l’heure actuelle nous ne retenons que trois degrés :

1* degré. — Atteinte des couches superficielles de lépiderme : simple rougeur.

2* degré. — Atteinte épidermique avec phlyctènes remplies de sérosité.

. 3° degré. — Destruction du derme avec phlyctènes hémorragiques, car ici il y a eu destruction des petits vaisseaux papillaires.

Dans ces brûlures du 3° degré il apparaît une nécrose des tissus, apparition de taches brunes insensibles qui, en tombant, vont mettre à nu une couche de granulations. |

L'escarre est Sèche et sonore, au bout de quelques jours il y a une suppuration importante, puis finalement l’escarre tombe, laissant à nu des muscles et des os.

Il y a recouvrement par l’activité des zones adjacentes du tégument.

Nous voyons tout de suite la différence avec les deux premiers degrés, où la couches basale de l’épiderme est respectée et où subsistent aussi certaines possibilités de Hépara tion sur place.

Donc latteinte ou l'intégrité de la couche basale font la gravité ou la bénignité des brûlures en profondeut.

D'un autre point de vue les ‘et 2° degré, quand les phlyctènes sont intactes, constituent les brûlures fermées ; le 2° degré quand les phlyctèmes sont ouvertes et le 3° meeté sont des brûlures ouvertes.

b) Surface.

Après n'avoir tenu compte que de la profondeur on s’intéressa surtout à la surface, élément essentiel du pronostic. L’étendue de la brûlure étant définie par le pourcentage de surface corporelle lésée. vire

La surface totale du corps humain est d'environ 1 m2, 8. La tête et le coup représentent environ 6 % de cette surface, le tronc 38 %, les membres inférieurs 38 %, les membres supérieurs 18 %.

BERKOw a établi un tableau permettant de calculer aisément et rapidement la surface corporelle lésée.

Les comparaisons de la surface du corps lésée avec le ‘facteur de gravité avaient permis jusqu’à ce jour d'établir les quelques règles suivantes :

S'il y avait atteinte du 1/3 de la surface ete la mort était certaine, si 1a brûlure intéressait le 1/4 de la surface corporelle, la mort survenait 9 fois sur 10. Enfin si l'atteinte n’était que de 8 %, la mort se produisait dans 15 des cas.

Voilà les chiffres que donnait RIEHL :

Brûlure totale : mort immédiate.

50 % de brûlure : survie de 36 heures.

25 % de brûlure : si la mort survient ce n’est pas avant la 100° heure.

On peut dire que ces chiffres ne\sont pas rigoureusement : absolus et une observation rapportée plus loin montre une survie beaucoup plus longue chez un ouvrier brûlé à 50 %.

Ceci montre l'importance des progrès de la thérapeutique. Nous pouvons admettre avec l'Ecole de Glasgow qu’il peut être considéré trois catégories de brûlures suivant la surface lésée chez l'adulte :

1* groupe — 5 à 20 % de surface lésée.

2° groupe — 20 à 30 %.

3° groupe — au delà de 30 %.

Il est particulièrement intéressant, à l’heure où on admet une théorie mixte faisant intervenir à la fois la profondeur de la brûlure et la surface corporelle lésée comme valeur pronostic, de définir immédiatement le pourcentage des surfaces brûlées en pertes cutanées totales et pertes cutanées partielles.

Une méthode a été préconisée par GIBSON et BROWN qui nous semble présenter quelque intérêt.

Ils injectent 8 cm3 de vert de Kiton par voie intraveineuse. En quelques minutes toute la surface brûlée prend une coloration vert brillant à l’exception de deux zônes correspondant, d’une part à l'aire de destruction cutanée totale, et, d'autre part, à la marge des phlyctènes.

Cette méthode ne fut pas généralisée, car dans un cas elle entraîna un vomissement sévère. A

A. MONSAINGEON proposa une autre méthode qui consisterait à injecter par voie intra-veineuse du sérum physiologique chargé de fluorescéine et à faire un examen à la lumière de Woo.

Ceci permettrait d'apprécier assez exactement la profondeur de la brülure.

RUDLER proposa, après d’autres auteurs, de faire des biopsies cutanées. Mais une telle méthode ne peut donner que des indications locales et par ailleurs elle n’est guère rapide.

c) Age.

Chez l'enfant le pronostic est plus sévère.

Le 1* groupe comprend les brûlures de 5 à 10 % de la surface corporelle.

Le 2° groupe, celles de 10 à 20 Li

Nous voyons qu'avec une surface lésée beaucoup moindre le pronostic semble le même. En effet, WEIDENFELD et VAN Zumaoscx ont établi que chez l’enfant de 0 à 4 ans : x — 3 x chez l’adulte (x étant la surface corporelle). |

La surface du nourrisson est, en effet, à poids égal, plus grande que celle de l’adulte (1 kg. de nourrisson correspond à une surface corporelle de 800 cm2 et 1 kg. d’adulte à une surface de 300 cm2).

En tenant compte de la table de BERKOW établie pour l'adulte, il faut, dans le cas d’un enfant, modifier les chiffres de pourcentage.

Chez l'enfant la surface du tronc est égale à 40 % contre

38 % chez l’adulte. Celle de la tête est également plus importante et sera calculée en soustrayant l’âge de l'enfant du nombre 12 et en ajoutant le résultat obtenu à la valeur de la tête de l’aldulte (6 Z), DU Pour lés membres inférieurs, le calcul est identique, n mais on soustrait le résultat obtenu de la valeur de la surface du membre inférieur de l’adulte (38 %). |

d) Siège de la brûlure.

Ce sont les parties découvertes qui sont le plus souvent atteintes, c’est-à-dire les mains et la face, d’où limportance fonctionnelle d’une part, l’importance esthétique d’autre part.

J1 faut tenir compte, en effet, des défigurations ultérieures qui, chez certains sujets, peuvent conduire au suicide.

Dans la marine anglaise, les servants de pièces d’artillerie portent des cagoules ignifugées.

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