DIAGNOSTIC
Le diagnostic des calculs amygdaliens est généralement facile, si l'on se rapporte à l'énoncé des symptômes précités; il s'impose même parfois.
Mais le calcul reste souvent fortement adhérent au tissu de la glande, de façon à ne pas pouvoir être rejeté spontanément; c'est alors que pour reconnaître plus sûrement la maladie qui nous occupe, on devra avoir recours à plusieurs moyens d'investigation.
Tout d’abord, il est utile de produire un éclairage aussi intense que possible de la région palatine soit avec la lumière directe, soit avec la lumière réfléchie que procure le miroir frontal. On obtiendra de la sorte des notions très importantes; la région amygdalienne apparaîtra avec sa lésion locale et la saillie assez fréquente du calcul qu’on reconnaitra tout d’abord à son aspect blanchâtre lorsque celui-ci est superficiel.
Certains praticiens expérimentés peuvent se passer de ce premier moyen, qu'ils doivent cependant négliger le moins possiblé, et s'adresser particulièrement soit au toucher avec
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le stylet, soit ce qui est préférable au toucher digital direct. Celui-ci sera-nécessaire quand le calcul sera emprisonné profondément dans l’intérieur de la crypte, sans relief apparent à l'extérieur; il révèlera la forme, la consistance, les aspérités caractéristiques de la pierre.
Si nous combinons ces deux méthodes, nous apprendrons que le calcul amygdalien se reconnaîtra à son aspect blanchâtre, à sa dureté et à ses aspérités particulières. Parfois, malgré tous les moyens que nous venons d'indiquer ici, même avec un éclairage parfait de la cavité, il sera complètement impossible de pouvoir diagnostiquer d'une facon certaine Ja présence d'un calcul dans l'amygdale. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rapporter à ce que nous avons dit lorsque nous avons parlé de la profondeur que pouvaient présenter certaines cryptes amygdaliennes et de la présence des calculs au fond de ces (lernières. Dans ces cas (Obs. I), il fallut faire une discission profonde de l’amygdale pour en extraire le calcul dont rien ne décelait la présence.
Toutefois, malgré ses caractères fondamentaux, le calcul tonsillaire a été souvent méconnu par des praticiens nombreux et des plus expérimentés.
Si nous laissons certains cas particulièrement embarrassants, il est arrivé que même dans les cas ordinaires, au premier abord, ils se prétaient beaucoup à la confusion avec d'autres affections .
1° Avec le cancer.
Nous n’aurions jamais songé à ce premier point de diagnostic différentiel, si un certain nombre de praticiens et des plus éminents, comme nous le prouve le fait de Terrillon, ne s’étaient pas mépris sur ce sujet. La confusion est d'autant plus regrettable, que le cancer est très grave, tandis que le calcul est habituellement bénin.
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Nous trouvons bien, en effet, dans ces deux affections, certains caractères communs : induration de l'amygdale, bosselure, engorgement des ganglions situés à l'angle de la mâchoire. De plus, parfois, dans l’un et l’autre cas, le malade rend dans.ses crachats du pus et des filets de sang.
Mais si l'on songe aux caractères fondamentaux du calcul, à sa dureté, à ses aspérités qu'on ne rencontrera jamais dans le carcinome, la difficulté sera levée.
Un toucher délicat fera sentir ces petites pointes qui lacèrent parfois le bout du doigt.
20 Avec l’amygdalite chronique.
Dans cette affection, qui est une complication presque constante des calculs tonsillaires, et qui est due aux amygdalites aiguës répétées, il existe une hypertrophie générale de tous les éléments de la glande, accompagnée de la sclérose et de l'induration de ces derniers. La dureté de l'amygdale hypertrophiée peut être telle qu'elle arrive à masquer la dureté particulière du calcul.
Cependant, en faisant appel aux commémoratifs, et en employant l'exploration digitale, on arrivera à reconnaitre le corps étranger.
3° Avec la matière caséeuse et les abcès enkystés.
Les lacunes amygdaliennes sont très fréquemment remplies de matière caséeuse. Celle-ci, du reste, reconnaît la même cause locale que le calcul, c'est-à-dire la largeur de la crypte congénitale ou consécutive à l’amygdalite chronique. Dans bien des cas, aidée d'agents divers, c'est elle qui, par ses transformations successives, arrive à constituer le calcul.
Mais il n’en est pas moins vrai que ce dernier, tel qu'il est constitué, présente des caractères tout différents; c'est un corps dur comme de la pierre, composé principalement de phosphate et de carbonate de chaux, la matière caséeuse a la