‹ Contribution à l'étude des Calculs AmygdaliensChapitre 13 sur 21 · RE · texte numérisé non relu

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dans une région, cause à cette dernière une susceptibilité toute particulière pour les phlegmasies.

Cette angine est tantôt simple, comme par exemple dans les cas de Bailheron (Obs. D) et de Larrey, tantôt accompagnée d'inflammation de l'appareil auditif, et en particulier de la trompe d'Eustache. Nous ne saurions mieux faire que de citer à cet égard la belle observation de Deschamps, dont le malade présentait en même temps que des manifestations douloureuses de l’arrière-gorge, tous les signes d’un catarrhe de la trompe avec raréfaction de l'air dans la caisse du tympan : élancements dans les oreilles partant de la gorge, gargouillements dans les efforts nécessités par l’action de se moucher, amélioration temporaire de l’ouie après cet acte, etc.

Le caractère essentiel à cette angine est de se prêter beaucoup aux récidives, d’apparaître par accès répétés, laissant entre eux des intervalles variables. C’est ordinairement après une brusque variation de température, un refroidissement, qu'ils se montrent, ne laissant pas d’inquiéter le malade jusqu'à la formation d’un nouvel abcès et une sortie nouvelle de pus.

Dans la première observation de Wilson, un malade présenta pendant vingt ans des angines répétées, laissant entre elles un intervalle de trois mois à peine.

A mesure que lesaccès se répètent, les intervalles deviennent moins longs; mais par suite de cesinflammations successives, l’angine, l’'amygdalite arrivent à passer à l’état chronique avec toute la série de leurs manifestations; le tissu de l'amygdale se sclérose et s'indure.

5° On observe fréquemment aussi l'inflammation des ganglions sous-maxillaires (faits de Larrey et de Terrillon) : ce qui s'explique par les rapports qui unissent les ganglions

sous-maxillaires aux lymphatiques des amygdales et leur facilité d'infection.

6° Enfin la douleur est la compagne habituelle de toutes ces manifestations; elle se traduit par des phénomènes variés :

C’est d’abord une sensation de picotement aux amyg dales, portant le malade à tousser continuellement; puis la dysphagie, dont l'intensité est variable; en dernier lieu, la dyspnée.

Celle-ci, que nous attribuons à la douleur, mériterait peutêtre mieux d'être rapportée à l’inflammation de l'arrièregorge et à l’ædème considérable qui envahit parfois les replis muqueux pharyngo-laryngiens.

Cette dyspnée, sans être très fréquente, se produit néanmoins parfois avec une intensité telle, qu'une intervention chirurgicale s'impose. C’est ce que nous apprenent la seconde observation de Bailheron, celles de Rizer et Larrey, de Knaus deRenbach, de Terrillon. Ces deux dernières particulièrement nous parlent d'accidents asphyxiques redoutables.

En résumé, des angines et amygdalites répétées se reproduisant à intervalles de plus en plus fréquents chez des malades crachant parfois avec du pus des concrétions pierreuses constituent la symptomatologie la plus ordinaire et la plus probante des calculs amygdaliens.

Mais il ne faut pas oublier que dans d’autres cas, selon que le calcul est unique et bien enkysté, on assiste purement et simplement à l’évolution d’une amygdalite ordinaire. Le malade du docteur Beausoleil en est une preuve assez nette.

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