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LEUR

Il est bien évident aussi que la coexistence d'abcès et de concrétions pierreuses dans cet organe mérite une mention spéciale, bien que l’extirpation de ces dernières amène la guérison du premier par issue spontanée (cas de M. Teulières).

Cependant un malade affecté simultanément de ces deux affections peut se trouver particulièrement incommodé par la présence du pus. Il faudra l’en débarrasser et dans ce but lui administrer un vomitif qui, par les efforts d'expuition qu'il détermine, amènera la rupture spontanée de l’abcès. Si cette dernière tardait à se produire, le chirurgien pourra hâter la guérison en favorisant une issue à la matière purulente. Si la fluctuation est superficielle, la simple pression à l'aide de la pulpe du doigt ou de l’ongle porté sur l’'amygdale suffit souvent pour amener la rupture du kyste. On évite ainsi au malade la crainte d’une opération.

Dans le cas contraire, l'ouverture de l’abcès se fait avec un bistouri droit et boutonné, entouré de diachylum jusqu'à une certaine distance de sa pointe, que l'on porte sur le foyer : en ayant soin de l’enfoncer parallélement à l'axe de la cavité : buccale.

A ce moyen nous préférons de beaucoup l'ouverture de l'abcès avec le galvano-cautère ainsi que nous l’avons vu faire à plusieurs reprises à la Faculté soit par M. Moure soit par M. Beausoleil.

Mais l’abcès étant symptomatique, si l'ont veut éviter les récidives, on devra s'attaquer à la cause première, c’est-àdire au calcul qui, par sa présence, donne lieu aux amygdalites répétées. On devra donc faire l'extraction du caleul. Dans cé but, diverses méthodes opératoires s’offrent à notre choix.

Dans le traitement de cette affection, on peut employer

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indifféremment les différents traitements qui ont été préconisés, en général, contre l’hypertrophie amygdalienne. car, en effet, le moyen radical et efficace de combattre cette affection et ses conséquences, c’est d'enlever la totalité de la glande; c'est le cas ou jamais de redire ce vieil adage si souvent répété, sublatâ caus@ tollitur effectus et si vrai dans le cas présent.

Nous n'avons pas l'intention de traiter ici tous les différents moyens qui ont été employés pour l’ablation d’une amygdale mais nous indiquerons cependant les diverses méthodes usitées, sans insister longuement, pour nous arrêter tout particulièrement à celle qui nous paraît la plus rationnelle dans les cas de calculs amygdaliens.

Le premier moyen et le plus ancien et aussi le plus radical s'il pouvait être pratiqué constamment et dans tous les cas serait l’ablation avec l’'amygdalotome. Mais on connaît trop les inconvénients de cet instrument pour qu'il soit prudent de s’en servir chez l'adulte et l’on sait que cette affection s'observe surtout chez les personnes qui ont déjà un certain àge. Disons aussi que la présence du calcul dans l'amygdale peut étre un inconvénient très sérieux dans sa section. L’amygdalotomie ne pourrait du reste pas être pratiquée dans les cas où les amygdales sont enchàätonnées et présentent des adhérences avec les piliers.

Ce que nous venons de dire à propos de l’amygdalotomie avec l'instrument de Fahnestock, peut s'appliquer également à l’ablation des amygdales à l’aide de l’anse galvanique qui, souvent aussi, ne peut être mise en place lorsque les amygdales présentent la forme que nous venons de signaler (enchâtonnement et adhérence avec les piliers).

Nous reprocherons aussi à ce dernier procédé, excellent, 1l faut bien l'avouer, dans certains cas, un inconvénient qui, parfois, pourrait avoir des conséquences fâcheuses.

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Avec ce moyen par trop mécanique, on n'est pas en effet maitre de son opération et l'on peut parfois sectionner la glande trop profondément dans la loge. Nous voulons parler de la section profonde de l'’amyglale dans sa loge, alors que cette glande est très pédiculée. Il peut arriver dans ce cas que l’on sectionne des vaisseaux assez importants pour que leur fermeture ne soit pas absolument complète et produise par ce fait des hémorrhagies primitives ou secondaires, plus ou moins abondantes.

L'anse galvanique a de plus le grave inconvénient de nécessiter de la part de l'opérateur une grande habitude pour la manier, car appliquée par des mains inexpérimentées elle produit des brûlures de voisinage, des sections incompiètes et devient fort douloureuse. Nous ne parlons pas de l'installation coùteuse que nécessite l'emploi de ce moyen qui ne peut être mis en usage que chez le praticien et dans des conditions tout à fait spéciales. Il n’est pas douteux que dans la pratique spéciale on doive s'adresser de préférence aux procédés simples et facilement accessibles à tous.

L'ignipuncture, qui dans ces dernières années semblait devoir remplacer la plupart des autres méthodes peut encore trouver ici son application; elle se fait soit avecle couteau galvanique, soit avec le thermo-cautère Paquelin. Outre que ce procédé n’est pas applicable chez les enfants, il demande pour être complet plusieurs séances.

Lorsqu'on aura recours à ce moyen, il faudra surtout en cautérisant l'amygdale, quel que soit l'instrument employé, faire attention de ne point toucher les piliers antérieurs, car dans ce cas il se forme des adhérences entre la glande et le pilier, adhérences qui peuvent être le point de départ d’un cul-de-sac plus ou moins profond, dans lequel peut se former un calcul.

Dans les cas d’amygdalite lacunaire chronique, avec ou sans calcul, le traitement qui nous parait le plus rationnel et exposer le moins lemalade à toutesles complications possibles des différents procédés opératoires est certainement, selon nous, la discission suivie du morcellement de la glande à

l’aide de pinces coupantes spéciales. Ce procédé que nous

avons vu maintes fois employer à la Clinique laryngologique, a toujours donné d'excellents résultats. Ce procédé consiste, après avoir badigeonné la glande avec une solution de chlorhydrate de cocaime, à engager un crochet mousse {genre crochet à strabisme) dans une lacune, et à essayer de le faire sortir par un autre point, de manière à déchirer tout le tissu compris dans le crochet. En tirant le crochet à soi, l'opérateur déchire tout le tissu et ouvre ainsi très largement la crypte amygdalienne. Il est facile decomprendre qu'à mesure que les cryptes sont ouvertes, s'il existe des calculs dans les amygdales, en faisant la discission très profondément, on arrivera facilement à les énucléer.

A la suite de cette opération, toujours facile et rapidement faite, l'amygdale présente, comme on peut se l'imaginer, un aspect irrégulier ; elle semble divisée en lobules.

Pour faire disparaître ces irrégularités de la glande, on peut faire suivre l'opération de l'ignipuncture. Mais ce qui parait le plus commode, c’est de pratiquer l’ablation des lambeaux de l’amygdale à l’aide d'une pince coupante.

Ce procédé a l'avantage, d'après M. Beausoleil, d’être moins aveugle que tous les autres; il permet, en effet, à l'opérateur de n’enlever que juste les portions d’amygdale voulues. Il a l’avantage de ne jamais léser les piliers, tout en permettant d'aller à la recherche de la glande aussi profondément qu'on le désire.

C’est donc ce ‘lernier procédé, parmi tant d’autres qui peuvent aussi être mis en usage, que nous préférons employer.

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