OBSERVATIONS
OBSERVATION I. (Personnelle) 1
M. X., ägé de 45 ans, employé de chemin de fer, se présente dans :les premiers jours de novembre 1894à la Clinique laryngologique de la Faculté de Bordeaux, pour une affection aiguë de la vorge.
Il ne présente rien de particulier comme antécédents héréditaires et
personnels; il n’a jamais eu de rhumatismes, et n’est pas sujet aux affections de la gorge.
Il raconte que, depuis quelques jours, à la suite d’un refroidissement, il a été pris subitement de douleurs violentes de la gorge, de dysphagie, d’élancements douioureux dans les oreilles, efforts fréquents d'expuition, de fièvre et de courbature générale, en un mot des phénomènes propres aux angines aiguës.
A l'inspectation on constate une tuméfaction notable des deux amygdales, surtout de la droite. Le voile du palais et les piliers antérieurs sont aussi fortement enflammés. Les amygdales rouges, luisantes, parsemées en certains points de points jaunâtres, font fortement saillie entre les piliers. On remarque de plus des cryptes très profondes, remplies d'une matière caséeuse
{1) Les détails de cette observation ont élé communiqués à la Société d'Ophthalmologie et de Laryngologie de Bordeaux, par le docteur-Beausoleil. Séance du 20 novembre 1894,
jaunâtre extrêmement fétide, en somme les attributs d'une amygdalite aiguë.
Etant donné le gonflement de l’amygdale droite, le docteur Beausoleil | pensa qu'il y avait un commencement d’abcès de cette glande et à l’aide d'un crochet mousse (crochet à discission), il procéda immédiatement à | l'ouverture des cryptes. L
Il en sortit, non pas du pus, comme il l'avait pensé, mais une masse abondante de matière caséeuse, et une quantité de sang bien plus consi-
dérable que celle que l’on obtient habituellement en pareïi cas.
Il prescrivit le gargarieme ordinaire (borax, bromure, acide phénique) et renvoya son malade.
Deux jours après, celui-ci revint à la Clinique et nous montra un calcul qu'il avait craché la veille à la suite de son gargarisme.
Nous donnons plus bas la description détaillée de ce calcul.
Nous avons de nouveau examiné le malade.
À l'examen de l'amygdale, nous avons constaté que les cryptes étaient en partie détruites et que la cicatrisation commençait à se faire. Cependant à la partie supérieure et postérieure, le docteur Beausoleil constata une loge assez volumineuse s'ouvant tout à fait au sommet de l’amygdale et s’enfonçant dans l'intérieur de la glande, loge dont la paroï antérieure était très mince et qui devait contenir le calcul.
Avec le crochet mousse, il fit de nouveau la discission de tout le reste de l'amygdale de façon à bien s’assurer qu'il ne restait plus aucun calcul dans la glande.
Malgré toutes ses recherches, il n’en trouva aueun.
L'amygdale étant déchiquetée, il en enleva plusieurs morceaux avec la pince coupante et renvoya le malade avec un gargarisme.
Ce dernier ne reparut plus à la Clinique.
ORSERVATION II (Denis Pomaret)
Un prêtre âgé de 60 ans, d’un tempérament sanguin, était souvent attaqué d'inflammation du gosier, surtout lorsqu'il s’efforçait dé chanter :
cette inflammation était aussitôt apaisée par la saignée et par un gargarisme d’oxycrat. La dernière fois qu’il en fut atteint, ayant voulu plus attentivement regarder la partie affectée bien avant, j'observai certain corps . étranger adhérent au gosier proche la fin de la mâchoire inférieure droite, de la grosseur d'une balle de mousquet, que je tirai très facilement, et l'ayant bien lavé, ce ne fut autre chose qu'une pierre dure et compacte, de la figure d’une poire sauvage, laquelle de sa queue était fixée aux muscles masséters. Il y resia un ulcère rond et purulent qui fut détergé avec l’œnomel, et ensuite cicatrisé.
OBsEeRvATION IIT (Baïlheron)
Une demoiselle de 11 ans, était sujette à de fréquents maux de gorge . qui cédaient aux remèdes généraux ; et elle sentait presque toujours un picotement aux amygdales : le retour des inflammations, l'augmentation de volume de ces glandes, la difficulté d'avaler, et l'impossibilité de converser ou de lire à voix intelligible, assez longtemps, sans avoir dans la bouche de la pâte de guimauve ou du sucre d'orge, inquiétaient beaucoup cette demoiselle ; elle avait usé pendant six mois différents remèdes, lorsqu'au mois de mars 1740, la déglutition devint plus difficile ; le voile du palais, la luette et lesamygdales se gonflèrent extraordinairement ; les saignées, la diète, les lavements rafraichissants, les gargarismes, tout fut mis en usage, contre la violence de cette inflammation. Elle céda aux secours ; l'amygdale gauche rentra dans son volume habituel, mais la droite, aussi tuméfiée que pendant l'orage inflammatoire, laissait apercevoir à son milieu un point blanchâtre de la grandeur d'une lentille. M. Baïlheron sentit avec le bout du doigt index qu'il y avait là un corps dur et inégal, il Le fit reconnaître à plusieurs de ses confrères et l’incision de la glande fut décidée ; on lui donna trois à quatre lignes d'étendue, et par le moyen de pinces à polypes fenêtrées, M. Baïlheron saisit une pierre du volume d’un gros noyau d'olive, un peu
irrégulière et blanchâtre; un gargarisme émollient et détersif suffit pour déterminer la cure en peu de jours. La demoiselle n'a plus eu la moindre atteinte de ces accidents.
OBsERvATION IV (Baïlheron)
Au mois de décembre 1748, M. Baïlheron ayant été appelé à Couiltoure en Roussillon pour une personne malade, y fut consulté par un jeune homme âgé de 22 à 23 ans, d’un tempérament fort el robuste, qu'on avait saigné plusieurs fois à l’occasion d'un violent mal de gorge qu'il avait depuis quatre jours. A la vue d'un point blanchâtre de la grandeur d'un denier au milieu de chaque amygdale tuméfiée comme une grosse noix, M. Baïlheron proposa l'incision, à laquelle le médecin et le chirurgien ordinaires s'opposèrent formellement. La mollesse de chaque tumeur n'annon- ” çait que du pus formé dans leur intérieur. On décida que le malade serait saigné du pied sur le champ, et que trois heures après il prendrait un vomitif. Ces remèdes ne procurèrent aucun soulagement. La difficulté d'avaler augmenta, la respiration commençait à devenir laborieuse, le malade sentait des picotements dans la tumeur qui déterminèrent enfin ces Messieurs à adopter l'avis de M. Bailheron ; il fut prié d'opérer. Le malade ayant été mis sur le bord de son lit, et sa tête assujettie sur la poitrine d'un aide, on ouvrit, avec le bistouri armé d’une bandelette, les deux amygdales, dont il sortit le pus; et un instant après le malade cracha une pierre du volume d’une fève de haricot, très unie et friable ; la cure fut aussi prompte qu'heureuse.
OBsERvATION V (Bourguet) citée par Baïlheron.
M. Bourguet fut appelé, au mois de septembre 1735, par un particulier qui, depuis trois mois, souffrait d'une douleur à l’'amygdale gauche dans le
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temps de la déglutition. Il avait été saigné sept fois tant du bras que du pied et pris des vomitifs, des purgatifs et tous les remèdes nécessaires. Il : confessa enfin qu'il avait eu des maladies vénériennes, dont le traitement u’avait été rien que méthodique. M. Bourguet lui conseillait l’extirpation de l’amygdale tuméfiée et douloureuse ; mais par une consultation faite à Montpellier, on jugea qu'il était convenable de passer préalablement par ce qu'on appelle les grands remèdes. Le vice local n’en reçut d'abord aucun soulagement marqué; cependant la dureté de la glande se dissipa, et elle grossit un peu, le nouvel état fit changer d'avis à M. Bourguet :1l ne pensa plus à faire l'extirpation de l'amygdale et jugea qu'il y avait une collection de matière humorale, à l'évacuation de laquelle une simple incision suffirait. L'incision fut faite le 3 décembre ; il en sortit une matière lymphatique qui charriait des concrétions pierreuses, dont les plus grosses étaient comme des lentilles ; les unes étaient friables, les autres résistaient non seulement. à la pression des doigts, mais quelques-unes ne cédèrent point aux coups. réitérés d'un petit marteau. Il continua d’en sortir jusque vers le milieu de janvier 1740, à l’aide des gargarismes. Dès que le foyer fut débarassé de ces. corps étrangers, la plaie se cicatrisa d'elle-même ; la glande reprit son état. naturel, et l’a conservé sans aucune incommodité pour le malade qui a joui constamment d'une santé parfaite.
OBSERVATION VI (Souque), cité par Baïlheron.
Une dame de 38 ans appela M. Souque, le 28 juin 1761, pour un violent mal de gorge. L'amygdale gauche était considérablement tuméfiée par les progrès d’une inflammation assez légère; depuis cinq jours, la glande était dure et gênait plus par l'excès de son volume que par. sa sensibilité. M. Souque aperçut un point blanc qu'il toucha avec le doigt : c'était une concrétion calculeuse dont il fit l'extraction avec les pinces à pansement.