EN RE
Elle avait le volume d'un noyau d'olive, sa couleur était d'un jaune clair. Il s'en présenta ensuite une plus petite, semblable à un grain de blé, que M. Souque tira pareillement; l’'amygdale s’est affaissée en peu de jours’ pendant l'usage d’un simple gargarisme. Quelques années auparavant, la. malade avait rendu une pierre semblable à la suite d’un mal de gorge que ce corps étranger avait sans doute occasionné.
Ogservarion VII (Wilson), cité par Schurig.
Un homme de 70 ans environ, souffrait depuis 20 ans (la maladie avait commencé chez lui vers l'âge de 50 ans), d’inflammation et de suppuration de l’arrière-fond de la gorge, côté droit; les accès étaient si fréquents que jamais l'intervalle n'avait dépassé trois mois. Pendant les époques de rémis- ‘ sion le malade éprouvait de la gêne à cette place, mais il croyait, ainsi qu'on . le lui avait dit, que cette gêne était causée par le gonflement de l’'amygdale,.
Je le vis il y a cinq semaines : la gorge était très enflammée et enflée, surtout du côté droit, d'où partait la tumeur qui rejoignait presque l’autre
côté. J'employai les remèdes ordinaires sans obtenir le moindre bénéfice. Enfin. après vingt ans de souffrances, la tumeur s’ouvrit brusquement, et il s'en échappa une concrétion calcaire en même temps qu'une fusée de pus.
OBSsERVATION VIII (Wilson), cité par Schurig.
Anna Welsch, âgée de 58 ans, sœur du précédent malade, à la suite d’un refroidissement fut prise de symptômes analogues à ceux d’une esquinancie des amygdales avec gonflement externe et interne : douleur dans la gorge, - élancement dans les oreilles, particulièrement à gauche, difficulté de la respiration et de la déglutition. L’abcès s’ouvrit au bout de trois semaines
et il s'en écoula une quantité assez notable de pus; la plaie guérit en dix jours. Deux mois s'étaient à peine écoulés que, après avoir eu les pieds mouillés, à ce que dit la malade, elle fût reprise exactement des mêmes - symptômes. Cette attaque se termina comme la précédente.
Chaque fois que la malade s'exposait au froid, elle était reprise d’inflammation et de suppuration.
Depuis le début de l'affection, elle disait sentir comme une grosseur du côté gauche de la gorge : cette grosseur augmenta graduellement, de telle sorte qu'au bout d'un an la peau faisait saillie à la partie supérieure de la gorge.
L'attaque suivante fut plus violente que les précédentes. L'abcès s’ouvrit, il en sortit des matières purulentes et le pus continua à couler par huit petites ouvertures. L'abcès resta ouvert pendant douze mois environ. A cette époque, c’est-à-dire environ trois ans après le début de l'affection, je reconnus à l’aide d’un stylet, la présence d’un calcul dans l'amygdale. Je fis une incision dans l’abcès, mais il s’échappa une telle quantité de sang que la malade s'évanouit. Je pus seulement briser une partie du calcul. Sous l'influence de gargarismes émollients continués pendant quatorze jours, la poche s’ouvrit et le calcul se détacha et tomba dans la bouche. La plaie se cicatrisa rapidement. |
OBSERVATION IX (Laugier)
Au mois d'août 1825, M... fut atteint d'une angine tonsillaire très intense. Au moment où il faisait effort pour rejeter les mucosités amassées vers l'isthme du gosier, il sentit une douleur vive dans l’amygdale droite et rejeta aussitôt avec du mucus sanguinolent un petit calcul. On fut averti de sa chute par le bruit qu'il fit entendre en frappant le vase dans lequel on le reçut.
M. le docteur Husson, qui était présent, parut très surpris de ce fait que dans sa pratique il n'avait pas eu l’occasion de remarquer.
Cette assurance, qui prouvait que le fait était rare, me détermina à rechercher la composition du calcul.
Son poids était de 4 centigrammes ; il semblait résulter de la réunion d’un assez grand nombre de petits globules arrondis, qui donnaient à sa surface l'aspect mamelonné; on voyait çà et là quelques cavités; sa couleur, d’un blanc grisâtre était, dans quelques points, d'un rose assez vif, et plusieurs points blancs y étaient disséminés.
Il avait de la dureté et ne se brisait pas facilement; séparé en deux parties égales, le milieu était rempli d'une matière blanche recouverte par croûte mamelonnée extérieure, qui ne formait que le tiers de l'épaisseur du
calcul.
Divisé par le pilon et trituré, il exhalaït une odeur désagréable due à la
matière animale qu'il contenait.
Dans aucun des calculs quelconques que j'ai examinés, même dans les calculs salivaires, je n’ai rencontré de matière muqueuse d'une fétidité aussi forte que celle de cette petite concrétion.
Ce mucus a seul refusé de se dissoudre dans l'acide hydrochlorique affaibli. Il n’était que la huitième partie du calcul, et pesait un demi centigramme. Les deux autres substances se sont dissoutes à froid dans l’acide, avec une légère effervescence. L'une, la plus considérable, puisqu'elle fournit la moitié du poids du calcul, était du phosphate de chaux que l'ammoniaque a précipité de la dissolution; l’autre, qui est restée dissoute, était de la chaux provenant d’un peu de carbonate de cette base et qui a fourni un demi centigramme d’'oxalate de chaux par l’oxalate d’ammoniaque.
Ainsi les 4 centigrammes de ce petit calcul de l'amygdale étaient formés de 2 centigrammes de phosphate de chaux, d’un centigramme d’eau, d'un demi-centigramme de carbonate de chaux et d'un demi-centigramme de
mucus d'odeur fétide.
OBsERVATION X. (Boden Muller)
M. Knaus, à Renbach, fut appelé chez une malade qui souffrait à la gorge Au bout de 36 heures, l'état de la malade avait empiré de sorte que l’on craignait à chaque instant une asphyxie. M. Knaus, qui dès le premier jour, avait observé une petite tumeur derrière la tonsille gauche, trouva alors cette tumeur très développée. Croyant avoir affaire à un abcès, il voulut l'ouvrir; mais l'instrument rencontra un corps dur. Le malade commença immédiatement après l'opération, à tousser violemment ; elle cracha d’abord un grumeau considérable de mucus qui fut bientôt suivi d’une concrétion grisâtre de la grosseur d’une noisette, ayant une surface inégale. On n’a pas fait d'analyse.
OBSsERVATION XI. (Larrey)
Le sujet de l'observation, un ancien boulanger, àgé de 74 ans, d'une bonne constitution sans diathèse calculeuse ou arthritique avait éprouvé pour la première fois, depuis quinze jours seulement, de la gène dans la déglutition, avec engorgement douloureux des ganglions sous-maxillaires. L’exploration de l’arrière-bouche fit constater dans l’amygdale gauche un corps étranger qui, au premier aspect, ressemblait à une fausse membrane, mais que la pression du doigt parvint à énucléer comme un kyste
C'était une concrétion calcaire du volume d’un pois, pesant 3 décigrammes et mamelonnée à sa surface.
. L'analyse chimique ne fut pas faite.
OgserRvarTIoN XII (Terrillon).
Calcul volumineux de l’amygdale —Amygdalite chronique durant deux ans. — Extraction du calcul. — Guérison.
M. X., 50 ans, gros, bien portant et arthritique. Dépôt de tartre dentaire assez abondant.
Il y a environ treize ou quatorze mois, mal de gorge, et au bout d’un mois ou deux, violente inflammation qui sembla avoir déterminé un abcès de l'amygdale droite, mais qui au lieu de céder après l'issue du pus, passe à l’état chronique. Depuis, douleur, amygdale énorme congestionnée, ainsi que les piliers et la partie voisine du voile du palais, et avec poussées inflammatoires survenant de temps en temps.
M. X. a consulté depuis lors plusieurs médecins, et deux chirurgiens des hôpitaux; ceux-ci crurent avoir affaire à une affection maligne et proposèrent même une opération qui fut refusée.
De temps en temps, pus dans les crachats et souvent petits filets de sang.
Gonflement tel qu'il existe de véritables bosselures percées à l'extérieur et donnant encore le change.
Douleur vive, donnant une sensation de corps pointu dans le pharynx, comme quand on avale une arête.
Il y a environ sept semaines. M. X. vint me consulter. En présence du gonflement extérieur, de la dureté, de la teinte violacée de l’'amygdale et des parties voisines, je pensai également, à première vue, à une tumeur maligne, mais au toucher je sentis, vers la partie moyenne et postérieure de l’amygdale, une petite pointe qui lacérait le bout du doigt.
Je fis alors l'examen de cette partie avec l'éclairage frontal et j'aperçus dans l’endroit où j'avais senti la pointe un corps blanc, jaunâtre, semblable à un corps étranger ayant séjourné longtemps dans les tissus.
munie
Je pris un stylet de trousse et constatai la sensation d’une pierre. Avec une pince à griffes très longue je saisis le corps étranger, mais je ne pus parvenir à l'extraire. Il était enfoncé dans l'amygdale et la pince lâchait prise dans les efforts de traction. Je ne pus non plus avoir dans cette exploration aucune notion sur le volume du corps étranger, que je pensai être un calcul de l'amygdale; quelle que fût la nature de celui-ct, il n’en existait pas moins, et son extraction était nécessaire, à cause des accidents inflammatoires qu'il avait provoqués et qu'il entretenait par sa présence dans les amygdales.
C'est ce que j'expliquai au malade en lui proposant une opération pour l'extraction de ce corps étranger, opération qui fut acceptée et pratiquée dans les premiers jours de juillet 1885.
Le malade la supporta avec courage et sans anesthésie; la bouche fut maintenue ouverte avec un écarteur placé entre les machoires, du côté opposé à l'amygdale malade; le calcul saisi avec une pince et une petite incision pratiquée en avant avec le bistouri. L'écoulement sanguin, sans être abondant, masquant le corps étranger, fut arrêté avec quelques gargarismes à l'eau froide. Je pus alors introduire un stylet entre le corps étranger et les tissus, et je sentis celui-ci logé dans une cavité assez spacieuse dont l’orifice étroit l'emprisonnait. Avec des ciseaux droits, pointus, je débridai ce bord en avant et à la partie postéro-supérieure et je pus alors saisir avec une pince et extraire le calcul, qui avait le volume d’une petite noisette.
L'opération ne fit couler que peu de sang; elle produisit un soulagement immédiat et ne fut suivie d'aucun accident. Des gargarismes émollients et des lavages avec une solution d'acide borique furent employés avec succès. Le gonflement et les douleurs diminuèrent rapidement, et le 1° août, l'amygdale était seulement un peu plus dure et plus grosse qu'à l'état normal, mais nullement sensible.
= le
OBsERvVATION XIIL (Deschamps)
Au mois de mai 1889, Mlle X..., âgée de vingt ans, se plaignait de troubles de l'audition du côté de l'oreille gauche, accompagnés de quelque, élancements dans les oreilles, élancements partant de la gorge. A l'examen de l'appareil auditif, je constatai un enfoncement léger de la membrane du tympan avec saillie de la petite apophyse du marteau et exagération des deux repris normaux du tympan.
Le malade accusait en outre tous les signes d’un catarrhe de la trompe avec raréfaction de l'air dans la caisse du tympan, gargouillements dans les efforts nécessités par l’action de se moucher, amélioration temporaire de l'ouïe après cet acte, etc. En examinant le pharynx du côté duquel le malade avait une gêne assez notable dans les mouvements de déglutition je constatai que l’amygdale gauche était très tuméfiée et présentait visiblement à l'orifice d'entrée d’une des cryptes, un point blanc de la grosseur d’une lentille. Je pensai avoir affaire à une amygdalite accompagnée de l'accumulation d'un peu de matière blanche et molle, comme on en rencontre si souvent dans les cryptes des amygdales; mais en explorant avec un long stylet, je fus très surpris de trouver une concrétion molle et pierreuse, un vrai calcul dont les dimensions étaient très considérables, puisque je n’arrivai pas à en faire le tour et à en atteindre les limites. L'amygdale tout entière paraissait creusée d'une loge remplie par le calcul.
Je fis séance tenante une incision de deux centimètres environ sur le calcul et essayai de l’arracher avec une pince, mais le calcul était fortement enchâtonné, et je ne pus l’extraire qu'avec l'aide d’un fort crochet glissé derrière et avec lequel je pus exercer une traction assez considérable. Au lieu d'un seul calcul, j'en trouvai deux accolés l’un à l'autre, ayant chacun la dimension d'une petite noisette, et dont la surface de séparation avait pris la forme d'une véritable articulation en selle ou par emboîtement réciproque
En
sans ligaments naturellement, mais à surfaces articulaires lisses et polies se correspondant exactement. Les mouvements incessants de la région avaient évidement été la cause de cette disposition. Placés l’une à côté de l’autre, les deux calculs formaient un arc à concavité interne et inférieure suivant courbure des piliers du voile du palais. Après l’ablation de ces calculs, je cautérisai énergiquement au galvano-cautère l’intérieur et la cavité.
La cicatrisation se fit rapidement, l’irritation du pharynx disparut et avec elle le catarrhe de la trompe, dont la guérison fut complétée par quelques séances de cathétérisme et d’insufflation.
Chose curieuse, la malade, âgée de vingt ans, qui n'avait jamais été réglée auparavant, vit sa menstruation s'établir et son état général s'améliorer. Ceci pour mémoire seulement et sans que je veuille établir une relation de cause à effet entre les deux phénomènes. Kt cependant on a signalé une jeune fille dont la menstruation s'établit après l’ablation des amygdales hypertrophiées (cas d'Ollier que m'a fidèlement rapporté le docteur Girard).