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HISTORIQUE

L'histoire des calculs de l’amygdale ne remonte guère qu’au xvi* siècle. C’est en vain que l’on cherche dans les ouvrages des auteurs les plus reculés : on ne trouve nulle part mention du cas qui nous occupe. Du reste après le savant mémoire publié par le docteur Terrillon et auquel nous empruntons quelques éléments de notre thèse, il nous sera permis d'indiquer à grands traits l'histoire des calculs, en nous croyant obligé toutefois de relater d'nne manière plus détaillée Les faits publiés dans ces dernières années.

Depuis la publication du traité de pathologie de Franck, les auteurs citent des faits de Lang, Kentmann, Marcellus

A ice

Donatus, Nicolas Florentinus, Lazare Rivière, Denis Pomaret, Bailheron et Bourguet, Shurig, Mouro, etc. |

Lang (1560) cite un fait appartenant à Nicolas Blégny et un autre qui lui est personnel. Il est lui-même rappelé à ce sujet par Kentmann (1565), Schenck (1609), Shurig (1744).

Marcellus Donatus (1597) parle tout simplement de deux cas de calculs développés dans les amygdales et signalés l’un par Avicenne, l’autre par Kommanus dans son Libellus.

Lazare Rivière (1688) publie dans ses observations de médecine une observation de Denis Pomaret, de Montpellier.

Ces quelques faits manquent bien de précision, et il ne faut pas s’en étonner, car à cette époque les observations de calculs amygdaliens et leur symptomatologie en même temps que leur composition clinique étaient peu connues.

Cependant Louis, dans les Mémoires de l'ancienne Académie de Chirurgie, nous montre Baïlheron et Bourguet faisant faire un progrès sensible à l'étude de ces concrétions.

« On trouve fréquemment, dit-il, des concrétions pierreuses dans les amygdales ; et en ce cas, la simple incision suffit pour faire l'extraction de ces corps étrangers. » Il nous cite ensuite quatre observations, deux appartenant à Baïlheron, une à Bourguet, la dernière à Souque. Ces quatres observations publiées avec beaucoup de détails et de précision laissaient dans l'ombre l’origine et la composition de ces pierres. Louis conclut ainsi : «€ Voilà donc des tuméfactions d'amygdales quise présentent avec toutes les apparences d’un gonflement squirrheux et auxquelles on a remédié, méme sans incision, à laquelle il faudrait se borner dans le cas où elle serait nécessaire pour procurer la sortie ou faire l’extraction de ces sortes de concrétions pierreuses. »

Monro, après en avoir publié un cas, pense que l'affection

est rare, car il n’en a trouvé nulle mention dans les ouvrages les plus savants de son époque.

Shurig, dans sa Zifhologie, mentionne deux cas de cette affection d'après Kentmann et Nicolas Blégny. Il nous parle ensuite de trois observations qui furent faites par M. Wilson et lui furent transmises par Allan Burns, de Glasgow. Wilson n'en ayant fait aucune analyse, Shurig voulut faire faire un progrès nouveau à l'étude de ces calculs. Avec la collaboration du docteur Thomas Thomson, il apprit que ces derniers étaient formés de lamelles concentriques, de couleur et consistance variables, et composées d'albumine, de phosphate et de carbonate de chaux. Leurs expériences ajoutaient donc à la notion de la symptomatologie, celle de leur composition chimique.

Laugier publie un peu plus tard (1825) une nouvelle observation très détaillée sur les concrétions amygdaliennes.

Boden Müller (1846) trouva chez un de ses malades qui présentait des accidents dyspnéiques intenses, une pierre amygdalienne que celui-ci cracha avec le pus, son abcès ouvert.

Nous ne dirons que quelques mots de Guéneau de Mussy, Yearsley, Robin, Liégeois (Dict. encycl.) et Desnos (Dictionnaire de Jaccoud) qui ont publié des observations ou ont consacré un article à l'étude de ce cas particulier. Nous aurons, du reste, l’occasion de reparler des trois premiers lorsque nous aborderons la pathogénie des concrétions amygdaliennes.

En 1866, M. Larrey a présenté à la Société de chirurgie un calcul de l’amygdale qui lui avait été envoyé par M. Rizet, médecin-major au 2 régiment du génie, à Arras. ;

Le docteur Terrillon a publié, dans les Archives générales de Médecine (1886), une observation de volumineux calcul

ayant déterminé, chez son malade, une amygdalite chronique qui ne guérit, au bout de deux ans, qu'après l'extraction du calcul. A ce sujet, il publia un savant mémoire qui doit être comme le plus complet et le plus judicieux de ceux qui ont traité pareille matière.

En juin 1889, le docteur Deschamps a présenté, à la Société de Médecine de l'Isère, une observation de calcul suivie également d’une étude savante sur les caractères et la composition chimique de ce dernier. Tout dernièrement le docteur Teulières a communiqué au docteur Moure, le cas d’un malade donti 1 doit publier l'observation, qui était porteur de deux calculs amygdaliens.

Enfin, pour clore la série des auteurs ayant apporté leur part contributive à l'étude de cette question, nous nous permettrons de mentionner les noms les plus connus.

V. Gautier dans une note sur les concrétions caséeuses des amygdales ; Hyndmann, dans son étude « On calcareous in the thonsil », Baker, Nixon, Bückner, Reid, Tobold, Wyeth, Schütz, Vansont, Hewitt, Verne, Lublinski, Henderson, Wasmes, de Hainaut (Revue de laryngologie du docteur Moure), pourront servir de guide à ceux qui, après nous, désireront avoir sur ce sujet des notions plus complètes et plus détaillées.

En terminant notre historique, nous ferons remarquer que la plupart des auteurs qui ont traité cette question se sont très peu préoccupés de l’étiologie de ces productions. Cette lacune est certainement regrettable, attendu que c’est là un des points les plus importants.

Passaguay, Robin et Guéneau de Mussy ont bien dit quel-

ques mots, mais leurs renseignements sont contradictoires.

Nous essayerons, pour notre part, d'étudier plus spécialement cette partie que les auteurs ont à peine effleurée.

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