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Nécropsie. — A l’ouverture de l’abdomen, on trouve un cancer massif du foie, hypertrophiant surtout le lobe droit; il existe une tumeur massive postérieure, et des masses antérieures affectant la forme de nodules pressés les uns contre les autres, certains d’entre eux venant affleurer à la surface, perforant les zones de capsule d’apparence saine. À la partie moyenne, dans le sens antéro-postérieur, il existe une bande de tissu hépatique paraissant normale.
Le foie est énorme, extrait il pèse 7 kil. 250.
Le poumon droit présente des lésions extrêmement mar-quées de broncho-pneumonie.
Tous les autres organes sont sains. L’exploration la plus minutieuse du cadavre n’a montré la présence d’aucun autre néoplasme. 4
L’examen histologique a montré qu'il s’agissait d’un épithélioma,
Cette observation nous présente un type de cancer massif du foie dont le volume est particulièrement remarquable. En effet, il est rare que les cancers primitifs atteignent un développement aussi considérable; celui-ci est d’ordinaire l’apanage des cancers secondaires, et on a cité des cas où le foie, bourré de nodosités cancéreuses, atteignait le poids de 10 kilos. D’ordinaire, les cancers primitifs n’ont pas de telles proportions. Mais il faut remarquer que dans notre cas, il paraissait presque exister deux tumeurs: une postérieure, massive, et une antérieure formée de nodules, séparées par une bande de tissu sain. Notre malade réalisait donc simultanément deux des trois types de cancer primitif que nous décrirons tout à l’heure: le cancer massif et le cancer nodulaire. Cette particularité, ajoutée au volume considérable et exceptionnel de la tumeur, constitue un des côtés très intéressants de l'observation que nous venons de citer.
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La symptomatologie présentée par notre malade est la Symptomatologie classique, nous n’avons rien d’anormal à relever à ce point de vue. Il en est de même en ce qui concerne la durée de la maladie qui ne dépasse guère habituellement sept à huit mois. Entré à l'hôpital presque cachectique, notre malade a contracté la grippe dont une épidémie existait à ce moment-là, et n’a pu faire les frais d’une broncho-pneumonie; il est done mort, si l’on veut, d’une affection intercurrente, mais si l’on compare la gravité de son cas avec la bénignité de ceux que nous observions au même moment chez nos autres malades, il devient évident que la gravité rapidement fatale de sa maladie a été due à l’absence de toute défense de sa part; la suppression complète ou à peu près complète de son foie en tant qu’organe de défense le mettait à la merci de la première infection.
Un autre point à souligner dans cette observation est l’absence d’éthylisme. Nous verrons que l’abus de l’alcool constitue une prédisposition sérieuse au cancer du foie; il en serait de même de la syphilis et du paludisme. Notre malade ne présentait aucune de ces causes prédisposantes. Quand à son hérédité, il a été impossible de l’établir avec quelque netteté, C’était un homme déjà âgé (61 ans), peu instruit, qui n’avait que de très vagues notions sur les maladies dont ses parents étaient morts.
A l’origine de ce.cancer du foie, nous n’avons donc rien trouvé. Il en est ainsi du reste dans la plupart des cas. L’étiologie est ici, comme pour tout cancer, complètement obscure et rien ne vient non plus nous expliquer pourquoi le foie a servi à la néoplasie d’organe d’appel. Nous n’avons relevé chez le malade ni troubles dyspeptiques anciens, ni cholémie habituelle. La maladie a débuté tout d’un
+87 coup, bien que de façon sournoise, et son évolution rapide
et implacable a amené un prompt dénouement, sans que
l’étude de ce cas puisse nous apporter le moindre éclaircissement quant à la cause provocatrice.