ASPECT DES CAPILLAIRES A L'ETAT STATIQUE CHEZ LES EPILEPTIQUES
Nous voulons nous efforcer de faire une synthèse de nos observations. [1 nous semble utile de fournir des tableaux récapitulatifs des résultats que nous avons obtenus.
Nous avons groupé dans un tableau d’ensemble les modifications que nous avons observées ; ces modifications portent sur : |
1° Ja morphologie des anses en tant que qualité des anses, et dimensions des anses ; ira, {
2° Je nombre des anses ; 3 le diamètre des anses ; 4 Ja vitesse de circulation ; 5 Je fond.
Nous verrons les particularités que présentait chacun de ces caractères chez nos malades.
1° Morphologie des anses
a) Qualité des anses — Nous avons vu au chapitre concernant les capillaires normaux et pathologiques, sous quelles formes diverses pouvaient se présenter ces petits vaisseaux suivant leur évolution plus ou moins complète et plus ou moins viciée. , j
Sur nos 40 malades, tous possédaient des capillaires arrivés à leur stade de complet développement ,c’est-à-dire des néocapillaires : 30 avaient des néocapillaires purs, et 10 avaient à la fois des néo et des méso-capillaires.
Donc, dans l’ensemble, on peut dire qu’il n'existe pas de dysplasie capillaire chez les épileptiques.
b) Dimensions des anses — Nous avons vu que les anses capillaires peuvent, à l’état pathologique, être soit petites, écrasées, formant une petite boucle aux branches courtes (capillaires hypoplasiques), soit, au contraire, grandes, allongées, formant une épingle à cheveux aux branches 10 gues (capillaires hyperplasiques). |
Sur nos 40 malades :
— 7 ont des anses normales (18 0) ; — 13 ont des anses hyperplasiques (32 0%) ; — 20 ont des anses hypoplasiques (50 0).
Donc, chez les épileptiques, les capillaires présentent rarement le type morphologique normal. Les modifications sont fréquentes soit dans le sens de l’hyperplasie (32 0%), soit dans le sens de l’hypoplasie (50 0%). Ces anomalies morphologiques nous paraissent dignes d’être retenues.
Nous devons signaler que, sur les 13 cas de capillaires hyperplasiques, 10 se présentaient sous un aspect plus ou moins sinueux. Les capillaires du malade de l’Observation N° 36 prenaient même un aspect tellement pelotonnés qu’ils
donnaient Vimage de caractères chinois, eye
2 Le nombre des anses.
Sur nos 40 malades :
— 16 ont des capillaires en nombre normal (40 %) ; — 5 ont des capillaires en nombre diminué (12 0) ; — 19 ont des capillaires en nombre augmenté (48 0).
Dans la moitié des cas, les capillaires sont donc plus nombreux que normalement. Toutefois nous avons trouvé des capillaires en nombre normal dans 40 04 des cas.
3° Le diamètre des anses.
Sur nos 40 malades :
— 15 ont des capillaires de diamètre normal (37 06) ; — 3 ont des capillaires de diamètre diminué (8 0) ; — 22 ont des capillaires de diamètre augmenté (55 0).
La dilatation des anses est donc une anomalie courante chez les épileptiques. Cette dilatation se voit d’ailleurs aussi bien sur des anses hypoplasiques que sur des anses hyperplasiques. Le plus souvent toutefois, c’est sur des capillaires allongés et sinueux que l’on rencontre cette dilatation.
Cette dilatation porte surtout sur [a branche veineuse.
4 La vitesse de circulation.
Sur nos 40 malades, la vitesse de circulation dans les capillaires est :
— 19 fois normale (49 0) ; 14
— 5 fois accélérée (12 )
— 16 fois ralentie (39 0).
Le ralentissement très fréquent de la circulation chez les épileptiques est une particularité qui mérite d’être notée.
Nous avons eu l'avantage d’observer des capillaires soit pendant une crise comitiale, soit immédiatement après la ” crise. Dans l’Observation N° 6, la malade présente une crise
LES Fu
pendant l'examen : nous avons pu constater un arrêt complet de la circulation, puis, vers la fin de la crise, nous avons pu assister dans certaines anses à la reprise progressive du passagè du courant sanguin.
D'autre part, dans l’'Observation N° 1, le malade! a présenté une crise très passagère immédiatement avant l'examen nous avons constaté une circulationd’abord très lente avec dilatation de certaines anses, puis la circulation tendant à devenir plus rapide, les anses tendaient à reprendre des dimensions normales.
De ces constatations, on peut donc déduire que, très souvent ralentie chez les épileptiques dans l’intercrise, la circulation est complètement arrêtée au niveau des capillaires périphériques pendant la crise d’épilepsie.
5° Le fond.
Le plus souvent le fond sur lequel se détachent les anses ne présente rien de particulier. Quelquefois, cependant, le fond est rosé ou même rougeâtre. Nous l'avons constaté pese
fois chez nos malades.
6° Synthèse.
Nous voudrions résumer en quelques mots les caractères essentiels des capillaires périphériques chez les épileptiques.
Trés souvent ce sont des ré0-capillaires dystrophiques (soit hyper, soit hypoplasiques), dilatés surtout au niveau de leur branche veineuse, avec un ralentissement net de la vitesse de circulation. Pendant la crise, d’épilepsie!, il y à arrêt complet de la circulation dans les capillaires périphériques.
Evidemment, ceci n’a que la valeur d’un schéma, mais ce
schéma représente en gros le résultat de nos observations, comme en fait foi le tableau d'ensemble que nous reproduisons.
La capillaroscopie montre donc nettement qu’il y a une gêne circulatoire périphérique chez les épileptiques.
I est logique de penser que cette gêne de fa circulation périphérique doit aussi se produire au niveau du tissu nerveux.
Tableau des Caractères des Cabpillairés
à l’état statique NP D dm ie +
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& = og Duun ÉLL D un a.S.2
ü 562 on | cuel Engels s Fond 2 CE EMaWl:z SIS SISSS
L Néo N N N N Jaune
2 Néo Hypo — = Jaune
3 Néo Hypo - - N Jaune
2 Néo Hypo - -- N Jaune
5 Néo Hyper <= +- N Rouge
6 Néo et Méso N ae N Jaune
ji Néo Hyper N + Jaune
S Néo Hypo . de Jaune
9 Néo Hypo N N = Jaune 10 Néo Hypo > + = Jaune 11 Néo Hypo N + Jaune 12 Néo Hypo ae + Rosé 13 Néo - Hypo — — N Jaune 14 Néo N ae N N Jaune 15 [Néoet Mésol Hyper N 1 LS Jaune 16 [Néoet Mésol Hyper N N N Rosé 17 [Néoet Méso| Hypo de 1m N Jaune IS [Néoet Mésol Hypo N N = Rosé 19 [Néoet Mésol Hypo N + N Rosé 20 Néo N . + + N Jaune 21 Néo Hypo N - N Pâle 22 [Néoet Mésol Hyper N — Jaune 23 Néo Hypo N = N Jaune 24 Néo Hypo = <= — Jaune 25 Néo Hyper Te É — Jaune 26 Néo Hyper Fe + + Jaune 27 Néo Hypo se N === Pâle 28 Néo Hypo N N — Jaune 29 Néo Hypo N + — Jaune 30 Néo Hyper cu Se = Pâle 31 Néo Hyper == + N Rosé 32 Néo N e N Pâle 33 Néo FN N N Jaune 34 Néo et Méso Tlyper N —- N Jaune 35 Néo Hypo = N — Jaune 36 Néo Hyper ce N N Jaune 371 Néo et Méso| Hyper N - Jaune 38 Néo Hypo cn N + Rosé 39 Néo et Méso N N - — Jaune 40 Néo Hyper — N N Jaune
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II -- ACTION DES SUBSTANCES PHARMACODYNA- MIQUES SUR LES CAPILLAIRES PÉRIPHÉRIQUES DES EPILEPTIQUES.
Nous avons rassemblé dans un tableau les résultats de nos recherches sur l’action de l’histamine, de lacétylcholine, de l'atropine synthétique, de l’adrénaline. Nous y indiquons les effets obtenus sur le diamètre des anses et quelle est la partie de l’anse qui a été modifiée, l'action sur la vitesse de circulation, l’aspect du fond, et enfin, les effets particuliers produits par ces substances.
1° Action de l’histamine (dose : 1 mmgr.)
Sur 13 malades à qui nous l'avons injectée, tous ont présenté dans les minutes suivant l'injection, une impression de malaise plus où moins importante avec chaleur et coloration rougeviolacé des téguments, surtout à la face. Celui qui a eu Îa plus forte réaction est ie malade de l’Observation N° 1 qui venait d’avoir une crise quelques instants auparavant.
a) le diamètre des anses a été :
— 11 fois augmenté (84 0,6) ;
— Î fois’ diminuéA(S 00):
— 1 fois sans modification (8 0).
Donc, dans 84 0% des cas l’histamine a produit une vasodilatation très nette portant surtout sur la branche veineuse, donnant parfois des images de capillaires énormes.
b) /a vitesse de circulation a été :
— 9 fois diminuée ou arrêtée (70 0) ;
— 4 fois augmentée (30 0).
Le plus souvent la dilatation des capillaires s’est accompagnée d’un ralentissement important de la circulation.
c) Le jond est devenu constamment plus foncé, prenant une teinte rougeûtre.
Ur 2 Action de l’acétylcholine (dose: 0,10 centigrammes).
Nous avons examiné les capillaires de 10 malades après injection d’acétylcholine
a) le diamètre des anses a été 10 fois sur 10 augmenté (100 0). Cette dilatation portait quelquefois électivement sur la branche artérielle, mais la branche veineuse ou la totalité de l’anse ont été intéressées à (peu près aussi souvent.
b) La vitesse de circulation, à [part un cas sans modification,
a été accélérée 9 fois sur 10, avec 7 accélérations nettes (70
%o) et 2 accélérations moins franches (20 0).
c) Le jond est rosé ou rouge.
Nous devons signaler que, malgré l’injection d’acétylcholine, la malade de l’Observation N° 6 a présenté une crise environ vingt minutes après l'injection. Nous avions examiné la malade avant sa crise : l’acétylcholine avait produit une dilatation des capillaires et une accélération du débit. Pendant la crise, la capillaroscopie a montré un spasme de la branche artérielle des capillaires avec arrêt de la circulation.
Malgré cet échec de l’acétylcholine, on peut considérer qu’en
général, elle dilate les capillaires DÉRDRedaneS et accélère leur circulation.
30 Action de l’atropine synthètique (dose 0,02 centigr.)
Nous l’avons utilisée chez 19 de nos malades.
a) action sur le diamètre : elle a produit une dilatation des capillaires dans 80 0 des cas. Cette dilatation portant le plus souvent sur l’ensemble du capillaire.
b) action sur la vitesse de circulation : elle a été accélérée dans 50 0% des cas.
Nous avons noté plusieurs faits intéressants au cours de ces recherches :
Le malade de l’Observation N° 11 à présenté une crise dix tninutes environ après l'injection, crise convulisive assez importante et longue. Peu après sa crise, les capillaires étaient
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légèrement dilatés et la circulation très rapide. On pourrait peut-être penser à un effet retard£ de l’atropine.
Le malade de l'Observation N° 15 a présenté pendant la capillaroscopie un malaise au cours duquel nous avons pu constater l’arrêt de la circulation.
A signaler enfin, que le malade de l’Observation N° 36, chez qui l’atropine n'avait produit aucune modification des capillaires, a présenté une crise vingt minutes après l'injection.
Donc, malgré l’action certaine sur les capillaires de la circulation périphérique, l’atropine ne semble pas avoir une action vaso-dilatatrice sur les centres nerveux.
4 Action de l’adrénaline (dose : 1/4 mmgr.).
Nous l'avons injectée à 10 malades, nous avons obtenu les résultats suivants
a) une varo-constriction plus ou moins dans 70 0% des cas, portant le plus souvent sur la totalité de l’anse ; dans 3 cas, aucune modification.
b) un léger ralentissement de la circulation dans la moitié
des cas. !
c) un changerient de teinte du fond qui est devenu plus pâle dans la moitié des cas. e
Sur les 10 malades, l’une (Observation N° 6) a présenté une crise 10 minutes après l'injection, une autre présente un vertige assez important. (Observation N° 2).
5 Synthèse.
L’impression d'ensemble se dégageant de ces diverses constatations peut se résumer en quelques mots : les substances pharmacodynamiques à tropisme vasculaire trouvent un terrain très sensible dans le système circulatoire des épileptiques. La preuve en est dans les réactions vasculaires périphériques importantes obtenues avec des doses très minimes de ces produits. nes
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Quant à l'efficacité thérapeutique de ces substances, il est bien difficile de la juger. Les capillaires encéphaliques subissent-ils, en effet, les mêmes modifications que les capillaires périphériques ?
Nous avons fait au 2° chapitre le parallèle entre l’action des substances employées sur la circulation périphérique et leur action sur la circulation cérébrale chez le sujet normal. Nous avons vu que vaisseaux cérébraux et vaisseaux périphériques répondent à peu près dans le même sens à l’action des sympathicolytiques tels que l’histamine et l’acétylcholine.
Mais, est-ce qu’il en est de même chez l’épileptique ? Nous ne pouvons pas l’affirmer puisque nous avons observé des crises malgré l’administration de vaso-dilatateurs quelques minutes auparavant. D !
Ï Action sur
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