‹ Contribution à l'étude des carbures non saturésChapitre 3 sur 14 · IDE J · texte numérisé non relu

IDE J

2, A. DESGREZ.

directe n'ayant jamais été réalisée, malgré de nombreuses tentatives. À cet effet, j'ai mis ces corps en présence à des températures progressivement croissantes. Je suis arrivé ainsi à constater ce fait assez curieux que ces carbures incomplets n’étaient pas décomposés à 360°, pourvu qu'ils se trouvassent en présence de certains corps étrangers. Chauffés seuls, ils sont détruits, au contraire, bien avant cette température par décomposition complète, en donnant naissance à toute une série de carbures nouveaux.

Une destruction analogue des carbures de poids moléculaire élevé a été étudiée méthodiquement par M. Prunier (!).

Il est intéressant de remarquer que la molécule d’un corps peut avoir ainsi une stabilité chimique différente suivant les conditions, plus grande, par exemple, quand elle se trouve en présence d’une autre molécule qui l’isole et la protège en quelque sorte. Il paraîtrait assurément prématuré de vouloir chercher aujourd’hui l'explication de ce résultat. En tenant compte, toutefois, de ce fait que le liquide mélangé est stable aux températures élevées de l’expérience, il est permis de supposer que les molécules étrangères qui sont en plus grand nombre, protégeant la chaîne tout entière des carbures, empêchent sa décomposition en molécules plus simples ou s'opposent à une séparation d'hydrogène. Il semble, en un mot, que ces molécules d’eau et d'acide jouent, en quelque sorte, le rôle de matelas, amortissent le choc des molécules de carbure et s'opposent à leur destruction.

À 300°, et en tubes scellés, mes expériences ont été heureuses quant à la formation des acétones en partant des carbures acétyléniques. Pour la synthèse des alcools,

je n’ai pas réussi, jusqu’à présent, à fixer les éléments de

() PRUNIER, Ann. de Chim. et de Phys., 5° série, t. XVII, p. 17.

CARBURES NON SATURÉS. o

l’eau sur les carbures éthyléniques, mais je rappelle que j'ai montré, en collaboration avec M. Béhal (!), la possibilité de fixer, À température élevée et en tubes scellés, l'acide acétique sur ces carbures et de passer directement aux alcools par saponification. M. Berthelot était arrivé au même résultat en employant l’acide sulfurique comme agent intermédiaire d'hydratation. On n'avait, jusqu’ici, réalisé aucune expérience de ce genre à l’aide d’un acide organique. Si l’on excepte, en effet, les remarquables travaux de MM. Bouchardat et Lafont sur les carbures térébéniques, classe de corps très spéciale, il n'existait aucun résultat acquis dans cette voie. Nos expériences ont porté sur le méthylpentyléthylène, sur le pentyléthylène et sur l'alcool allylique.

En mettant en contact 3 volumes d’acide acétique et 1 volume de carbure, pendant vingt heures, à 250°, nous avons obtenu les éthers correspondants et montré que la combinaison est fonction du temps et de la température. L’addition de la molécule d’acide organique a lieu comme pour les acides minéraux, le reste électronégatif se fixant sur l’atome de carbone le moins hydrogéné. L’acétate d’allyle, corps à fonction complexe, nous a permis de passer ainsi à la diacétine de l’isopropylglycol

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