‹ Contribution à l'étude des carbures non saturésChapitre 4 sur 14 · CH3-CH(C2H3 O?2)-CH?2(C2H · texte numérisé non relu

CH3-CH(C2H3 O?2)-CH?2(C2H

Eu remplaçant, dans ces expériences, les composés bivalents par les carbures acétyléniques, nous avons montré que la combinaison est encore possible, mais à une température généralement un peu plus élevée (?). Si elle commence, en effet, à 20°, elle ne se réalise bien que vers 28°, Ces nouveaux essais ont été effectués avec l’amyl-

(*) Comptes rendus, t. CXIV, p. 676.

() Zbid., t. OXIN, p. 1074.

À A. DESGREZ.

acétylène et l’hexylacétylène, dans la série des carbures vrais; ils ont porté, dans la série des carbures substitués, sur le méthylbutylacérylène et le méthylamylacétylène. Les produits d’addition formés sont instables et ne peuvent pas être distillés sans décomposition mème sous pression réduite. Traités par l’eau, ils se détruisent immédiatement avec formation des acétones correspondantes. En nous appuyant sur quelques expériences accessoires tentées en vue d'établir le mécanisme de ces réactions, nous avons montré que le carbure acétylénique ne fixe qu'une molécule d’acide organique et que l'hydratation se fait réellement en deux phases, d’après les formules suivantes :

R-C=CH+C?H*02—R-C(02C2H3)-CH?, R=C(O:G2H5)=CH2--H20=R-CON-CH:-2C-HrOZ R-COH-CH2=FR CO-0H.

Ce sont ces résultats positifs qui m'ont naturellement amené à faire intervenir un corps neutre dans la réaction, à la place de l’acide organique. J'ai pensé que les éléments de l’eau, en se partageant suivant la même loi, entre deux atomes voisins du carbone, dans la molécule des carbures, permettraient ainsi le passage aux termes oxygénés correspondants.

Pour toutes ces expériences, on ne peut guère employer des tubes de verre sans en perdre la majeure partie qui ne résistent pas aux pressions élevées. Le verre de Bohême a donné de meilleurs résultats, bien qu’il prenne, par refroidissement, l’état cristallin et se brise très souvent quand on le chauffe de nouveau. L'usage d’un tube de platine lèverait assurément toute difficulté de ce genre, mais le prix élevé du métal m’a obligé à renoncer à son emploi. J'ai d’ailleurs renoncé à l'usage des tubes de verre pour une seconde raison que j'indiquerai plus loin et j'ai eu recours à des tubes en acier, émaillés intérieurement et

munis d’une fermeture à vis. Ces tubes étaient chauffés dans un bain de nitrates de potassium et de sodium.

Bien que la préparation des carbures acétyléniques ait déjà été l’objet de travaux nombreux, j'ai amélioré notablement les méthodes générales appliquées aux carbures dont j'ai fait usage. J’indiquerai, avant l’étude de chaque corps, le procédé mis en œuvre pour sa préparation et les modifications avantageuses auxquelles je me suis arrêté. J'ai pensé, en considération des difficultés que j'ai rencontrées, que ces détails de manipulation pourraient faciliter les recherches ultérieures relatives au même sujet.

Je dois, enfin, faire remarquer que ces réactions simples ouvrent une voie nouvelle en ce sens qu’elles peuvent permettre de réaliser certaines synthèses qui n’ont pas encore été effectuées, même indirectement. C’est ainsi qu'en chauffant, à 300°, l’heptine (2) C‘H°-C=C-CH* avec l’acétamide, j'ai pu isoler un gramme environ d’un liquide offrant nettement la réaction colorée des pyrrols et se combinant avec le potassium. Je me trouvais ainsi en présence d'un méthylbutylpyrrol, formé d’après l'équation

C+H9 | C+H°-C=C-CH?-+ CH3 CO Az H? = C—CH + H20 | | CS CH NA

Az H CH3

L’eau mise en liberté, dans cette réaction, réagissait, à son tour, sur le carbure en excès, en donnant naissance à une acétone méthylée dont j'ai obtenu la combinaison bisulfitique.

En chauffant de même, à 280°, un carbure éthylénique, le caprylène, avec l’ammoniaque, J'ai isolé quelques centigrammes d’un liquide qui m'a donné la réaction des amines primaires avec le chloroforme et la potasse alcoo-

6 À DESGREZ.

lique. L’ammoniaque peut, en effet, dans ces conditions, se fixer de deux manières sur le carbure éthylénique :

CSHt1-CH2=CH-CH3 + AzH3 = C5 H11-CH2-CH(AzH?)-CH3, C$ H11-CH = CH - CH3 + AzH3 — CS H11-CH(AzH?)-CH?-CH3.

Je ne puis, actuellement, qu’indiquer ces résultats, n'ayant pu faire un nombre d'expériences suffisant, faute d'appareils convenables, plus résistants que les tubes de verre.

Je suivrai, dans l'exposition de mon travail, l’ordre logique consistant à étudier l’action de l’eau successivement sur les deux classes de carbures acétyléniques.

Les recherches que je vais décrire ont été faites au laboratoire de M. le professeur Friedel et sous sa direction. Désirant confondre, dans un même témoignage d'affection et de reconnaissance, deux maîtres qui me sont également chers, je demande à M. Friedel, dont j'ai reçu tant de marques de bienveillance, la permission d'associer à son nom, en tête de ce modeste Mémoire, celui de son ancien élève, M. Béhal, qui m’a inspiré le goût des recherches scientifiques et auquel je dois le sujet de

cette thèse.

HYDRATATION

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