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CHAPITRE VI

Les carences minérales en clinique

D'après ce que nous avons dit, il est évident que l'organisme peut manquer, dans certaines conditions, d'un élément minéral important et que l'absence de celui-ci peut déterminer des troubles variés.

Dans d’autres cas, par contre, à cause des besoins minimes de l’organisme ou à cause de l’ubiquité et la banalité d'un corps, cette carence est pratiquement impossible.

Dans les pages suivantes, nous allons passer en revue rapidement les principales carence minérales obser-

vées en clinique.

a) Carence calcique.

L'insuffisance du calcium est certainement la carence la plus communément observée et la mieux connue. La raison en semble être que les besoins calciques de l’organisme sont relativement considérables comme l'a montré récemment M. P. Weil. Il semble que l’hom-

me adulte doive avoir journellement r gr. de calcium,

nn

taux qui n’est généralement pas atteint dans lalimentation. Pour les enfants, les femmes enceintes ou les mères qui allaitent ce besoin est encore plus considérable

Les manifestations de la carence sont variées. Lorsqu'elle s’installe progressivement, ce sont les manifestations osseuses et articulaires qui sont les plus apparentes. L'organisme puise dans ses réserves pour assurer la consommation cellulaire en calcium.

Il ne faut pas oublier les manifestations dentaires qui, parfois, sont les premières en date. La carie dentaire relève plus souvent d’origine générale qu’on ne le pense et parmi ces causes générales, la carence calcique occupe la première place.

On connaît également les manifestations intestinales de l’absence de calcium. Les diastases sont insuffisamment activées et la motricité est défectueuse. On sait que le calcium active le péristaltisme. La carence peut donc se manifester par des troubles digestifs (Loeper et Bé-

champ).

Lorsque la carence est aiguë, ce sont les troubles nerveux et musculaires qui dominent réalisant la tétanie. L'organisme n’a plus le temps de puiser dans les réserves et des accidents graves éclatent. Ils sont dûs, pour certains auteurs, à la déficience d’une fonction particulière du calcium qu’il remplit dans la régulation de l'équilibre acide-base.

La carence calcique n’est pas toujours due à une

insuffisance de l’apport alimentaire, Le calcium ne se fixe

dans l’organisme que dans certaines conditions déterminées que nous ne connaissons encore qu'imparfaitement. On sait que la vitamine D et l'hormone parathyroïdienne sont des substances fixatrices du calcium et qu'on doit également assurer un apport süffisant de phos-

phore pour que le calcium se fixe.

b) La carence iodée. -

L'hypothèse du rôle de l’iode dans la pathologie thyroïdienne est très ancienne. Ce sont seulement des travaux tout récents qui l’ont bien mis en évidence. Le corps thyroïde élabore un principe actif iodé. Lorsque l'iode fait défaut, le fonctionnement du thyroïde peut diminuer ou cesser complètement, réalisant alors un myxoedème, mais ce fonctionnement peut continuer aussi, mais en mettant en liberté une hormone viciée, réalisant la maladie de Basedow.

Les succès récents de l’iodothérapie dans cette der-

nière maladie justifient cette théorie.

c) La carence chlorée. \

Le chlore étant un élément suffisamment répandu, sa carence ne peut se réaliser que dans certaines conditions spéciales : abus du régime déchloruré et vomissements abondants. P. Blum a montré la possibilité d’azotémies par carence en chlore et Gosset et Binet ont démontré que les syndromes toxiques de l'occlusion intestinale sont dus à une diminution du chlore par déperdi-

tion de suc gastrique en vomissant, Il semble, dans ce

dernier cas, que le chlorure joue normalement un rôle antitoxique vis-à-vis des substances absorbées au niveau de l'intestin.

Nous avons choisi ces trois cas particulièrement bien étudiés, mais on pourrait en décrire encore bien d’autres. On a ainsi invoqué le rôle de la carence en nickel dans le diabète. La carence ferrique dans certaines anémies existe certainement, surtout chez Île nourrisson, La très grande majorité des anémies semble cependant relever d’un autre mécanisme. La carence phosphorée est surtout importante dans le rachitisme où elle empêche la fixation du calcium. La carence magnésienne a été invoquée dans la pathogénie du cancer.

Nous sommes encore certainement seulement au début d’une question très importante dont la solution complète demandera des travaux considérables. Du fait des conditions de la vie, notre alimentation subit des modifications considérables dont les effets, au point de vue sanitaire, ne se mesurent que tardivement. C’est en poussant ces études de plus en plus loin que l’on pourra

donner une solution rationnelle au problème alimentaire.

BONCLUSIONS

1. L'organisme vivant étant en renouvellement continuel, l’alimentation doit réparer sans cesse les pertes déterminées par les diverses excrétions. Parmi les substances excrétées se trouvent un très grand nombre d'’éléments minéraux dont certains jouent un rôle impor-

tant dans le fonctionnement de l’organisme.

2. La méthode analytique a pu mettre en évidence un grand nombre d'éléments dans le corps humain. Parmi ces éléments, les uns s’y tronvent en quantités importantes, les autres (dont l’ensemble ne constitue que 0.02 pour 100) ne sont décelables qu’en quantités infini-

tesimales.

3. La méthode synthétique, à l’aide de régimes alimentaires définis, a pu contribuer à connaître les élé-

ments indispensables et leur action physiologique.

h. Parmi les métailoïdes, nous relevons le chlore, l’iode, le soufre, et le phosphore (en dehors bien entendu

des éléments dits plastiques).

4h06 = Parmi les métaux le sodium, le potassium, le calcium, le magnesium, le fer, le zinc, le manganèse et le

cuivre se sont révélés importants. -

5. L'action physiologique de tous ces éléments est très variée : action catalytique et codiastasiqué, action

hormonale, action antitoxique.

6. En clinique, on connaît surtout la carence cal-. cique, la carence iodée et la carence chlorée. Pour Îles

autres éléments, on en est encore réduit à des hypothèses.

Vu : Le Président de la Thèse, Vu : Le Doyen,

LOEPER. BALTHAZAR.

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