INTRODUCTION
Lorsque, à la fin du siècle dernier les chimistes révèrent de réaliser une alimentation purement synthétique, ils ne tardèrent pas à rencontrer des difficultés qui leur parurent insurmontables et en même temps impossibles à expliquer. On s’aperçut, en effet, que l'organisme animal ne peut s’alimenter uniquement de substances qui assurent bien un apport suffisant de calories mais qui manquent de certains corps mal définis, indispensables à son entretien.
La connaissance de ces corps x fait un progrès considérable depuis le commencement de notre siècle. On sait maintenant que parmi ces substances alimentaires il y à d’une part des éléments minéraux, d'autre part des corps nommés vitamines.
Nous ne nous occupons dans ce travail que des éléments minéraux nécessaires à la nutrition de l’organisme des animaux supérieurs et en particulier de l’homme. Après avoir résumé l’évolution de la question dans ses grandes lignes, nous étudierons tout d’abord les méthodes
qui ont permis de rechercher la nature et l’action phy-
siologique des substances minérales. Ensuite, nous prendrons les éléments un à un et envisagerons leur rôle dans ja nutrition des organismes. Après les avoir étudié d’une façon analytique, nous aurons ainsi une vue d'ensemble sur le rôle que jouent les éléments minéraux dans les processus métaboliques et nous pourrons enfin envisager
les effets de leurs aarences.
Il est quelque peu artificiel d'envisager en bloc le rôle des éléments minéraux. La nature de leur action dans la matière vivante est en effet extracrdinairement variée. Tel corps, comme le carbone, l'oxygène, l’azote, etc., fait partie intégrante de ce qu'il convient d'’appeller la matière vivante elle-même. Tel autre corps, par contre, ne semble pas entrer dans la constitution du protoplasma vivant, mais possède une action stimulante, catalytique. On arrive, ainsi, à distinguer, avec Gabriel Bertrand, des corps plastiques et des corps catalytiques. Cette distinction nous semble beaucoup trop schématique. Trop grand est le nombre des éléments qui jouent à la fois un rôle catalytique et un rôle plastique. Nous nous contentons de citer ici l'exemple du soufre qui sera développé plus loin en détail. fl n’est pas douteux que le soufre est un élément plastique puisqu'il entre dans la composition de la plupart des matières albuminoïdes ; il est cependant catalytique au plus haut point puisqu'il entre dans la
composition de glutathion, corps respiratoire,
UNE Er
Nous ne pensons pas qu'il soit utile de distinguer ces deux catégories de corps. L'action des éléments minéraux est beaucoup trop complexe pour ne pas échapper à une telle schématisation.
Au point de vue pathologique, nous verrons combien les effets des carences sont multiples et complexes, tenant à la fois à une absence de matière plastique et une déficience de stimulation ou d’inhibition selon la nature
du corps considéré.