INTRODUCTION
Laënnec en publiant les deux éditions de son immortel ouvrage a toujours eu en vue de résoudre un problème exclusivement basé sur l’anatomie pathologique. Etant données les lésions des organes respiratoires, en indiquer et décrire les signes stéthoscopiques : tel a été l’objet de ses recherches.
Dans sa première édition en 1819, il fait savoir, dans sa préface, que l’objet principal de son ouvrage est de faire connaître le parti que l’on peut tirer de l’auscultation pour distinguer les diverses lésions du poumon. Dans sa seconde édition, quelques années plus tard, il envisage l’auscultation de la même manière ; seulement il y traite en plus du diagnostic et du traitement des maladies des organes respiratoires.
Ainsi, pour Laënnec, chaque signe constaté correspon dait à une lésion particulière qui de son côté devait se révéler à l'observation par le signe indiqué.
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Cette manière de voir a été généralement adoptéé en France et c’est avec raison, si l’on tient compte du but le plus général de l’auscultation, car un signe physique normal doit annoncer une modification matérielle insolite dans la partie qui est le siège de ce signe. Cependant, si la production des bruits respiratoires anormaux ne peut se comprendre sans une modification matérielle des organes, elle n'implique pas d’une manière absolue la nécessité d’une lésion anatomique de la substance du poumon, comme le croyait Laënnec. Il y a en effet d’autres causes matérielles de ces bruits que la lésion elle-même.
Ce qui met hors de doute que la corrélation nécessaire immédiate de la lésion et du signe n’est pas constante, c’est ce que nous voyons assez souvent se passer SOUS N0S YEUX : tantôt nous rencontrons des lésions graves, comme des cavernes tuberculeuses, ne donnant lieu à aucun signe physique caractéristique pendant la vie; tantôt au contraire, ce sont les signes de cavernes pulmonaires que l’on perçoit pendant la vie chez des malades n’offrant, après la mort, aucune trace de cette lésion; enfin on rencontre certains signes d’auscultation avec des caractères identiques chez un grand nombre de sujets, bien qu’ils soient affectés d'états pathologiques bien différents.
Toutes ces anomalies apparentes sont soumises à des règles, à des principes, qu’il s’agit de rechercher. Pour cela il faut aller au delà de certaines particularités anatomiques qui ont dans les cas que nous étudious une certaine valeur, mais une valeur secondaire, et qui ont seules attiré l’attention dans le petit nombre de travaux particuliers qui ont eu pour objet les anomalies d’auscultation.
C’est en effet en tenant compte des conditions organiques
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et physiques signalées par Woillez, par Germain $ée, par un petit nombre d'auteurs étrangers, les Allemands principalement, que l’on parvient à expliquer d’une manière satisfaisante certains bruits anormaux d’auscultation pulmonaire. Cette manière de voir permet de faire la part de la connexité réelle des signes et des lésions dans certains faits qui se présentent assez fréquemment pour provoquer l’intérêt des cliniciens.
Nous n'avons pas évidemment l'intention de faire dans un travail d’ensemble l’étude des anomalies d’auscultation en général; ce qui demanderait une grande expérience et de nombreuses observations à l’appui des faits. Nous avons l'intention de réduire notre sujet de thèse aux termes plus modestes de cette proposition : étude de l’absence des
‘signes d’auscultation, correspondant à des lésions graves du poumon, et en particulier des cavernes, chez les phtisiques arrivés à la dernière période de leur maladie.
Ce sujet nous a été inspiré par M. Devic, professeur agrégé, à qui nous conserverons une vive reconnaissance, autant pour sa bienveillance extrême que pour les conseils éclairés qui ont facilité notre tâche. Nous lui sommes “également redevables des deux premières observations, qu’il a bien voulu nous communiquer.
M. le professeur Teissier a accepté de présider notre thèse : qu’il nous permette de le remercier sincèrement de l'honneur qu’il nous fait. É
C’est aussi un devoir à la fin de nos études d'exprimer notre gratitude à tous nos maîtres de la Faculté et des hôpitaux pour le bon accueil que nous en avons reçu dans beaucoup de circonstances. — Nous ne saurions oublier que nous avons passé deux excellentes années comme in-
terne à l'hôpital de Bône (Algérie) et que nous avons rencontré dans nos chefs de service MM. Quintard, Silve, Pétrolacci et Boude, surtout des amis qui nous ont guidé de leur expérience.