‹ Contribution à l'Étude des Cavernes MuettesChapitre 4 sur 16 · DES · texte numérisé non relu

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Exposé et interprétation des phénomènes stéthoscopiques

Si l’on considère que le nombre des phtisiques tuberculeux arrivés à la dernière période de leur maladie est très grand, que parfois l’on se contente de les ausculter rapidement et, pour ainsi dire, par acquit de conscience professionnelle, à cause de la banalité de lésions qui présentent un médiocre intérêt et pour le clinicien et pour le thérapeute, 1l est certain que l’on doit laisser passer inaperçu un phénomène stéthoscopique sur lequel nous désirons appeler l'attention, parce qu’il n’est pas de médecin qui ne l'ait observé, nous voulons parler des cavernes ne se révélant à l’auscultation par aucun des signes classiques ou du moins par des signes insuffisants, des cavernes muettes, comme les a appelées M. Grancher. Si l’on y prend garde, il y aura lieu, en effet, de s’étonner en présence de tuberculeux très cachectiques, très affaiblis, de ne pas découvrir des signes correspondant à des

lésions certainement très avancées dont les plus communes sont les cavernes ; ce serait mal raisonner évidemment que de conclure, en pareil cas, de l’absence du signe stéthoscopique à l’absence d’une lésion absolument banale dans le cours de la phtisie pulmonaire chronique et surtout à la fin de son évolution. Dans ces cas, il sera nécessaire d'avoir une idée préconçue, pour assurer le diagnostic de cavernes pulmonaires et l’établir d’après d’autres signes que ceux donnés à l’auscultation, nous voulons parler des signes fournis par la palpation, par la percussion, par l’aus-

cultation elle-même pratiquée un peu différemment et très attentivement, en s’aidant des renseignements donnés par les antécédents, par la marche de la maladie, par la connaissance de cas analogues. Nous verrons en effet dans les observations que nons publions, dans quelles conditions se produit le phénomène stéthoscopique, quelle interprétation on peut en donner, comment on peut arriver à le déceler durant la vie du malade. A notre étonnement, les auteurs français parlent peu des faits qui nous occupent et ils en donnent une explication qui peut paraître insuffisante, parce que les conditions des phénomènes stéthoscopiques sont étudiées un peu superficiellement, qu’elles ne sont pas données dans leur ensemble. Nous avons été obligés de sacrifier dans une certaine mesure aux idées allemandes qui donnent une grande importance aux conditions physiques dans lesquelles se trouve le poumon ; on sait en eflet que les Allemands, avec trop d’exagération peut-être, ont fait de l’auscultation une science plutôt qu'un moyen d'investigation clinique, comme le veut l’école française où l’on ne tient compte que du but le plus général, sans voir dans l’auscultation un chapitre de

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