‹ Contribution à l'Étude des Cavernes Pulmonaires FerméesChapitre 10 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des cavernes tuberculeuses primitivement fermées.

« (Théorie de la tuberculose en vase clos)

Comment conçoit-on le vase clos ? On le conçoit, d’après nous, comme un gros tubercule qui aurait le caractère d’une tumeur bénigne. C’est-à-dire, il s’agirait d’une masse de tissu pathologique, circonscrite, bien limitée par de la sclérose. Cette tumeur tuberculeuse augmenterait de volume, mais uniquement aux dépens de sa masse propre, sans envahissement du tissu voisin, qui ne subirait, de ce fait, aucune altération inflammatoire, mais, au contraire, une altération mécanique de tassement. Elle aplatirait ainsi les bronches et les alvéoles, sans jamais se donner jour à l’extérieur. Nous ne croyons pas que ce mécanisme corresponde à la réalité ; c’est ce que nous allons nous efforcer de montrer.

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En effet, pour qu’une pareille interprétation soit vraie, il faut que la lésion, à Son origine, soit interstitielle, qu’elle siège en plein parenchyme, qu’elle n’ait avec les bronches que des rapports de voisinage. Ceci impose un début avec de petites dimensions. Le poumon est tellement sillonné de bronchioles et creusé d’alvéoles, qu’on ne pourrait concevoir une grosse lésion primaire, sans communication avec elles. En somme, il faut, pour créer une tuberculose fermée, une toute petite lésion initiale.

Cette lésion augmenterait de volume sans effraction des alvéoles et des bronchioles, en repoussant à sa périphérie le parenchyme. L’histologie pathologique nous apprend qu’une lésion semblable existe, c’est un fait, mais elle ne se rencontre que dans la granulie. Or, nous savons que dans les septicémies bacillaires, la mort survient avant que la granulation ait abouti à une caverne. Ce n’est donc pas dans la granulie que l’on peut rencontrer la tuberculose en vase clos de Follet. Il est vrai que la granulation miliaire interstitielle peut s’observer dans la tuberculose chronique, à côté de grosses lésions caverneuses ouvertes, mais elle est tardive ; c’est à la période ultime qu’on la rencontre et la mort du malade met un terme à son évolution. Même en supposant qu’elle ait le temps de croître, elle ne saurait expliquer le cas de Follet, car il n’y avait, dans les observations de cet auteur qu’un foyer caverneux et l’état général était bon. On se rend compte dans quel état serait le malade si une survie, providentielle pour le libre développement du vase clos, permettait à la granulation

d'atteindre le stade de caverne.

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