‹ Contribution à l'Étude des Cavernes Pulmonaires FerméesChapitre 17 sur 18 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic des cavernes fermées.

Le pronostic immédiat est bon, si une caverne fermée constitue l’unique lésion dont est atteint le sujet. L’oblitération de la bronche par la sclérose n’est pas la cause de l’arrêt de l’évolution du processus ; elle est le retentissement sur la bronche d’une barrière fibreuse puissante qui, non seulement se contentera de mettre un terme au phagédénisme ulcérux, mais poussera parfois plus loin son rôle protecteur provisoire.

La caverne, à la faveur de cette sclérose, peut-elle disparaître totalement et guérir d’une manière absolue, pour ne plus menacer la vie du malade ? Suivant Tripier, toutes les lésions tuberculeuses du poumon peuvent guérir, mais il faut excepter les cavernes avec persistance de la cavité. En effet, toutes les fois qu’on étudie, au point de vue histologique, les vieilles cavernes béantes à parois lisses, cavernes qui, macroscopiquement, semblent cicatrisées, on y trouve

toujours, limitant la cavité, un tissu de granulation avec infiltrations embryonnaires, oblitérations vasculaires et points nécrotiques. Il faudrait, d’après Tripier, pouvoir obtenir l’accolement des parois, pour qu'il y ait guérison. Giraud et Picquet étudient par la radiologie la réparation des cavernes et après avoir observé plusieurs cas, dans lesquels ils ont éliminé les causes d’erreur, en particulier les images pseudo-caverneuses, ils concluent que la réparation des cavernes est possible. Ils comparent l’évolution cicatricielle des cavernes à celle d’une plaie qui tend à se combler par cicatrisation des parois et néoformation des tissus, quand l’inflammation est guérie.

Enfin, ils font intervenir un phénomène de vicariance du tissu pulmonaire avoisinant qui comprimerait les parois de la caverne. Leurs observations semblent en faveur de la cicatrisation parfaite des cavernes tuberculeuses, les clichés qu’ils possèdent constituent bien un véritable film, qui donne In’impression d’un mouvement régressif de la cavité. Tripier, du reste, ne semble pas nier cette évolution cicatricielle complète ; il insiste seulement sur le danger des cavernes tuberculeuses encore béantes, qui cont considérées comme guéries. Guérison illusoire, car il existe encore du tissu pathologique susceptible de donner des généralisations. D'autre part, Petit, dans sa thèse, parle bien du retour offensif des cavernes tubercu- -leuses considérées comme guéries qui, quelle que soit la solidité de la muraillé scléreuse, peuvent voir leurs parois s'effondrer pour donner des lésions plus évolutives.

Nous croyons fermement, avec les auteurs précédents, que les cavernes tuberculeuses fermées sont en voie de guérison, guérison qui est très longue à s’effectuer. Il en résulte une période de latence pendant laquelle le malade est menacé. C’est ce qui s’est produit pour les deux malades dont nous rapportons les observations. Ils sont morts, l’un, d’une pneumonie caséeuse, l’autre, d’une broncho-pneumonie tuberculeuse. La caverne fermée était une ancienne lésion qui était en instance de cicatrisation, son évolution heureuse ne l’a pas empêchée de semer dans l’organe d’autres foyers qui, à la faveur de la première atteinte et du terrain tout préparé, sont devenus fatals.

Conclusions.

I. — L'existence de cavernes pulmonaires primitivement fermées et s’ouvrant secondairement dans les bronches, admise par quelques auteurs (théorie de la tuberculose en vase clos), ne s’appuie sur aucun fait anatomique indiscutable.

Il, — Par contre, l'existence de cavernes, d’abord ouvertes et secondairement fermées, nous semble basée sur des constatations anatomo-pathologiques précises. Il s’agit de cavernes dont la bronche de drainage, sous l’influence du travail de sclérose péricavitaire, se coude, s’aplatit et finit par s’oblitérer complètement.

III. — Ces cavernes, ainsi isolées de l’appareil aérophore, et qui peuvent avoir des grandt;s dimensions,

sont muettes à l’auscultation.

IV. — La radioscopie permet de les mettre en évidence ; encore faut-il être prudent dans l’interprétation des résultats fournis par ce mode d’examen, et savoir qu’il existe des aspects radioscopiques pseudocavitaires et des images annulaires du poumon d’in-

terprétation délicate.

ho

V. — Ces cavernes fermées peuvent contenir du liquide, produit des sécrétions de leurs parois, lequel, ne pouvant être expulsé par la bronche, reste d’une façon permanente à l’intérieur de la cavité, d’où, à la radioscopie, une image hydro-aérique simulant un pyopneumothorax partiel.

VI. — On peut considérer la fermeture des cavernes comme un processus anatomique favorable, mais on ne peut parler de guérison tant que la cavité reste béante, le malade étant exposé à des généralisations de l'infection tuberculeuse.

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