‹ Contribution à l'étude des cédèmes des hépatiquesChapitre 15 sur 21 · EVOLUTION · texte numérisé non relu

EVOLUTION

Le lendemain de l’admission le malade est sorti de sa torpeur, il ne délire plus et répond parfaitement aux questions qu’on lui pose. Toutefois l’œdème est manifeste. L’œdème palpébral est intense. Les cuisses, les jambes et la paroi abdominale sont légèrement infiltrées. La quantité d’urines émises est infime et celles-ci sont plus foncées que la veille.

Durant les quatre jours qui suivent, l’ictère diminue d'intensité, mais l’infiltration des téguments augmente et, après ce mieux-être passager, l’état s'aggrave.

L’æœdème augmente encore. Il est généralisé. Une matité abdominale, ainsi que le signe du flot, témoignent

PT

de l’existence d’une ascite. Le volume des bourses est énorme. Au niveau des 2/3 inférieurs des champs pulmonaires en assure la matité, l’abolition des vibrations vocales, la diminution du murmure vésiculaire indiquent la présence d’un hydrothorax double. Toutefois ces signes sont un peu plus marqués à droite, où l’épanchement est plus abondant.

L'infiltration progresse les jours suivants et; huit jours après le début, on est en présence d’un anasarque généralisé intéressant la face, le tronc et les membres.

De nouveaux examens du sang pratiqués durant cette période donnent les résultats suivants :

Urée.:20,23:9%:

Glycémie : 0,83 %..

Cholesterol : 1,30 %,.

Serine : 29,30 %.

Globuline : 28,10 %,.

Rapport sérine/globuline : 1,03.

Hémoculture négative.

Les différentes thérapeutiques instituées n’ont aucun résultat au début. Le malade est mis au régime déchloruré et on lui administre successivement la vitamine C, la vitamine B1, le neptal. La diurèse reste infime et le poids augmente sans cesse. Durant cette période qui s'étend du 23 juin au 3 juillet, la quantité d’urines émises par vingt-quatre heures oscille autour de 650 gr. en moyenne, atteignant certains jours 800 gr., s’abaissant d’autres fois à 520 gr. Le 24 juin, le poids de notre malade était de 48 kgs. Le 3 juillet, il était passé à

50 kg. 450.

| Au total, notre malade a reçu 0,25 gr. de vitamine C par jour (Laroscorbine) pendant cinq jours consécutifs, soit 1,25 gr. ; puis 0,03 gr. de vit. B1 (Bévitine) par jour pendant les six jours suivants, soit 0,18 gr. ; enfin 1 cc. de neptal pendant deux jours, soit 2 cc.

RE (+ Pr

On administre alors du chlorure de calcium à raison de 10 gr. par jour pendant quatre jours. On obtient une augmentation légère et transitoire de la diurèse. Celle-ci qui était de 680 gr. le premier jour de l’administration du chlorure de calcium, s’élève à 880 gr. le lendemain, atteint 1.120 gr. le surlendemain, et le quatrième jour se fixe à 960 gr., le poids mesuré ce jour-là était de 55 kg. 700.

L'augmentation du volume des bourses oblige à pratiquer une ponction d’ascite, puis une ponction d’hydrocele. Le liquide d’ascite est jaune, il ne contient que quelques monucléaires. La réaction de Rivalta y est négative. L’albumine y a un taux de 2 g. %.

A la suite de ces nombreux échecs nous essayons le traitement par l'extrait thyroïdien. Nous administrons à l’enfant 0,10 gr. le premier jour, 0,15 gr. pendant quatre jours, ensuite 0,20 gr. par jour. La diurèse n’augmente pas mais le poids reste stationnaire. Le premier jour de l'administration de l'extrait thyroïdien 1a diurèse était de 1 litre et le poids de 56 kg. 750.

Onze jours après le début du traitement par l’extrail thyroïdien la diurèse s’amorce et le poids commence à iminuer. L’état de l’enfant s’améliore, les bourses diminuent de volume, l’abdomen est moins tendu. Nous . interrompons le traitement thyroïdien pendant deux jours la diurèse se stabilise aux environs de 2 litres. Elle n’augmente plus pendant ce temps. Nous réintroduisons la thyroïde deux jours après la diurèse atteint 4 litres.

La crise polyurique a duré au total 15 jours. L’enfant était alors malade depuis deux mois et demi. Son poids a passé de 56 kg. 800 à 41 kg. 200. IT à donc perdu 15 kg. 600. Les différents épanchements et œdèmes ont disparu. Il ne reste plus qu’un léger œdème sous malléolaires. Le foie est de volume sensiblement normal,

SAONE il dépasse de un travers de doigt le rebord costal. La palpation profonde révèle une douleur dans la région vésiculaire,

‘On supprime l'administration de thyroïde. L’enfant est remis au régime normal, normalement salé. Il le supporte parfaitement bien. Il a un appétit considérable. Le 10 août le léger œdème malléolaire qui persistait a disparu.

Au total notre malade a reçu 3 gr. d’extrait thyroidien.

De nouveaux examens de laboratoire pratiqués à la fin de la maladie donnent les résutats suivants

Cholésterols 2467 rm mener RAT 1,90 %

SÉTINE. RAIN dat NRA P EU 47,6 %

Globulineé FOR SEE SAR REA 39,9

RaAPhOFU:SCFINE SANTE RP EEE 1,19 % globuline

Protéines totales. par litre 4". 1". 87,90 gr.

Le malade quitte le service le 22 août 1941 complètement guéri.

En résumé, au cours de l’évolution d’une hépatite, on voit se développer à la suite d’une phase de torpeur et de somnolence un véritable anasarque. Le développement de cet anasarque est accompagné de l’atténuation de l’ictère et des signes cérébraux. Les différentes thérapeutiques employées Vit. C, Vit. B1, neptal, chlorure de calcium ne parviennent pas à enrayer l’augmentation progressive de cette infiltration aqueuse. Cet œdème s’est accompagné d’abaissement de la sérine et de modifications du rapport sérine/globuline. Dix jours après l’administration de thyroïde, la diurèse s’amorce et elle libère en quinze jours le malade de tous ses infiltrats. La guérison s'ensuit.

Page 1