‹ Contribution à l'étude des cédèmes des hépatiquesChapitre 3 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les œdèmes d’origine hépatique sont d’une acquisition relativement récente puisque la question n’a été précisée qu’à la fin du siècle dernier.

Le mérite en revient à HANOT qui, le premier, en 1893, écrivait : « L’altération des cellules hépatiques explique les œdèmes localisés soit autour des malléoles, soit à la face sans albuminurie ; il y a un œdème hépatique comme il y a un œdème rénal et un œdème cardiaque et il peut être un signe d’avant-garde. »

Toutefois l'existence des œdèmes au cours des affections hépatiques n’avait pas échappé à l'observation des ‘anciens cliniciens. HiIPPOCRATE lui-même voyait déjà dans le foie le responsable de nombreux cas d’œdèmes. Mais avant HANOT, à part SWwiINNEY, de Dublin, en 1876, et GIOVANNI, de Padoue, en 1884, qui signalèrent la précession fréquente des œdèmes des membres inférieurs sur l’ascite, on ne connaissait que les œdèmes contemporains de l’ascite des cirrhotiques et on leur attribuait une pathogénie exclusivement mécanique. Cest ainsi que BACQUEREL écrivait, en 1840, dans les Archives de Médecine : « L’infiltration des membres inférieurs dans la cirrhose simple est un phénomène toujours consécutif au développement de l’ascite. Je ne connais pas un seul fait bien authentique et bien observé dans lequel l’œdème des membres inférieurs ait précédé l’ascite, »

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Dans le même sens, on pouvait lire dans le dictionnaire de DECHAMBRE : « Les maladies du foie ne déterminent que rarement et d’une manière indirecte l’œdème du tissu cellulaire sous-cutané. Celui-ci se montre seulement quand l’ascite, qui est une conséquence fréquente des affections hépatiques, atteint des proportions assez considérables pour comprimer la veine cave inférieure et déterminer l’infiltration des membres inférieurs. »

Il faut donc arriver à la fin du xix° siècle pour voir se détacher la notion nette de la réalité des œdèmes au cours des affections hépatiques.

Avant d’aborder les travaux portant uniquement sur les œdèmes des hépatiques nous passerons rapidement en revue les données nouvelles sur la pathogénie des œdèmes en général, fruits des travaux de nombreux auteurs, entre autres : BRIGHT, MAGENDIE, DUTROCHET et STARLING. Avec ces auteurs on en arrive à une conception beaucoup plus scientifique des phénomènes vitaux et à l'importance des facteurs physico-chimiques dans les échanges entre les tissus et le milieu circulant.

Aux environs de 1820, DUTROCHET à la suite de travaux expérimentaux met en évidence la notion de la pression osmotique des cristalloïdes et conçoit le rôle de cette force dans les échanges liquidiens de la cellule.

STARLING, en 1896, démontre la présence dans le sang circulant d’une force agissant avec une intensité suffisante pour arracher de l’eau à une solution saline hypertonique. Cette force développée par les colloïdes du sang (plus tard on vérifia qu’il s’agissait seulement de la sérine et de la globuline) est appelée pression onkotique par SCHADE.

Dès lors la question des œdèmes rallie deux opinions différentes, l’une faisant jouer un rôle prépondérant aux cristalloïdes et à la pression osmotique, c’est la conception de Wipar, l’autre faisant intervenir la notion de la tension onkotique et négligeant l’équilibre minéral.

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En ce qui concerne la pathogénie des œdèmes hépatiques, il y a lieu de ctier les différents travaux suivants :

En 1907, VILLARET étudie en détail le syndrôme d'hypertension portale qu'il attribue à la résistance anormale opposée par le parenchyme hépatique sclérosé au sang arrivant par la veine porte. Il en donne comme signes cliniques essentiels l’ascite à formule mécanique, le développement de la circulation collatérale abdominale, la splénomégalie, les hemorroïdes et les troubles urinaires consistant en oligurie, anisurie, opsiurie. Ces troubles de la diurèse étant la résultante, d’une part, de la congestion rénale, d’autre part d’un trouble de l'absorption de l’eau au niveau de la paroi intestinale.

En 1914, LE Damany décrit les hépatites hydropigènes, La même année, MAYER et SCHAEFFER relatent les modifications tissulaires des lipides consistant en une élévation fréquente du rapport cholestérol/acides gras.

Cinq ans plus tard, en 1919, ACHARD insistera à son tour sur les modifications humorales des mêmes lipides au cours des hydropisies.

Mais c’est surtout depuis 1919 que l’on a particulièrement cherché à approfondir la pathogénie de ces œdèmes. À mesure que l’on pénétrait plus avant dans la question, de nouveaux mécanismes étaient mis en évidence.

LEMIERRE et LEVESQUE insistent à leur tour sur l’importance du facteur mécanique montrant le balancement entre les œdèmes des membres inférieurs et l’ascite.

Puis l'insuffisance du facteur mécanique apparaît à nouveau comme explication de la pathogénie de ces troubles du métabolisme de l’eau. En 1929; ABRami et WaLLicH étudient les modifications des albumines plasmatiques au cours des affections hépatiques et notent la fréquence avec laquelle on observe une inversion du rapport sérine/globuline.

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