ACTION DES MÉTAUX, SODIUM
L'action des métaux sur le chloronitrure de phosphore semble, d’après l’une quelconque de ses formules (p. 9), devoir enlever le chlore. Si la formule de Schenck et Rômer est valable il peut se former une liaison d'un ordre plus élevé entre les chaînons du cycle, comme il peut s'en former en chimie organique par l’action du sodium ou du zinc sur les composés dichlorés. Le produit qui, théoriquement, peut se former ainsi doit être très polymérisable grâce à ses liaisons multiples.
Si, au contraire, la formule I de la page 9 était valable, l’action du sodium aurait pour effet de décomposer le noyau en phosphore et azote. Comme cette formule est écartée pour des raisons sérieuses il était probable que l’action du sodium fournirait un phosphure d’azote. Le plus probable a pour formule (PN}, comme la connaissance de ce phosphure laisse beaucoup à désirer puisque son existence comme
hl PAUL RENAUD
composé défini est douteuse, il m’a semble intéressant de pousser cette expérience le plus loin possible.
Couldrige a déjà essayé de faire réagir le sodium sur le chloronitrure. Il dit que les résultats ne sont pas nets. J'ai examiné l’action des métaux. Le zinc et le magnésium ne réagissent pas et restent brillants dans le chloronitrure, même à l’ébullition. Le sodium semble réagir mais lentement, sans flamme, il se forme une couche blanche cristalline ressemblant à du chlorure de sodium.
L'expérience a été faite d’abord dans un ballon où passait un lent courant d’azote sec. À la sortie, un tube refroidi à l’air liquide avait pour rôle de condenser les gaz qui auraient pu se former. Le ballon étant chauffé vers 140°-150°, le gaz qui passe a une odeur prononcée.
Cependant il ne se congèle rien, même en ralentissant le plus possible le courant d’azote. Si on chauffe plus haut la réaction s’amorce, devient brutale et dégage chaleur et lumière.
On constate alors sur les parois du condenseur la présence d’un dépôt noir, dans les tubes abducteurs se trouvent des dépôts rouge brun et jaune clair à séparation marquée. Dans le ballon se trouve une matière noire insoluble relativement abondante. Tous ces produits sont insolubles dans l’eau et l'alcool.
Chaque fois que j'ai porté à haute température le mélange de chloronitrure et de sodium, que ce soit dans le vide ou dans une atmosphère d’azote, j'ai obtenu une réaction bru- ‘tale qui laisse un résidu noir. Suivant le procédé employé, il peut-être en poudre ou en culot.
Il existe vers 350° une zone de température où j'ai obtenu par l'action du sodium sur le chloroniture dans le vide des cristaux beiges solubles dans l’eau, très hygroscopiques. Ils ne distillent pas à 45o° et ne sont pas altérés, plus haut ils se
décomposent en laissant sur les parois du tube des dépôts noirs et Jaunes insolubles dans l’eau.
ÉTUDE DES CHLORONITRURES A5
L'électrolyse en solution acétonique du chloronitrure ne donne pas le produit noir insoluble, mais celle du sel fondu fait apparaître un dépôt noir.