PRÉPARATION
Pour essayer de mettre en évidence le composé intermédiaire hypothétique dont je supposais l'existence, j'ai fait varier les opérations d’attaque et les solvants employés pour l'analyse du phosphure.
L’acide nitrique m’ayant fourni la plus petite teneur en phosphore, c’est iui qui, parmi les fondants précédemment utilisés, devait me donner la plus grande proportion du produit cherché. J'ai donc attaqué le phosphore par l'acide nitrique et laissé évaporer la solution. Il restait un liquide visqueux de couleur brune.
J'ai alors essayé la réaction avec une série de solutions d'acide nitrique de concentrations variables, en tube scellés sous vide, et je chauffais au bain marie jusqu’à dissolution apparente. Au bout de 10 jours le solide était partiellement dissous. Je filtrais et laissais évaporer le filtrat. Tous les liquides se concentraient et devenaient visqueux. Ils cristallisèrent au bout de quelques semaines. | Comme les solutions diluées m’avaient donné des liquides plus transparents que les solutions concentrées, j'ai étudié
l'action de l’eau seule. J'ai chauffé en tubes scellés jusqu'à dissolution apparente soit 15 jours, puis 3 semaines. Les tubes scellés, enveloppés dans des gaînes de toile métallique, n’arrivaient pas tous en fin d'opération ; ceux qui restaient étaient ouverts avec précautions. Il fusait un gaz qui brûlait avec une flamme bleue. Le liquide filtré était clair. Evaporé dans le vide sulfurique il laissait déposer de beaux cristaux. J'ai remplacé l’opération en tubes scellés par une ébullition à l’air libre avec refrigérant ascendant, j'ai obtenu le même résultat avec de moins gros cristaux.
Repartant du trichlorure et de l’ammoniac, j'ai refait en grande quantité la série des opérations pour obtenir des quantités notables de phosphure.
Une hydrolyse en tubes scellés de trois semaines m'a fournit 7 gros cristaux dont l’un avait 5 cm. de long, 1: cm. de large et o,2 cm. d'épaisseur. Dans un ballon avec réfrigérant ascendant, en atmosphère d'azote une hydrolyse de 15 jours a donné 68 g. de cristaux purs en partant de 71 g. de phosphure avec un abondant dégagement d’hydrure de phosphore PH.
Si l'analyse vérifie, comme nous le verrons, la formule PNO?H}, l'équation la plus simple, expliquant la formation d’hydrure de phosphore, suppose la scission de l’eau en ses ions H et OH :
5PN + 6H?20 = 2PH3 + 3PNO?2H2 + N2.
Le rendement représente 90 0/o de la théorie.