‹ Contribution à l'étude des chloronitrures, nitrures et hydroxynitrures de phosphoreChapitre 8 sur 42 · ACTION DES CORPS MINÉRAUX · texte numérisé non relu

ACTION DES CORPS MINÉRAUX

Couldrige a examiné plusieurs fois l’action du potassium et du sodium sur le chloroniture de phosphore. 11 n’a pas pu obtenir de résultats nets.

Le chloroniture est difficilement attaqué par les acides ou les bases. C’est une analogie de plus avec les composés organiques. Il faut faire agir l'acide nitrique fumant en tube scellé à 100° pour obtenir de l'acide phosphorique (Besson et Rosset). |

L'action de l’eau apparaît comme très complexe. Les uns observent la formation de composés complexes et nouveaux, tous différents. D'autres constatent une décomposition totale.

Ainsi Besson et Rosset signalent une action lente de l’eau froide, à chaud vers 1500-2000 en tubes scellés, le: chloronitrure se décompose suivant l'égalité :

(PNCB} + 12H20 = 6CIH + 3PO*HS + 3NH°

Stockes constate également une décomposition par l’eau et remarque qu'il ne se forme pas d’hydrazine ce qui est intéressant au point de vue de la formule développée.

Au contraire, dans l’action de l’ammoniaque sur la solution alcoolique de chloronitrure, l’eau fournit de l'acide deutazophosphorique P?N?H°0* (Gladstone et Holmes).

2P3N3CI6 + 15H20 = 3P2N2H605 + 12CIH

D’après Laurent, l'équation représentant l’action de l’eau ; pourrait s’écrire dans certains cas :

2PNCIE + 6H?20 = P?OSH5N + 4CIH + NH.

L’acide pyrophosphamique obtenu possède trois fois la fonction acide. Théoriquement l'action ménagée de l’eau sur le trimère devrait donner naissance à la réaction de substitution suivante :

PSNSCIS + nH?20 = P3N:CIS—"(0H)" + nCIH.

Stockes a préparé deux des produits possibles. Ce sont la chlorhydrine PSN*CI*(OH}? et l'acide trimetaphosphinique PNS(OH)'.

Pour expliquer ces contradictions apparentes je me suis efforcé d'acquérir la certitude d’une complexité réelle, analogue à celle de la chimie organique, en observant un foisonnement d'espèces.

Couldrige a essayé de substituer le radical cynogène CN au chlore. Il n’a pu y parvenir. L’ammoniaque réagit sur le chloronitrure. Suivant les conditions il peut donner des composés différents. On a signalé les corps de formule PN°H (Couldrige) (Besson et Rosset) PNSH4, PEN?CINH? et PN(NH?}

ÉTUDE DES CHLORONITRURES 7

(Besson et Rosset) P'N#CIt(NH2)° (Stockes) (Moureu et de Ficquelmont).

PAN°H. — Le phospham a été obtenu par Couldrige en chauffant le trichloronitrure en tube scellé pendant une heure avec du chlorure d’ammonium ou bien en faisant barboter l’ammoniac sec dans le trimère fondu. Il obtient une poudre noire volatile qui est du phospham :

PSNSCIS + 3NHS — PENS(NH)S + 6CIH.

Besson et Rosset l’ont obtenu en chauffant le composé PN°H* pendant plusieurs jours dans le vide à 220°.

PN3H* peut se former dans l’action de l’ammoniaque liquide sur le chloronitrure de phosphore (Besson et Rosset).

P'NCENE. — En faisant-passer l’ammoniac dans une solution chlorocarbonique de chloronitrure de phosphore, Besson et Rosset ont obtenu des cristaux insolubles dans l'éther, le sulfure de carbone, légèrement solubles dans le chlorure de carbone, décomposés par l’eau et décomposables par la chaleur avant leur fusion. L'analyse a indiqué la formule.

PN(NH?} aurait été isolé dans la même expérience comme insoluble dans le chlorure de carbone.

PEN:CU(NA?). — Ce composé a été signalé par Stockes et étudié par Moureu et de Ficquelmont. Chauffé vers 800°- 8250 dans un courant d’ammoniac il se transforme en phosphure d’azote P5N* (Moureu et de Ficquelmont). L'action sur le chloronitrure des oxydes de l’azote fournit un composé solide jaune brun de composition inconnue. Le peroxyde d'azote liquéfie le chloronitrure et par refroidissement donne de belles aiguilles cristallines stables seulement à basse température (Besson).

L'action de l’anhydride sulfureux et de l’anhydride sulfurique liquéfie le chloroniture. Il se forme à 150° en tube scellé des produits gazeux : azote, chlore ; liquides : chlorures oxygénés du soufre SOC, SO*CE et une masse vitreuse

solide soluble contenant phosphore, chlore, soufre, oxygène à laquelle l'analyse ne donne pas de composition définie (Besson).

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