OBSERVATION XII
La malade, âgée de 43 ans, entre dans le service le 21 octobre 1921.
Père mort à 65 ans d’un cancer. Mère en bonne santé.
Mariée à 22 ans : 4 enfants bien portants. Après le deuxième accouchement, en 1904, la malade avait eu de nombreux vomissements.
Il y a 6 ou 7 ans, elle ressentit de grosses douleurs épigastriques et abdominales qui s’accompagnaient de vomissements. Depuis lors, les crises se renouvellent. Le 16 octobre, une nouvelle crise plus violente la décide à rentrer à l’hôpital.
A l’entrée, malade maigre, teint foncé, température à 38°. Abattement.
On note un abdomen souple, un gros foie avec une masse de la grosseur d’un œuf très peu douloureux et donnant l’impression d’être lisse.
Intervention le 3 novembre 1921 : Professeur Tixier, Docteur Bonnet.
Anesthésie général, éther-kélène.
Le diagnostic est : cholécystite calculeuse suppurée avec péricholécystite.
1” temps : Incision de Récamier. C’est bien une vésicule recouverte d’épiploon infiltré. Péricholécystite adhésive : le côlon est attiré au niveau de l’angle droit contre la face inférieure de la vésicule ; il y aurait pu avoir très facilement à ce niveau une perforation et évacuation par le côlon. On libère la vésicule.
2° temps : Incision de Kehr. Le foie est luxé au dehors ; on sent des calculs dans le cystique.
3° temps : Limitation du champ opératoire sous des compresses. Ponction au trocart de la vésicule. Le pus est épais. Une cholécystectomie serait trop dangereuse,
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car il faut un drainage permanent des voies biliaires et il y a de véritables coulées suppuratives dans les tuniques de la vésicule.
4 temps : Ouverture large de la vésicule sans fond. Ablation des calculs.
On résèque le tiers antérieur de la vésicule.
On fixe à la paroi. Drain.
La malade quitte le service le 7 décembre en bonne santé.
Le 8 avril 1922, la malade est revue : elle va bien. La paroi abdominale est affaiblie à l’endroit opéré.
Le 26 mars 1924, on revoit la malade. Elle raconte qu’en mai 1922, la plaie avait coulé par intermittences et s’était tarie en septembre 1923. Ce jour même, une crise douloureuse du type vésiculaire apparut. Une nouvelle crise survint plus tard et depuis la malade n’a jamais répris sa bonne santé antérieure.
Le 7 avril 1924, nouvelle intervention : Professeur Tixier, Bonnet.
Anesthésie générale à l’éther.
On repasse dans l’incision de Kehr. On trouve une coalescence serrée du foie, de l’estomac et du duodénum par l'intermédiaire d’un péritoine fibreux qu’on est obligé de détacher aux ciseaux. On résèque la vésicule pour pouvoir catéthériser l’hépatique. La bile s’écoule : on place une mèche.
La malade meurt le 9 avril : on doit rattacher son décès à des troubles dus au choc et à l’insuffisance hépatique plutôt qu’à l’infection.