‹ Contribution à l'étude des chondromes du bassinChapitre 11 sur 28 · DJ · texte numérisé non relu

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formant une masse arrondie à surface lisse, de consistance ferme, rénitente, qui suit la crête iliaque, puis retombe en bas derrière le trochanter pour pénétrer ensuite dans l’échancrure sciatique et enserrer le col du fémur. Les mouvements de la cuisse sont bien conservés. Atrophie du membre considérable.

A l’opération, on circonscrivit l’os iliaque et on le sépara de ses connexions en ne conservant qu’un fragment de l’ischion; le temps difficile de cette opération, qui dura trois heures, fut la séparation de la tête fémorale qui fut dénudée de son cartilage et sectionnée obliquement.

Résultats : le malade put se lever au bout de deux mois. Il a pu reprendre ses occupations, il frappe du talon, mais il boîte à la façon des reséqués de la hanche et se tient sur la jambe droite seulement.

OBSERVATION VIII (F. Eve. — Traduite de l’anglais.)

(In transactions of the pathological Society, London, 1885.)

Enchondrome du bassin : pièce anatomique présentée au collège royal des chirurgiens par F. Eve.

« Le bassin est rempli par un énorme enchondrome qui se projette comme une énorme masse arrondie, repoussant le péritoine devant lui et la vessie et le rectum vers la gauche.

» La tumeur part de la région du pubis droit et encercle complètement l’ischion : elle envoie un prolongement à travers le trou obturateur droit et l’échancrure sciatique. La vessie, tant dans sa partie haute que basse, est repoussée vers la gauche; la portion membraneuse de l’urètre est amincie et allongée.

» Le rectum est très fortement comprimé. La tumeur est dure et semble en partie calcifiée : microscopiquement, elle est constituée par du cartilage hyalin. »

Cette pièce provient d’un homme de 32 ans que l’on vit pour la première fois en janvier 1883, et qui se plaignait à ce moment-là, d’une douleur sourde, maïs constante, dans le

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flanc droit, et d’une constipation opiniâtre depuis six à huit mois. On trouvait à l’examen une grosse tumeur, s’implantant sur le pubis et l’ischion, atteignant la hauteur de l’ombilic et repoussant la vessie à gauche.

En avril, la rétention d’urine devint complète et l’homme ne put uriner que par cathétérisme; la défécation devint de plus en plus difficile; de plus, l’homme se mit à souffrir de la jambe droite qui s’œdématia. Les douze derniers jours de sa vie, la rétention d’urine et des matières fut totale et il mourut en juin 1884, avec tous ies symptômes de l’urémie.

Son père avait eu une exostose considérable au niveau du maxillaire supérieur, et une sœur aînée avait une scoliose avec une grosse déformation du bassin.

OBSERVATION IX (traduite de Clarke). (Clarke. — In Sf. Thomas Hosp. Rev., 1887, London.)

Femme d’âge moyen. On n’avait que peu de renseignements sur elle, si ce n’est que, lorsqu'elle se présenta à la consultation, elle était affligée, depuis trois ans, d’une tumeur au-dessus de la hanche, que la croissance de cette tumeur fut graduelle et empêcha peu à peu les mouvements. Sa santé générale s’affecta par degrés.

La tumeur avait évidemment son origine dans l'os; on pouvait la suivre depuis l’extérieur du pelvis, par-dessus la crête iliaque, jusqu’à l’intérieur du bassin où elle empiétait sur les viscères y contenus. Etat général mauvais : teint jaunâtre, perte de l’appétit et du sommeil. On fit le diagnostic de cancer médullaire de l’os, mais elle vécut un temps considérable à l’hôpital et la nécropsie montra qu’on s'était trompé.

En effet, la tumeur était complètement limitée à l’os et englobait tout l’os innominé; la crête iliaque et certaine partie de l’ischion étaient les seules régions qui conservaient leur structure normale, Microscopiquement, c'était bien un enchondrome pur. Le rectum, le vagin et la vessie étaient déplacés, les uretères étaient dilatées et épaissies.

OBSERVATION X (Résumée)

(Villeneuve. — In Marseille médical, 1890.)

Tess.…, 30 ans, cocher, entré le 31 mai 1889. Bonne santé habituelle. Il raconte que, en 1882, après avoir passé une nuit dehors, exposé à l'humidité, il se mit à souffrir de la partie inférieure du ventre; il est très constipé depuis lors, mais ce n’est qu’en 1888 qu'il s’aperçut d’une tumeur dure, siégeant au-dessus de l’aine droite. La tumeur a augmenté lentement de volume.

Etat actuel : au-dessus de l’arcade crurale droite, on constate, en déprimant la paroi abdominale antérieure, en dehors de l’artère iliaque externe, une tumeur dure, grosse comme une mandarine, immobile, s’enfonçant dans le petit bassin derrière le pubis auquel elle semble adhérer.

On opère le malade le 1‘ juin, on enlève en même temps que la tumeur un ganglion lymphatique gros comme une noisette; drain; réunion. Les jours suivants, formation d’une fistule stercorale qui résiste aux cautérisations et à l’électrolyse; le malade put reprendre son travail en avril 1890, mais la fistule existait toujours.

OBSERVATION XI (In Thèse Blanchet, Lyon, 1900.)

Jean P.., 52 ans. Père âgé de 84 ans. Mère morte à 70 ans d’une maladie de cœur, ayant eu au niveau du ligament rotulien antérieur, de petites tumeurs dures.

Bonne santé antérieure. Depuis vingt ans, ce malade a remarqué aux deux genoux, sur le trajet du ligament rotulien, la présence de petites tumeurs dures. Il n’en a jamais souffert.

Il y a dix ans, apparition de tumeurs semblables au niveau des tendons d'Achille, au niveau des tendons du triceps, sur la main gauche, sur l’annulaire. En septembre 1892, ce malade est pris de douleurs sourdes, s’irradiant le long du sciatique; le malade est un peu gêné pour marcher. Il y a également gêne de la défécation et de la miction.

OUT Ne

Actuellement le malade, qui a un assez bon état général mais qui à un peu maigri, présente une tumeur, semblable à un gros ganglion, située sur l’arcade de Fallope. A la paipation abdominale, on sent dans la fosse iliaque gauche une volumineuse tumeur à contours nets et durs. Le malade quitte l’hôpital sans que l’on soit intervenu.

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