‹ Contribution à l'étude des chondromes du bassinChapitre 12 sur 28 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(Traduite de Zeitner, Dissertation inaugur., Erlangen, 1898.)

Homme de 54 ans, qui consulta pour la première fois un médecin, un an et demi avant sa mort; il se plaignait surtout de douleurs à la jambe droite, consistant en paresthésies durables, en sensations de fourmillements qui augmentèrent peu à peu d'intensité; de même les troubles de motilité s’accrurent et, enfin, apparut l’atrophie de cette jambe. Pas d’œdème ni de stase.

La vessie et le rectum étaient troublés dans leurs fonctions. Il fallut, dans les derniers temps surtout, sonder régulièrement le patient. La constipation était opiniâtre.

Le malade est très amaigri; les parois de l’abdomen sont distendues par une tumeur arrondie du diamètre de 18 à 20 centimètres. Tout le petit bassin est rempli par une tumeur plus grosse qu’une tête d'enfant. Le rectum est refoulé. La tumeur passe à travers le trou obturateur et fait saillie dans le pli de l’aine.

A l’autopsie, on trouve un chondrome du bassin, ramolli; l'intestin est repoussé en haut, la tumeur lui est agglutinée, la vessie est comprimée; il y a de l’hydronéphrose des deux côtés avec pyélo-néphrite. Enfin, le rectum, vide de matières, est également fortement comprimé par la tumeur. Le point d'implantation du chondrome a lieu dans la région de la symphise; il fait saillie au-dessus du pubis, en imitant assez bien un utérus gravide.

OBSERVATION XIII (Tavernier, Lyon chirurgical, 1922, page 330.)

Enfant de 11 ans, traité pour coxalgie actuellement guérie. Il y a cinq mois on remarque une tumeur dure, à cheval sur la fosse iliaque droite et le petit bassin, fixée, et qu’on hésite à rapporter à une adénite tuberculeuse où à une exostose.

Des masses plus petites, mais analogues, s’échelonnaient sur le flanc droit de la colonne lombaire, perceptibles à la palpation abdominale.

Ces tumeurs ont, depuis, grossi régulièrement; celles de la colonne ont le volume de gros marrons; celle du bassin, dont le toucher rectal permet la palpation bimanuelle, est du volume d’une orange, de consistance dure et élastique, fixée au bassin au niveau du fond de la cavité cotyloïde. A la radiographie, ces tumeurs étaient très transparentes, ayant l’aspect pommelé caractéristique des chondromes; ces pommelures sont irrégulières, avec des noyaux opaques évidemment osseux ou calcifiés, mais assez éloignés de tout contact osseux et plongés par conséquent au sein d’une masse cartilagineuse.

Ces productions ne s’accompagnent encore d’aucun trouble fonctionnel, mais leur développement, qui paraît régulier et rapide reste assez inquiétant.

OBSERVATION XIV (traduite et résumée de l'allemand). (Witzel, Arch, Für. Klin. chir., Berlin, 1924.)

Il s’agit d’une femme de 30 ans, dont les antécédents héréditaires sont mal connus. Bonne santé antérieure, mais gêne progressive de la marche par suite de l'apparition de la tumeur il y a plusieurs années.

A l’examen, la tumeur était plus grosse qu’une tête de fœtus et adhérait fortement au plan profond du côté du pubis; elle était dure et limitée, sans circulation veineuse superficielle.

On diagnostique un chondrome du bassin et on décide

d’une intervention chirurgicale : après une opération longue et pénible qui nécessita une résection étendue de l’arc antérieur du bassin, la malade eut des suites opératoires assez bonnes.

Les résultats fonctionnels au bout de trois mois furent nettement meilleurs qu’on aurait pu le penser et la malade pouvait marcher.

OBSERVATION XV (Résumée) (H.-L. Rocher. — Bordeaux Chirurgical, octobre 1930)

Fillette de sept ans et demi, présentant de nombreuses tumeurs chondromateuses :

au niveau des bulbes inférieurs des fémurs droit et gauche; — des bulbes supérieurs tibiaux droit et gauche; — du bulbe inférieur tibial gauche; — du bord spinal des omoplates; — du bulbe supérieur de l’humérus droit, et, enfin, au niveau des mains, métacarpiens, phalanges, phalangines, phalangettes. \

La radiographie permit de déceler également une volumineuse enchondromatose des os iliaques.

Cette lésion évoluait depuis l’âge de huit mois et nécessita une intervention chirurgicale au niveau du bulbe fémoral gauche, avec exérèse de la tumeur, et mise en place d’un greffon segmentaire prélevé sur le péroné.

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OBSERVATION XVI (Durand. — Société de Chirurgie de Lyon, 22 mai 1930)

Femme de 37 ans, portant dans les adducteurs de la cuisse gauche une tumeur du volume d’une tête fœtale. Cette tumeur dure et bosselée, avait été constatée par la malade quatre ans auparavant et avait grossi lentement mais progressivement; la masse avait paru englober le corps même du pubis, mais restait suspendue à la face exopelvienne de cet os; aucun prolongement profond.

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À la radiographie, on voyait l’aspect caractéristique d’un chondrome adhérent au pubis. — Opération le 31 mars 1922 : Résection de la branche ilio-pubienne. Pas de complication post-opératoire, cicatrisation rapide. À l’examen histologique, chondrome pur.

Les résultats fonctionnels dès les premiers mois furent assez bons, mais la malade éprouvait des douleurs au niveau de la symphise sacro-iliaque. Elle s’accoutuma cependant assez vite et la marche s’effectua bientôt très régulièrement. La brèche considérable créée dans le bassin, permit l'issue d’une volumineuse hernie, difficile à maintenir, assez gènante, mais sans cure opératoire possible.

Par la suite, cette tumeur a récidivé deux fois en huit années; une première fois on put enlever facilement la récidive; cet été, nouvelle intervention, cette fois, sur une masse grosse comme deux poings, développée dans les muscles adducteurs et sans attache osseuse.

La malade a très bien supporté ces différentes interventions etest en.excellenterar

OBSERVATION XVII (Patel. — Lyon Chirurgicat, sept.-oct. 1930)

Homme de 49 ans, atteint d’une tumeur volumineuse de la partie interne de la racine de la cuisse droite. Cette tumeur serait survenue progressivement à la suite d’une chute n'ayant pas provoqué de douleur vive au début.

Aucun antécédent pathologique. — A l’examen, la tumeur présente le volume d’une tête d'enfant; elle oblige le malade à porter la cuisse en dehors; aucune modification des plans superficiels, pas de circulation veineuse anormale. A la palpation, tumeur dure et rénitente, avec des contours nets, pas de zones de ramollissement. Elle s'attache au bassin et est indépendante du fémur. Le toucher rectal montrait l’existence d’un prolongement qui offrait les mêmes caractères; il passait par le trou obturateur au pourtour duquel il s’insérait fortement.

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