‹ Contribution à l'étude des chondromes du bassinChapitre 15 sur 28 · GRETA ET ET ENT · texte numérisé non relu

GRETA ET ET ENT

Étiologie.

Le chondrome se localise ordinairement sur les petits os des extrémités : phalanges et orteils, métacarpiens et métatarsiens. Puis, par ordre de fréquence, il frappe l’omoplate, le bassin, et enfin les os longs des membres. Le chondrome du bassin n’est donc pas, pour les classiques, une localisation fréquente. Cependant, si on le rencontre assez fréquemment dans des cas de chondromatoses multiples (Observations XI, XII et XV), on doit reconnaître que le chondrome, surtout intra-pelvien, existe en général seul.

L’étiologie des chondromes du bassin est assez mal connue; on disait autrefois, et Blanchet l’a soutenu dans sa thèse, que les chondromes du bassin étaient l’apanage de l’adulte; or, nous rapportons deux cas chez des enfants, l’un de sept ans, l’autre de onze ans. Ce sont cependant des cas plutôt rares et nous croyons que les chondromes du bassin sont plus fréquents chez l’adulte et surtout vers l’âge de cinquante ans. L'observation III concerne une femme de soixante-quatorze ans, mais ce cas est également exceptionnel.

Waltner a soutenu la fréquence des chondromes du bassin chez l’homme, alors que François et Blanchet prétendaient au contraire que la femme était plus souvent atteinte que l’homme. Calbet, dans une statistique des tumeurs du bassin osseux, de 1895, donne un pourcentage de vingt-neuf cas chez l’homme et de dix-neuf chez la

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femme. Sans nous attarder à cette discussion, soulignons cependant que nous avons trouvé également onze cas chez l’homme contre huit chez la femme.

La notion de l’hérédité avait été admise par Havage. François, dans sa thèse, rapporte que, dans une famille, le père ayant eu un enchondrome du radius, le fils mourut d’un enchondrome du bassin. Zeltner, dans sa dissertation inaugurale, rapporte le cas de la famille Péllerin où il y avait eu des formations multiples d’enchondromes durant trois générations, dans différentes parties du squelette. Weber signale un cas plus curieux encore : un patient, âgé de 25 ans, a un chondrome du bassin; son grand-père est mort d’un chondrome du fémur; son père, âgé de 62 ans, a été opéré d’un chondrome de deux livres; son frère de 18 ans, et une sœur de 23 ans, présentent des tumeurs du squelette. Une autre sœur et sa mère n’avaient rien. Signalons également le cas de F. Eve (Observation VII), où le père avait une exostose au niveau du maxillaire supérieur, et le cas de Blanchet (Observation XD), où la mère avait eu de petites tumeurs au niveau du ligament rotulien antérieur. En somme, la notion de l’hérédité du chondrome peut être acceptée, tout au moins comme cause prédisposante.

On a discuté également des rapports qui existent entre le chondrome et le traumatisme : Zeltner s’élève contre cette opinion, en se demandant comment le traumatisme peut engendrer au sein du tissu osseux des tumeurs du type cartilagineux ? Deux de nos observations (XVII et XIX) mentionnent des traumatismes, parfois même des traumatismes répétés. Quoiqu'il en soit, le rôle du traumatisme dans la genèse des chondromes du bassin semble plus que douteux.

À la suite de l’observation de Kiskmann, et conformément à l’opinion de cet auteur, la grossesse joue un rôle dans l’évolution des chondromes; elle semble hâter l’évolution et donner «un coup de fouet » à la tumeur. Nous

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n’insisterons pas sur les dangers que le chondrome intrapelvien peut faire courir à une femme enceinte, notre observation VI étant assez caractéristique à cet égard. Dans notre observation IT, la tumeur cartilagineuse s’est développée au cours des derniers mois de la grossesse et, fait important à noter, a évolué en sept mois; cette évolution rapide est tout à fait exceptionnelle pour un chondrome du bassin.

Enfin, Virchow a invoqué autrefois le rachitisme comme cause prédisposante aux chondromes : cette opinion est du reste abandonnée aujourd’hui.

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