‹ Contribution à l'étude des chondromes du bassinChapitre 19 sur 28 · AO CE · texte numérisé non relu

AO CE

elle tendra à envahir le triangle de Scarpa, parfois même remontera dans la partie inférieure de l’abdomen, comme dans l'observation de Villeneuve. |

Si elle a pour point de départ l'os iliaque, elle tendra à recouvrir l’articulation coxo-fémorale, entourant parfois la tête du fémur, et même elle pourra parfois rentrer dans le bassin par les échancrures sciatiques. Enfin, si le chondrome prend son point d'attache non loin de l’articulation sacro-iliaque (Obs. XIX), la tumeur peut faire saillie à la partie supérieure de la fesse sans causer une bien grande gêne dans son évolution.

À l'inspection, cette tumeur n’est, en général, pas nettetement arrondie, ni lisse, on y voit des points acuminés, des bosselures, surtout si cette tumeur a un certain volume.

À la palpation, si la tumeur est petite, on peut trouver une masse assez dure et même lisse (si bien que dans l’observation qu’il rapporte, Tavernier se demandait s’il ne se trouvait pas en présence d’une adénite); mais quand le chondrome a atteint un certain volume, on remarque toujours les bosselures caractéristiques. La tumeur est irrégulière, mamelonnée, parfois de consistance pierreuse, présentant tantôt des zones rénitentes, quelquefois fluctuantes (formation de kystes à l’intérieur du chondrome). Généralement la tumeur est fixe, adhérant à l’os par une large base d'implantation; la peau recouvrant la tumeur est saine, mais parfois distendue par le volume excessif de la tumeur. On a noté quelquefois, mais rarement, des circulations veineuses superficielles, indice de compressions veineuses profondes : tels sont les cas de nos observations IIT et IV.

La tumeur détermine en général des troubles mécaniques, mais ils varient avec le développement du chondrome et la région anatomique considérée; il y a souvent de vagues douleurs intermittentes, dues à des compressions nerveuses (le chondrome en lui-même n’est pas, bien

entendu, douloureux). On note aussi des fourmillements dans la jambe, des crampes, quelques élancements; en somme, tous symptômes variables et souvent peu remarqués par le malade lui-même, L’œdème et la stase veineuse, par compression, peuvent exister, mais manquent également dans bien des cas. Enfin, il faut signaler la gêne des mouvements actifs et passifs et la claudication : elle peut être due à l’envahissement de la cavité cotyloïde (cas de François), soit à l’enserrement de la tête fémorale par la tumeur (cas de Roux), soit à la dégénérescence et à la disparition des muscles pelvi-trochantériens. (Blanchet.)

Page 1