II. — CHONDROMES INTRA-PELVIENS
Le début des chondromes intra-pelviens passe en géneral inaperçu et ne se révèle le plus souvent que par des troubles de compression des viscères, des vaisseaux et des nerfs. Comme dit Roussel dans sa thèse, « la compression nerveuse, origine du symptôme douleur, est de règle dans toute production néoplasique localisée à la surface interne des os du bassin ». Aussi, aurons-nous assez souvent des névralgies crurales ou sciatiques; cependant, le tableau clinique qu’on peut retracer du chondrome intrapelvien, reste donc forcément imprécis et les divers signes que l’on note restent étroitement subordonnés à la localisation et à la dimension de la tumeur.
En certains cas, le malade accuse des douleurs dans les lombes, les fosses iliaques, le flanc (Obs. d’Eve); le plus souvent on note des douleurs vésicales et rectales.
Il y a parfois des paresthésies, de la gêne de la marche, des troubles trophiques et même de l’atrophie (cas de Zeltner, de François, de Roux). Mais nous devons insister tout particulièrement sur les symptômes résultants de la compression de la vessie et du rectum, qui sont, du reste, les premiers symptômes qui éveillent souvent l'attention
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du malade : le patient vient consulter parce qu’il ne peut plus aller à selle ou qu’il urine difficilement; c’est alors que l’on pratique le toucher rectal ou vaginal et que l’on sent une tumeur bosselée, parfois fluctuante, si bien que ‘dans l'observation III on avait cru à une tumeur fibrokystique de l'ovaire, et que, dans l’observation V, un examen superficiel aurait pu faire penser à une tumeur de !a prostate. Enfin, il faut signaler que, bien souvent, le chondrome intra-pelvien passe inaperçu au début, puisque dans notre observation XVIII, la découverte du chondronte fut une trouvaille du chirurgien qui avait pratiqué la dilatation anale.
Dans les deux variétés de chondromes, les troubles généraux mettent longtemps à s'installer; ils surviennent plus vite cependant dans les chondromes intra-pelviens, à cause des phénomènes de compression. Il faut signaler également le cas de Eve où les uretères étaient comprimées et où l’homme mourut d’urémie. Mais, même en dehors de toute complication, ces malades arrivent à présenter un amaigrissement, une cachexie particulière qui n’est pas celle du cancer, mais qui pourrait peut-être, comme cette dernière, être rapportée aux produits élaborés par la tumeur et résorbés par l’organisme. »
Quoiqu'il en soit de cette opinion que Blanchet exprimait dans sa thèse, on est forcé de reconnaître que ces malades présentent un facies spécial, un teint subictérique (Obs. XVIII) et un amaigrissement notable qui caractérisent les troubles généraux provoqués par les chondromes du bassin, surtout à la fin de leur évolution.