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III. — Diagnostic radiologique des Chondromes du Bassin

Nové-Josserand et Tavernier, dans leur livre sur les « Tumeurs malignes des os » nous donnent une définition du chondrome qui mérite d’être rapportée : pour eux, cette tumeur est caractérisée « par la limitation de la lésion, par la transparence radiographique à aspect tout particulier. Enfin, c’est une tumeur indolente, jamais pulsatile, ne présentant pas de crépitation parcheminée ». Sur une radiographie, le chondrome est formé de « grains cartilagineux séparés par des cloisons conjonctives qui lui donnent la structure d’une grenade; le cliché montre

alors un aspect pommelé, parce que ces cloisons ossifiées ou calcifiées contrastent par leur opacité avec la transparence du cartilage. ». Ajoutons, cependant, que cette image caractéristique que l’on retrouve pour les chondromes des adultes, ne se voit pas aussi nette chez les enfants : en effet, chez les jeunes sujets ces cloisons sont souvent peu développées et l’image «ne diffère en rien de celle d’une ostéite fibreuse ou d’une tumeur à myéloplaxes ». Pour Lecène, l'examen radiologique de chondromes est tout à fait caractéristique : il montre des taches opaques, irrégulières, répondant à des blocs osseux isolés dans la masse de la tumeur. Parfois ces débris osseux sont nombreux et petits, donnant un aspect stellaire.

Nous retrouvons ces aspects caractéristiques dans plusieurs observations que nous avons rapportées : dans l'observation XIII, c’est l'aspect pommelé qui permit de faire le diagnostic; dans l'observation XVIII, même aspect radiographique; enfin, dans l'observation XIX, le cliché montrait également ces signes très nettement.

Si l'examen radiologique ne permet pas toujours d’affirmer l’existence d’un chondrome d’une façon absolument certaine, il montre au moins que la corticale est conservée, qu'il n’y a pas de réaction périostique, pas d’envahissement des tissus mous : en somme, il nous permet de dire, et à ce titre on voit combien le diagnostic radiologique est précieux, qu’il n’y a pas malignité,.

De

GEPAPTTRE VII

Traitement.

Le traitement des chondromes du bassin doit être un traitement chirurgical ou radiothérapique; nous verrons cependant qu’il existe des cas où le chirurgien ne pouvant opérer et où rayons X et radium ayant échoués, on est malheureusement obligé d’avoir recours à un traitement médical.

A. — Traitement chirurgical,

Quand lintervention est indiquée, le seul traitement vrament rationnel est l’extirpation, mais au point de vue des indications opératoires, il est utile de tenir compte d’un grand nombre de circonstances qui limitent souvent l'intervention. En sorte que le traitement chirurgical des chondromes du bassin peut être curatif, palliatif ou contreindiqué.

Les chondromes qui se prêtent le moins à une tentative opératoire sont les chondromes développés à l’intérieur du bassin. Ils ont, en effet, une marche lente et insidieuse et quand ils se révèlent, ils sont la plupart du temps inopérables, ayant parfois même déjà contractés des adhérences avec les organes du bassin (Obs. IT). Blanchet, dans sa thèse, déconseille de telles interventions pour les chondromes intra-pelviens, rappelant le cas de la malade opérée par Billroth pour un volumineux enchondrome du pubis remplissant la moitié gauche du bassin et compri-

dis

mant la vessie et le rectum : la malade mourut de schock opératoire.

Les chondromes extra-pelviens sont plus accessibles au chirurgien. Mais quelles sont les conditions opératoires ? Quand le chondrome est encore tout petit, à marche extrêmement lente, qu’il reste dur et indolent, Heurteaux conseillait l’abstention. Blanchet fait remarquer, avec juste raison, qu’il y aurait plutôt bénéfice pour le malade à être débarrassé de suite d’une tumeur qui évoluera un jour ou l’autre, et qui peut, bien que le cas soit rare, donner lieu à des métastases, ou même devenir maligne. Il nous semble donc que dans ce cas l'intervention s'impose.

Quant aux enchondromes externes de grand volume, la plupart des chirurgiens s’y sont attaqués et avec succès. Il est certain que parmi toutes les tumeurs, le chondrome est celle qui, en raison de son peu de tendance à la récidive et à la généralisation semble autoriser les opérations les plus graves. Durand, de Lyon, à propos d’un cas de chondrome du pubis ainsi enlevé dit que « la résection extrapériostée d’un pubis et de ses branches, bien qu’elle interrompe complètement la continuité de l'anneau pelvien, ne compromet pas notablement la solidité de cet anneau, bien qu’il n’y ait pas reproduction de l’os reséqué. Chacun des os iliaques trouve, au bout d’un certain temps, une attache sur le sacrum assez solide pour que la station debout et la marche se passent facilement et sans troubles sérieux. » Tels sont les cas opérés par Witzel (Obs. XIV), Durand (Obs. XVI) et Patel (Obs. XVII); dans le cas de Durand, on a observé en huit années deux récidives du chondrome « in situ », chose exceptionnelle que nous n'avons pas trouvée ailleurs.

Tout dernièrement, dans le Bordeaux Chirurgical, d’octobre 1930, le Professeur Rocher faisait remarquer, à propos de la technique opératoire, que lorsque la brèche créée dans l'os était considérable, on pouvait avoir recours au greffon osseux soit segmentaire partiel (tibial) ou total

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