AMORPHINA CONNEXA n. Sp
an AMORPHINA ANGULATA TyPICA (PI. VI, fig. 15).
J’appelle ainsi une éponge de teinte gris clair à l’état frais, assez commune au large de Luc. Elle est sessile et ne s'élève jamais beaucoup au-dessus de ses supports qu’elle recouvre de plaques de forme et de dimensions variables. Sa surface, assez régulière, est rendue nettement hispide par la projection des spicules du squelette à travers la membrane limitante externe. Le squelette estconstitué par des spicules à deux pointes (acerate spicula), le plus souvent un peu courbés vers le centre ; ils atteignent 250 # de longueur et 7 à 8 # de largeur. La membrane dermique et toutes les parties d'apparence membraneuse de l'éponge sont couvertes d’une grande quantité de spicules linéaires acérés, 8 fois courbés (éricurvo-acerate), atteignant une longueur moyenne de 50 et de fort petits spicules à deux crochets simples (simple bihamate spicula) dont le grand axe mesure 7 à 8 » environ.
Sans l’étude de la spiculation à l’aide du microscope il serait impossible de déterminer cette éponge, dont les caractères généraux sont aussi ceux des ÆJalichondria angulata et de I. Couchu de Bowerbank ; c’est précisément à cause de sa spiculation que j'ai cru devoir attirer l’attention sur elle.
Halichondria angulata, avec les mêmes spicules du squelette, possède des spicules grêles éricurvo-acerate, mais pas de spicules simple bihamate.
Halichondria Couchii, avec les mêmes spicules du squelette, présente au contraire des spicules simple bihamate ; mais, au lieu de spicules grêles acérés à trois courbures , elle n’a que des spicules grêles acérés droits.
Bowerbank insiste beaucoup surces différences entre A. angulata et ZT. Couchii. L’éponge ici en question diffère de chacune de ces espèces par le point qui la rapproche de l’autre,
Mais, loin d’exagérer la valeur de ces distinctions, je suis assez porté à considérer Amorphina connexa comme représentant la forme typique d’une espèce dont A. angulata Bow. serait une forme privée de spicules bihamate, comme cela se voit dans certains Raphiodesma sordidum (v. cette espèce), et dont Æ. Couchii Bow. serait une autre forme presque complète, ne s’écartant du type qu’en ce que les spicules normalement angulés ne se seraient pas coudés et se présenteraient par conséquent comme des spicules linéaires acérés droits. J’ai aussi trouvé dans Raphiodesma sordidum des exemples de cette anomalie.
Cette supposition semble d'autant plus valable que de cette Amorphina angulata typica (comme on pourrait l’appeler si l’hypothèse étaitadmise), les formes incomplètes Æalichondria angulata et 1. Couchii de Bowerbank n’ont été vues qu’une seule fois (1).
Si pourtant ces considérations devaient être abandonnées et si l'opportunité était reconnue d’établir une troisième espèce, le nom que je propose de donner à l’éponge nouvelle marquerait les rapports étroits qui existent entre elle etles deux Halichondria de Bowerbank.
En résumé : 1° ou bien il n’y a qu’une seule espèce, Amorphina angulata, dont les deux éponges de Bowerbank sont des variétés ;
2° ou bien il y a 3 espèces distinctes : Amorphina angulata, Amorphina Couchii et Amorphina connexa n. sp.
28. AMORPHINA CADUCA. Schm. 1. c., p. 77 (Halichondria caduca Bow. L. c., pl. XLI). — Je rapporte avec quelque doute à cette espèce mal caractérisée un petit échantillon dragué, gris clair à l’état sec.