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DesmACIDON sIMILARIS. Bow. 1. e., pl. LXXXIX. — Dra

() Zeits. w. Z. t XXXV.

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gages à 4 lieues au N. de Luc. Vivante, l’éponge est d’un magnifique rouge orangé.

D. similaris a les plus grandes affinités avec l’espèce précédente, dont elle se distingue cependant par sa couleur;en outre ses spicules sont normalement acués, mais ilarrive souvent que leur extrémité se renfle et qu’ils deviennent subcapités. C’est sans doute par suite d’une confusion causée par la variabilité de ce caractère que Bowerbank a dit avoir vu un échantillon couleur chair de Desmacidon copiosa.

64. DEsmAcIpoN æcGaGropiLa Bow. I. c., pl LXIIL. (Ægagropila varians, Gray, L c., p. 533 ; Esperia œgagropila, Schmidt, 1. c., p. 77.) — Peu commune, dragages ; rouge à l’état frais.

65. CxaLiINA ocuLaTA. Bow. 1. e., pl. LXVI. (Chalinula oculata Schmidt, 4. c., p. 77.) — C’est une des meilleures espèces de la faune de Luc. On la trouve partout au large et chaque coup de vent en jette à la grève un grand nombre d'individus.

Bowerbank dit que, vivante, C. oculata est jaune, teintée de vert.

Dans nos parages, sa couleur naturelle est un rose délicat qui disparaît à l'époque de la reproduction, en juin, parce que l’éponge se remplit alors d’œufs et d’embryons blancs.

66. CHazixaA MoxraGur. Bow. L. e., pl. LX VIII. — Assez rare ; dragages. Elle a souvent le port de ÆReniera simulans; mais elle s’en distingue aisément par sa consistance beaucoup plus molle.

67. CHALINA GRACILENTA. Bow.l. c., pl. LXVII. — Eponge délicate, à fibres minces, couleur jaune pâle, quelquefois brunâtre.

Le Quihoc et dragages. Reproduction en août et septembre.

FIBROSPONGES.

68. Dysipra rRaGiLis. Bow. 1. c., pl. LXIX (Spongelia fragilis,

Schmidt, 1. c., p. 77). — Très commune ; dragages, le Quihoc.

69. VERONGIA ROSEA. Barrois, L c., p. 57. — À Luc, on trouve cette éponge au large.

MYXOSPONCGES.

70. Harisarca DusarDinir. Johnston (Brit. Sp. 1842, p.192). — C’est sur les côtes du Calvados que Dujardin découvrit en 1835 cette éponge à laquelle Johnston a donné son nom.

Très commune au Quihoc et dans les dragages. Deux colorations : blanc pur ou jaunâtre. Très gélatineuse.

71. HALISARCA LOBULARIS. O. Schmidt (1862, p. 80).—Le Quihoc. Consistance plus ferme, semi-cartilagineuse. Œufs et embryons au commencement d'octobre. Les embryons que j'ai vus ne possédaient pas de calotte rouge brun comme ceux décrits par F.-E. Schulze, mais étaient uniformément colorés comme ceux étudiés par Ch. Barrois.

Les recherches de Barrois sur l’embryogénie d’éponges de la Manche ont fait connaître le moment del’année où se reproduisent les quelques espèces dont il est traité dans son ouvrage ; mais, en ce qui concerne l’époque où se multiplient celles de nos éponges communes qui n’ont pas été étudiées en détail, le seul renseignement qui nous ait été donné est contenu dans la phrase suivante du même auteur (1.c., p.2) : « C’est en juin que les produits génitaux de la plupart des éponges de la Manche commencent à mûrir. » Les observations faites à Luc pendant l’été de 1887 permettent de dégager de cette indication vague quelques considérations plus avancées sur ce sujet. Les éponges des côtes du Calvados se reproduisent pendant tout l’été et pendant au moins une partie de Pautomne. A part les genres Ciocalypta et Dysidea, sur lesquels on doit encore faire des réserves, tous les autres genres de spongiaires ont, du commencement de juin à la fin d'octobre, des repré-

sentants en voie de reproduction. Pour chaque espèce, un espace de

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temps assez long s’écoule (deux mois et même davantage) pendant lequelon peut en trouver des spécimens d'abord avec des spermatozoïdes ou des œufs unicellulaires mûrs pour la fécondation, puis, et cela plus longtemps, avec des œufs en segmentation, enfin avec des embryons ; et, bien que toujours on rencontre quelques individus enavance ou en retard, cet espace de temps estrelativement facile à limiter.

Indiquant, pour les espèces qu’il a été possible de suivre, le mois dans lequel la généralité des individus mettent leurs embryons en liberté, le tableau suivant a l’avantage de montrer une succession dans le temps qui peut être de quelque utilité pour Jes recherches futures d’embryogénie :

Juin. — Amorphina panicea.

Juillet. — Chalina oculata, Desmacidon similaris, Ascaltis botryoides, Reniera rosea.

Août. — Halisarca Dujardiniüi, Sycandra et Sycortis ciliata, Reniera simulans.

Septembre. — Amorphina coalita, Amorphina caruncula, Dendoryx incrustans, Raphiodesma sordidum, Microciona armata, Chalina gracilenta, Dictyocylindrus stuposus, Téthya lyncurium, Polymastia robusta.

Octobre. — Ascetta coriacea, Halisarca lobularis, Cliona celata et vastifica, Dictyocylindrus ramosus, Polymastia mammillaris.

Malheureusement, la station maritime de Luc n’étant pas à proximité d'un port, les recherches sur les éponges du large ne sont possibles que pendant la belle saison. Aussi la question n’est pas résolue de savoir si certaines espèces de notre région se reprodui-

sent en hiver.

On a pu voir au catalogue que certaines fusions d’espèces ont été opérées. Conformément aux vues de Carter et de Barrois, j'ai réuni Cliona celata Gr. et Raphyrus Grifithsii Bow. d’une part, et

Reniera rosea et R. cinerea, d'autre part. Des raisons nombreuses

m'ont conduit aussi à rapprocher Cliona vastifica et Cl. northumbrica, et à proposer d'admettre sous la dénomination unique d’4morphina angulata les Halichondria angulata et H. Couchii de Bowerbank, auxquelles on pourrait joindre aussi son Zsodyctia fallaw. Il est certain qu’il y aura à faire beaucoup de retouches à l’admirable monographie anglaise ; on peut dire aussi qu’il reste beaucoup à y ajouter. À cetégard, la région plate et nue comprise entre la Soine et la Seulles n’est pas sans intérêt : bien plus fructueuse serait toute exploration attentive de tant d’autres points de la Man-

che où la côte découpée assure aux animaux des abris convenables.

Jusqu'à une distance considérable au large, la profondeur ne varie pas sensiblement dans toute la région dont nous nous occupons et n'excède jamais 25 brasses ; aussi l'apport de la drague n'offre pas de changements notables dans les excursions lointaines’ Malgré tout, il est encore possible de faire quelques remarques sur la distribution des éponges recueillies.

Le rocher plat appelé le Quihoc, qu’une passe étroite sépare de la terre, découvre un peu à toutes les basses mers des syzygies ; il ne présente sur la plus grande partie de son étendue que des espèces absolument littorales, dont plusieurs se rencontrent même sur la grève, quand la mer ne l’a pas trop ravagée.

Mais aux marées des équinoxes, les parties basses de ce rocher émergent et laissent récolter une foule d’éponges qu'on se procure également dans tous les dragages, aussi loin qu’on les fasse. Quant aux autres espèces, la drague seule peut les fournir, rares dans certains points, communes dans d’autres, suivant la nature du fond bien plutôt que suivant la distance à la terre.

Trois catégories se trouvent ainsi établies :

La première, celle des Eponges littorales, comprend Amorphina caruncula, Amorphina coalita, Renierarosea, Microciona atrasang î-

nea, Desmacidon copiosa. C’est au milieu des représentants de’ces

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espèces que Amorphina panicea, fortement colorée en vert, occupe sa station favorite.

A la seconde catégorie appartient un plus grand nombre d’espèces : Ascetta coriacea, Ascaltis botryoides, Sycortis et Sycandra ciliata, Microciona armata, Amorphina panicea, Suberites ficus, S. sulphurea, S. suberea, Cliona celata, C. vastifica, Dendoryx incrustans, D. Dujardinii, Reniera densa, Raphiodesma sordidum, Chalina gracilenta, Dysidea fragilis, Halisarea Dujardinii, Reniera fucorum.

Enfin il faut citer, composant la dernière catégorie, les Dictyocylindrus, les Polymastia, Tethya lyncurium, Cliona lobata, Amorphina glabra, A.connexa, Dendoryx irregularis et D. nigricans, Chalina oculata et C. Montagqui, quelques Desmacidon et la plupart des Reniera. C'est même toujours à une assez grande distance qu’on a obtenu jusqu’à présent Désmacidon similaris, Reniera Iyndmani et Reniera simulans.

Si l’on vientà rapprocher ces remarques des observations relevées par M. Kæhler, on est frappé des changements d’habitat que peuvent présenter plusieurs Eponges : ainsi Tethya lyncurium est littorale à Jersey et Sark ; Dictyocylindrus ramosus se rencontre à basse mer à Jersey, Guernesey et Herm ; Reniera simulans se trouve dans les mêmes conditions dans ces diverses localités. Chez nous, aucune des trois ne s’approche de la côte.

Une telle comparaison nous donne encore d’autres renseignements précieux. Elle nous montre, par exemple, combien, auprès de la faune des îles Anglo-Normandes, celle que nous étudions est pauvre en Eponges calcaires.

En ce qui concerne les Éponges siliceuses, on constate moins d’inégalité si au catalogue de Kœhler on ajoute les espèces, provenant des mêmes îles, communiquées à Bowerbank par plusieurs naturalistes; mais sur ce point aussi il existe des différences

profondes.

Beaucoup d'espèces de Luc n’ont pas été signalées aux îles

Anglo-Normandes, et beaucoup d’espèces de ces parages ne figurent pas sur la liste que j'ai essayé de dresser. Et, bien qu’on puisse conserver l'espoir que de nouvelles investigations feront découvrir en chacun de ces points la plupart des éponges peu communes qui semblent y manquer, on doit dès à présent admettre que l'identification des deux faunes restera impossible, parce que certaines éponges qui, par leur taille et la fixité de leurs caractères, ne sauraient échapper à l’observation, auraient certainementété déjà recueillies de part et d’autre, si leur absence n’était complète dans l’une des deux régions comparées.

Par ces motifs, il est présumable que Geodia Zetlandica, Pachymatisma johnstonia et Reniera infundibuliformis n'habitent pas la côte du Calvados et que, au contraire, Ciocalypta penicillus, Dictyocylindrus hispidus, Chalina oculata, etce., n’existent pas aux îles Anglo-Normandes.

Mais ce qui est encore plus digne de remarque, c'est que certaines éponges qui sont extrêmement rares en ce dernier point, si même elles n’y manquent absolument, sont assez abondantes à Luc pour qu’on soit sûr de les rencontrer dans tous les dragages. Ce sont surtout :

Chalina oculata.

Dysidea fragilis.

Polymastia robusta.

Dictyocylindrus hispidus.

Ces espèces, toutes reconnaissablesau simple aspect, peuvent : être: considérées comme caractéristiques de la faune des Spongiai-

res de Luc.

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