HISTORIQUE
L'affection que nous étudions n’a pas été isolée avant l’année 1875. Jusqu'à cette époque, toutes les côlites chroniques ont été considérées comme d’origine tuberculeuse ou dysentérique et traitées comme tel.
C’est en 1875 que deux auteurs américains, Wilks et Maxon, parlent la première fois de la côlite ulcéreuse chronique comme entité morbide, isolable comme lésion anatomique, signes cliniques et même au point de vue étiologique.
En 1888 la question est remise à l’ordre du jour par White qui ayant observé aussi quelques cas identiques, confirme le point de vue de ses prédécesseurs. Entretemps, ces différents auteurs ont entrepris des travaux pour dépister l’agent pathogène spécifique. Il fallait s’y attendre, le champ était ainsi ouvert à toutes sortes d’hypothèses,.
Il est en effet évident que dans cette « fosse d’aisance de l’organisme » comme on appelle le côlon, en considérant son rôle d’organe vecteur des résidus de la digestion, on soit arrivé à trouver des centaines de sortes de microbes différents pouvant chacune être incriminée.
La question semble être arrivée un peu à l’arrière-plan dans les années qui ont suivi et ce n’est qu’en 1917 que des différents auteurs, surtout américains, se sont de nouveau activement occupés de la question.
Ils ont entrepris de préciser Ne tableaux cliniques de la côlite ulcéreuse chronique, d'étudier ses formes cliniques, son évolution, l’étiologie, le traitement médical et chirurgical.
ETIOLOGIE.
Les opinions des différents auteurs qui ont étudié surtout la côlite ulcéreuse chronique sont très divergentes et les recherches récentes n’ont pas pu éclaircir cette question.
À cause de l’analogie avec d’autres côlites chroniques on a invoqué comme cause la tuberculose, la syphilis, l’actinomycose, la paratyphoiïde et la constipation chronique.
Les auteurs américains, Hurst A. F. et autres ont émis ces hypothèses se basant sur une grande statistique et ils ont exposé leur point de vue respectif dans le travail: Discussion on ulcerative colitis.
Wilks, Maxon, White et Bargen ont isolé un microbe au fond de l’ulcération colique qu’ils considèrent comme spécifique et pathogène. C’est un diplo-streptocoque à Gram positif. Il a une forme caractéristique et se présente en chaïînettes. Ils ont trouvé le même microbe dans les amygdales palatines. La culture de ce diplo-streptocoque injecté au cobaye et au chien (Bargen) produit des lésions caractéristiques de la côlite ulcéreuse chronique.
L'infection arrive au côlon par deux voies: la voie sanguime et la voie digestive.
Comme cause adjuvante on admet généralement la stase colique et la mauvaise évacuation.
C’est la constipation opiniâtre qui entretient la côlite sans la créer, comme l’ont pensé les anciens auteurs. Il se forme un cercle vicieux: «la maladie n’a plus
aucune tendance spontanée à guérir, la constipation secondaire entretient indéfiniment l’inflammation chronique de la muqueuse du cêlon. »
Les cas observés à la clinique chirurgicale B ne aous permettent pas d'émettre un point de vue personnel au sujet de la bactériologie de cette affection, mais nous croyons avec les auteurs cités qu’il s’agit bien d’une entité morbide bien définie qui nécessite cependant encore une étude très approfondie.
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