OBSERVATION V
Le malade, âgé de 35 ans, entre à l'hôpital pour une volumineuse hernie inguinale gauche. La hernie aurait apparu il y a quelques années, à l’occasion d’un effort, maïs elle n’est devenue gênante que depuis deux ou trois semaines.
Il s’agit en effet d’une grosse hernie scrotale gênant la marche et déterminant un léger état de constipation. Le malade a un excellent état général, mais présente une bronchite chronique contractée pendant la guerre. On intervient donc sous anesthésie au chloroforme, on pratique une cure radicale de la hernie.
Tout se passe dans d'excellentes conditions, mais dès le lendemain de l'intervention, le malade tousse avec une expectoration muco-purulente et montre une légère dyspnée. L'examen physique permet de découvrir des râles sonores disséminés dans les deux poumons, sans foyer de râles humides. Le cœur est rapide et le foie semble augmenter de volume.
Par un traitement banal dirigé contre la bronchite et surtout contre la décompensation cardiaque, au bout de huit jours, tout rentre dans l’ordre. Notons toutefois, que malgré que le malade ait eu de nombreuses poussées de
bronchite depuis une dizaine d’années, c’est la première fois
Ou que des manifestations d'ordre cardiaque sont apparues : dyspnée, tachycardie, hépatomégalie. Il est donc à craindre que l'intervention n'ait pas déclenché chez lui une insuffisance cardiaque.
Il s’agissait, somme toute, d'une poussée de bronchite chez un scléreux pulmonaire, avec petite insuffisance car-
diaque.
OBsERVATION VI
Il s’agit d’un malade, M. R.., âgé der ans, fonctionnaire qui est opéré d'urgence à l'hôpital Péan d’une perforation d'ulcère gastrique. Pris de douleurs épigastriques violentes à 3 heures de l'après-midi, il est opéré à {4 heures et demie dans les meilleures conditions.
Anesthésie générale à l’éther. Après incision médiane sus-ombilicale, le diagnostic d’ulcère perforé est confirmé le péritoine est rempli des aliments ingérés au repas du midi. Mais au lieu d’une petite perforation que l’on croyait trouver, puisque les antécédents gastriques du malade ne remontent qu’à quelques mois, on se trouve en face d’un antre pylorique ramolli présentant sur sa face antérieure une perforation à bords déchiquetés et plusieurs zones très amincies transparentes. Tout cela, sans beaucoup d’adhérences.
On décide de pratiquer rapidement une amputation du pylore et de faire à partir de la tranche gastrique supérieure une gastro-entérostomie. On ferme le bout duodénal. Drainage sus-pubien.
Pendant deux jours après l’intervention, la température
reste élevée et l’état général du malade semble fortement
68/2 frappé. Le troisième jour, apparition d'un point de côté, avec température montant rapidement à 4o02. Dyspnée vive, facies vultueux, langue sèche. Les urines deviennent rares. #
Dosage d’urée, montre o gr. 60.
Le cinquième jour après l'intervention, apparaissent les signes physiques d'une pneumonie du lobe supérieur droit : matité, râles fins, souffle tubaire. Les signes fonctionnels violents du début ont été calmés, mais la dyspnée reste encore importante. Pendant quatre jourson peut croire à l'existence d’une pneumonie franche, mais à ce moment-là apparaît un second foyer à la base ‘droite. La température qui a été oscillante entre 3905 et 389, remonte en plateau aux environs de 4o°. Le foyer de la base droite est mate, avec de gros râles humides et sans souffle. Une ponction exploratrice pleurale reste blanche. On fait un traitement révulsif local, un traitement anti-infectieux par de lélectrargol et de la digitaline.
Exactement le neuvième jour à partir du début de la pneumopathie, la température descend à 3:05, les urines deviennent abondantes et le malade se sent mieux. En effet, dans les jours suivants, on constate la disparition des signes du lobe supérieur droit. La température reste entre 3705 et 3895 et la matité de la base droite reste toujours aussi franche. Le malade netousse plus, ne crache plus et sa dyspnée a à peu près complètement disparu.
Quinze jours après l'intervention, on a pu pratiquer une radiographie qui montre l’opacité diffuse de tout le lobe inférieur droit dans laquelle on croit distinguer une zone
arrondie encore plus sombre.
RS
Enieffet, peu à peu, la température devient oscillante, le facies est celui d’un infecté. Un examen de sang montre une leucocytose de 40.000 avec grosse prédominance polynucléaire. Get état persiste pendant trois semaines, lorsque un . matin subitement, le malade fait une vomique. Il s’agit d’une ‘grande vomique avec début impressionnant avec quelques crachats striés de sang, puis des crachats abondants viennent constitués par du pus.
L'examen bactériologique de ces crachats les montre constitués de polynucléaires altérés et d’une flore presque pure de pneumocoques. Pendant deux jours, le malade crache abondamment, mais les crachats restent purulents pendant les huit jours qui suivent.
À partir du jour de la vomique, la température est descendue à la normale. L'examen physique permet de constater un syndrome caverneux tout à fait typique : matité, souffle, gargouillement. La radiographie pratiquée quatre jours après le début de la vomique montre une cavité hydro-aérique ovalaire à grand axe allongé longitudinalement. C’est done bien un abcès du poumon et non pas une pleurésie interlobaire.
Une dizaine de jours aprèsla vomique, les crachats ont à peu près complètement disparu. La température est redevenue à la normale, l’état général est excellent. On ne veut cependant pas croire à la guérison, jusqu’au jour où la radiographie ne montre plus qu’une opacité floue de la base droite. |
Le malade quittel’hôpital six semaines après l’intervention. Une nouvelle radiographie, pratiquée trois mois après
les accidents montre encore une capacité difluse de la base B. Renault 5