‹ Contribution à l'Étude des Complications Vertébrales de la MélitococcieChapitre 10 sur 35 · LES COMPLICATIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

LES COMPLICATIONS NERVEUSES

Il est évident que de pareilles arthropathies lombaires, étant donné les rapports anatomiques intimes existant entre le canal osseux et son contenu nerveux, ne tarderont pas à retentir sur le système cérébro-spinal.

Les signes nerveux seront occasionnés :

— Soit par une irritation des racines nerveuses au voisinage de l’inflammation;

CES à RAS

— Soit à une compression provoquée par des abcès ou par un affaissement vertébral;

— Soit, enfin, à une atteinte directe de la moelle par le Brucella melitensis (ce dernier cas sortant du cadre de notre sujet, nous n’entreprendrons pas son étude par la suite).

Irritation funiculaire.

En faveur de cette irritation funiculaire nous noterons:

— La contracture des muscles vertébraux (Obs. IV);

— L’aggravation de l’algie sous l'influence des inflexions rachidiennes ;

— Les irritations douloureuses non symétriques des deux membres;

— Le signe de Lassègue est très souvent positif.

Irritation pyramidale.

Dans certains cas, nous pouvons nous trouver en présence d’une irritation pyramidale. Nos malades ressentiront une légère impotence au niveau des membres inférieurs. Mais cette détermination est plus attribuable à l’al: gie elle-même qu’à une véritable diminution de la force.

Souvent, nous remarquerons (comme dans le cas de notre observation n° 2) une abolition des réflexes rotuliens.

Les achilléens sont, en général, vifs; quant aux réflexes cutanés, ils sont normaux. |

Nous pouvons aussi rencontrer ou ne pas rencontrer d’atrophies musculaires.

Ve 50e

Ordinairement, les troubles sensitifs consistant en anesthésies ou hypoesthésies n’existent pas. Malheureusement, nous pouvons trouver parfois des troubles neurologiques beaucoup plus graves. Notre observation n° 2 en est un exemple.

Un autre exemple nous est communiqué par BRAUC.

Il s’agit d’une jeune acrobate qui, durant un séjour à Malte, contracte une fièvre méditerranéenne.

Durant neuf mois, le malade ressent de la température; puis, brusquement, survient une faiblesse au niveau de la main droite, faiblesse qui ne tardera pas à gagner la main gauche... [1 se produira ensuite une atrophie des muscles de l’épaule avec fonte de l’éminence thénar gauche.

Les réflexes sont normaux au niveau des membres supérieurs, au niveau des membres inférieurs, outre une atrophie légère des cuisses nous remarquons un Babinsky bilatéral; l’examen radiologique de la colonne vertébrale devait noter des lésions destructives au niveau de C5, C6,

C7 et DI.

Les signes nerveux dus à des compressions médullaires sont relativement rares au cours du pseudo mal de Pott mélitocoecique. Ils apparaissent tardivement et débutent par de la rachialgie, des douleurs en ceinture d’origine radiculaire. Puis, progressivement, en quelques semaines ou quelques mois, apparaît une paraplégie spasmodique avec trouble sphinctériens, réflexes de défense, anesthésie à limite fixe.

Le blocage au Quequenstedt est net. Ce blocage est dû, en général, à un feutrage arachnoïdien ou à une formation - kystique purulente contenant ou ne contenant pas du mélitocoque.

M°° Müzarp, de Montpellier, a publié dans sa thèse un cas réellement remarquable de compression médullaire que nous allons rappeler par la suite.

Il s'agissait d’une femme de 45 ans ayant ressenti trois mois après un épisode infectieux, une asthénie profonde et de nombreuses sueurs nocturnes.

Cette femme avait présenté deux épisodes d’allure méningée avec céphalée, diplopie, etc.., l’un ayant duré quarante-huit heures, l’autre plus traînant, compliqué de violentes douleurs articulaires et de parésie du membre inférieur gauche.

Les douleurs devaient ensuite diminuer considérablement et la parésie s’accentuer lentement.

Mais, trois mois après le début des signes nerveux, on pouvait constater une paraplégie flasque à peu près complète avec diminution des réflexes tendineux, présence d’un Babinski bilatéral, rétention d’urines, abolition de la sensibilité s’arrêtant à l’ombilic, douleur rachidienne à la percussion de D3 à D8, LCR xanthochromique avec blocage complet au Quequenstedt-stoockey, séro-diagnostic malte du LCR positif à 1/500, dissociation albumino- -Cyt0logique.

La laminectomie de D2 à D4 montrait une dure-mère distendue. Une ponction retirait un centimètre cube et demi de pus bien lié, chocolat clair. Ce pus, ensemencé, devait montrer des cultures de mélitensis. À l’ouverture de la dure-mère, feutrage arachnoïdien serré qu’on essaie de dilacérer, moelle rouge et congestionnée.

L’état de la malade devait s’aggraver ét la mort survenir cinq semaines après l'intervention,

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