‹ Contribution à l'Étude des Complications Vertébrales de la MélitococcieChapitre 29 sur 35 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

S.. (Narcisse), 57 ans, entre dans le service de M. ie Docteur Puic le 22 septembre 1945. Ne présente aucun antécédent particulier. Il ‘est atteint de fièvre de Malte depuis quatre mois. Son admission à l’Hôpital de Perpignan est motivée par la présence de deux complications de la maladie :

— Une orchite gauche depuis quinze jours;

— Une spondylite cervicale localisée à C3, C4, C5 et C6.

L'examen général ne révèle rien de spécial en dehors de ces deux manifestations. Le malade est un peu fébrile en ce moment.

Le séro-diagnostic Malte est très ter positif.

L’orchite a évolué normalement vers la guérison. Voici qu’elle a été l’évolution de la spondylite :

À l'entrée. — Les douleurs sont nettes au niveau de C6 surtout à la pression. Le malade éprouve des difficultés à mobiliser son cou. Tous ses mouvements sont douloureux. De plus, il existe des douleurs irradiées vers les membres supérieurs. On ne note aucun signe objectif, pas de modification importante de la sensibilité objective, pas de trouble des réflexes.

Deux ponctions lombaires pratiquées à trois mois de distance ne montrèrent aucune anomalie du liquide cé- . phalo-rachidien.

MAD, de

Evolution. — Les douleurs sont peu intenses, assez aisément calmées et d’ailleurs s’apaisent au bout de quelques jours si bien que l’on ne fait aucun traitement particulier.

Ce n’est qu’un mois plus tard que l’on pratique un traitement diathermique sédatif. À ce moment-là, les douleurs ressemblent surtout à celles du rhumatisme verté-

bral banal.

En novembre, elles redeviennent plus aiguës en même temps que la fièvre remonte, indiquant une reprise d’activité de la maladie.

Alors que S... était, en octobre, à peu près apyrétique, il présente maintenant une température de 38°5 presque chaque jour. Il souffre beaucoup plus et les clichés montrent une aggravation lente des lésions. :

On se décide à placer une minerve pour éviter des compressions nerveuses désagréables. Elle est laissée un mois pendant lequel le malade souffre très peu.

. Au bout d’un mois ,la minerve est enlevée et S... paraît guéri. Il ne souffre presque plus, ni localement ni au niveau des membres supérieurs. Il restera encore presque trois mois dans le service et partira sans avoir eu de rechute thermique ou douloureuse.

Radiologiquement :

Les clichés ont montré : A lPentrée, des lésions de C3, C4, C5, C6. Ces lésions se sont peu à peu aggravées. C’est en novembre qu’elles ont atteint leur acmé. À ce moment, voici ce que l’on peut noter : |

Noter les ulcérations très nettes au bord inférieur de CO, et de l’angle supérieur de C; avec disparition presque complète de l’interligne et un certain degré de luxation de C'en avant. | Noter aussi l’aspect flou, déchiqueté, de ces vertèbres ne L’interligne CC; est pincé.

De face : Aspect décalcifié, flou, avec interlignes flous, notamment au niveau de C3, C4, C5, C6.

De profil : On note des ulcérations très nettes du bord inférieur de C3 de l’angle supérieur de C4 avec disparition presque complète de l’interligne et un certain degré de luxation de C4 en avant. Ce qui est remarquable. c’est l’aspect déchiqueté, flou, de ces vertèbres.

L’interligne C4, C5, est à peu près normal malgré les lésions de C5 à peu près analogues et même plus intenses que celles des deux vertèbres sus-jacentes.

L’interligne C5, C6 est véritablement-pincé avec exostoses des surfaces au contact. &

Un mois plus tard, l’aspect radiologique est sensible: ment le même. 4

Le malade est parti, ne souffrant plus du tout, mais :' n’a- pas été radiographié depuis février 1946.

Radiographie prise le 14 janvier 1948.

Noter le léger pincement du disque intervertébral entre C, et C et le léger flou du bord de ces vertèbres.

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