HISTORIQUE DE LA QUESTION ET DÉFINITION DU PSEUDO POTT
Si l'étude de la localisation vertébrale de la fièvre méditerranéenne a pris un gros essor, ces temps derniers, grâce à l’étude des auteurs montpelliérens LAPEYRE, JamBon et RimBauD et des auteurs marseillais tels que RoGER et POURSINES, il n’en est pas moins vrai que ce problème passionnant hantait depuis longtemps déjà la curiosité de nombre de médecins.
Dès 1909, CanNTALOUBE publiait une statistique basée sur deux cents cas d’où il ressortait que l'atteinte articulaire mélitococcique se manifeste dans un tiers des cas au niveau de l’interligne sacro-iliaque, dans un quart des cas au niveau des genoux, une fois sur six au niveau des épaules et en quatrième lieu au niveau des vertèbres lombaires.
En 1913, TroLLA et CANTIERI décrivent des abcès spontanés de la fosse iliaque dus à la fièvre ondulante.
La rigidité vertébrale et la douleur à la pression des apophyses vertébrales permettaient d’affirmer l’origine rachidienne de ces abcès froids.
Nous devons atiendre l’année 1926 pour voir paraître la première étude vraiment importante réalisée sur le pseudo mal de Pott mélitococcique. Dans cette étude, dûe à Marcelle MARTIN, nous pouvons lire cinq “observations particulièrement intéressantes de cette maladie.
La D EE
En 1933, M. le Docteur RimMBAUD, professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, publie le cas d’un cultivateur de 48 ans, présentant à l’occasion d’une mélitococcie, six mois après le début de sa maladie, une spondylite lombaire particulièrement douloureuse et tenace sans autre manifestation qu'une abolition des réflexes achilléens.
La radiographie lombaire montre une image pathologique importante : Disparition du disque L2 L3, les corps vertébraux correspondants étant le siège d’une ostéite particulièrement accusée sur le bord droit el ayant entraîné une légère scoliose.
De profil, le bord antérieur de L2 est très irrégulier et sans décalcification.
Une année plus tard, en 1934, MARTIN, élève de Rim- BAUD, consacre sa thèse à ce que son Maître propose de désigner le mal de Pott mélitococcique.
Cette terminologie adoptée par l’école de Montpellier est-elle exacte ? Personnellement, nous ne le trouvons pas: Elle risque, en effet, de prêter à confusion avec l’ostéo- arthrite vertébrale; nous nous rangeons donc du côté de M: le Professeur ROGER pour appeller Pseudo Pott la localisation du mélitocoque au niveau de la colonne vertébrale et nous définirons ce pseudo Pott comme étant les aspects de la spondylite mélitococcique susceptibles, en raison d’un symptôme ou d’un autre, de faire penser au mal de Pott.….
D'ailleurs, si nous acceptions le terme de M. le Professeur RIMBAUD, pourquoi ne parlerions-nous pas de mal de Pott typhique, de mal de Pott streptococcique ou staphylococcique ?