CHAPITRE III
Les Hypoprothrombinémies
Avant d'aborder ce chapitre, consacré à l’étude des diverses hypoprothrombinémies, nous voulons rapidement résumer les notions, maintenant classiques, sur le mode ‘d'action de la vitamine K dans l’organisme.
VITAMINE-K ET PROTHROMBINE :
En 1929, Dam (33) mettait en évidence chez le poulet un état hémorragipare guéri par une substance vitaminique qu'Almquist (1) devait identifier par la suite. Ce corps fut appelé vitamine K. A l'heure actuelle, on connait deux vitamines K (KI et K2) chimiquement définies. Dam donna une définition physiologique de l'unité vitaminique K.
La vitamine K est absorbée dans l'intestin et passe dans le foie. C'est dans cet organe que se forme la prothrombine, Il n’est pas encore certain que la vitamine K entre dans la composition de la prothrombine, bien que Nyons ait défendu cette théorie ; il est possible qu’elle joue seulement, dans la synthèse de ce corps, le rôle de catalyseur obligatoire. La présence de bile est nécessaire à Pabsorption intestinale de la vitamine K; les états pathologiques entraînant la rétention biliaire amèneront donc une chute du taux de prothrombine. L'intégrité du parenchyme hépathique joue aussi un rôle important dans la synthèse de la prothrombine à partir de la vitamine K. Il est probable que certaines bactéries intestinales sont capables de synthétiser le noyau naphtoquinone de la vitamine K 2; l’ingestion de produits tels que la sulfaguanidine est done capable d'entraîner des hypoprothrombinémies, en stérilisant le milieu intestinal. (18). Enfin, certains corps semblent