‹ Contribution à l'étude des composants de la Prothrombine dans le cadre de la Théorie enzymatique de la coagulationChapitre 27 sur 60 · LES HÉPATITES · texte numérisé non relu

LES HÉPATITES

Les hépatites sont une cause fréquente d'hypoprothrombinémies et les cirrhoses sont capables d'abaisser le taux de prothrombine au-dessous de 20 P. 100. Bien que ce taux soit la limite Supérieure de la zone hémorragique, il

ne semble pas que ces hypoprothrombinémies déterminent les hémorragies des cirrhotiques dont elles seraient seulement un facteur favorisant. Dans certains ictères bénins, il faut faire la part de l'hépatite et de la rétention; cliniquement, des selles peu décolorées peuvent expliquer un taux de prothrombine normal et la recherche de l’augmentation de ce taux après injection de vitamine K au malade peut mettre en évidence soit l'hépatite, soit la rétention ; en effet, si la rétention existe seule, l’injection de vitamine K rétablit le taux normal de prothrombine, au contraire en cas d’hépatite le temps de Quick ne change pas (°).

— /LA DICOUMARINE :

. Depuis quelques années, la connaissance des dérivés de la coumarine à permis de mettre en évidence un type un peu particulier d'hypoprothrombinémie ; longtemps considérée comme un toxique, agissant électivement sur le foie, la 3-3-méthylène-bis 4-hydroxycoumarine semble rentrer, d’après Witts (131) dans la catégorie des antivitamines. La dicoumarine déplacerait la vitamine K des complexes qu’elle donne au niveau du foie avec les enzymes formateurs de la prothrombine. Une certaine identité de structure dans la formule des deux corps semble accréditer cette théorie.

Linck a étendu cette conception à l'acide salicytique et à ses dérivés mais les doses actives sont alors très fortes ; Quick, d’ailleurs, ne semble pas partisan d'étendre à ces corps la théorie de Witts sur les antivitamines.

L’intoxication thérapeutique par la dicoumarine est mantenant entrée dans la pratique courante pour la prévention et le traitement des phlébites (Laville-70). Field (51) a montré que, chez les rats, la dicoumarine et l’acide salicylique pouvaient, étant ingérés par la mère, déterminer des hypoprothrombinémies chez les petits qu’elle allaite. Il serait done recommandable de suivre le taux de prothrombine chez les nouveaux-nés nourris par une mère qui reçoit du dicoumarol.

A ces hypoprothrombinémies d'origine hépatique, il faut ajouter l'hypoprothrombinémie des cardiaques qui serait due à la stase hépatique et aux lésions parenchyma-

(*) Pour pratiquer ce tests, nous conseillons d'employer la vitamine K hydrosoluble en injection intraveineuse (Synkovit) où à défaut un mélange de vitamine K et de sels biliaires à prendre per 05.

teuses fréquentes surtout dans l’asystolie. Un traitement toni-cardiaque permettrait de faire disparaître l’hypoprothrombinémie due à la stase mais non celle qui provient de l’hépatite surajoutée.

d) HYPOPROTHROMBINÉMIES DE CAUSES INCONNUES

Il existe un certain nombre d’'hypoprothrombinémies dont la pathogénie nous échappe. Les unes se rencontrent au cours de maladies générales comme tuberculose, anémies pernicieuses, les autres sans que le sujet présente aucun trouble associé. Dans cette dernière catégorie, l’hypoprothrombinémie est dite idiopathique (13-86) : le taux de pro” thrombine étant généralement situé autour de 40 p. 100, il n'existe pas de troubles de la crase sanguine et le diagnostic se fait seulement à l'occasion d’un examen Systématique. Quick (107) à décrit une forme congénitale et héréditaire entrant dans le cadre des hypoprothrombinémies idiopathiques.

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