‹ Contribution à l'étude des composants de la Prothrombine dans le cadre de la Théorie enzymatique de la coagulationChapitre 28 sur 60 · ETUDE DE LA PROTHROMBINE DANS LES HY- POPROTHROMBINEMIES · texte numérisé non relu

ETUDE DE LA PROTHROMBINE DANS LES HY- POPROTHROMBINEMIES

Nous avons vu (chapitre L) que là prothrombine était un complexe de deux facteur A et B unis par le calcium : certains auteurs considèrent que, seul, le facteur B, est la protkrombine, le facteur A Correspondrait à la tryptase plasmatique. Pour simplifier une étude extrêmement complexe nous n’utiliserons, dans la suite de ce chapitre, que les termes de composants (facteurs) A et B.

Quick à montré (104) que l'hypoprothrombinémie due à la conservation d'un plasma et celle causée par la dicoumarine, n'avaient pas, pour origine, la diminution simultanée des deux composants, mais dépendaient du COMPOsant B dans les plasmas de sujets dicoumarinés.

Reprenant cette étude, nous avons recherché si l'hypoprothrombinémie d’origine hépatique provient de l'abaïssement conjugué des deux facteurs où seulement d'un seul et, dans ce Cas, pour l'identifier, nous allons utiliser Ja technique suivante dont le principe est de mélanger des plasmas hypoprothrombinémiques à des plasmas NOTMAUX, | CONServÉs (Sans facteur A) ou hypoprothrombinémiques. ons ue OUI dans 1 Mn ls, méme propos

Q s NO: ‘langes, principe est le même : on

FRITD es

délermine le temps de Quick de deux plasmas dont les caractéristiques sont connues.

On mélange ces deux plasmas en mettant partiés égales de chacun.

On détermine le temps de Quick du mélange.

a) HYPOPROTHROMBINÉMIES D'ORIGINE HÉPATIQUE :

’ar définition, le facteur A disparaît lorsque le plasma est conservé en glacière; si le temps de Quick du mélange, plasma conservé, plasma provenant d’un hépatique, est plus rapide que celui de chacun des plasmas compo-

Temps Fe Caractéristiques Temps | Plasmas| Temps de “ie e ü ; e ne des plasmas de conser- de Quick OueE AC hépatiques Quick vés Quick du k mélange normal 1 | Spirochétose ictérohémorragique ..... 17e b -jours|-21 14” 163 2 | Ictère par rétention.| 18” 5 jours] 27” 14° 4 16” + 3 | Ictère par rétention.| 17° 4 HMOUES IR 14” CRE 4 | Syndrome ictéro-as- VOIES REC 20” Di Ours C0 1422 163 5 Méta rec ESS 20” 10 jours| 30” 16” 16" 1 6 | f[ctère par rétention.| 20” jours" 18" 16” 16” 7 | Hépatite grave aVecHiCIérens... D" 4 jours| 21” 15” à 153 8 | Ictère infectieux bé- MUR ne 2e «2e au 14” DLIDUTST 28. 11° 12" 4 8 | Ictère infectueux bé.

DR dan sf 22 DUNOUrTS|L022" 16” 19" 8 | Ictère infectieux béser DE DO 6 jours| 29” 16” 192 TARDE POST Lee adore 17e 7 jours] 26” 14" 15" 10 | Hépatite chez un Cardiaquen Tr re. 19% G jours| "20" 18 15e

Tableau montrant les résultats de mélanges plasma d'hépalique plus plasma conservé,

ur dd

sants, c'est que chacun d'eux contient le facteur qui fait défaut à l’autre.

Le plasma conservé apportant le facteur B, il s’en suit que l’hypoprothrombinémie des hépatiques sera caractérisée par un manque de composant B et un facteur À normal. C'est ce que montre le tableau 1.

Nous voyons donc que le mélange d'un plasma d'hépatique avec un plasma conservé donne un temps de Quick au moins égal à la nomale, c'est-à-dire que lAypoprothrom binémie des hépatiques est causée par une déficience du composant B.

Nous ne pouvions, toutefois, manquer d’être frappé par les temps de Quick très courts que nous obtenions et qui, bien souvent, étaient inférieurs à la notmale. Il importait de savoir sous quelle influence se produisait cette hyperprothrombinémie artificielle. Ayant éliminé facilement les facteurs thromboplastiques puisque les variations de leur pouvoir activant ne changent pas l'aspect du phénomêne, pous avons cherché à savoir si ces réactions étaient

TABLEAU 2 EEE

Pr e Temps Caractéristiques lemps Plasmas| Temps “> Temps N: des plasmas de |N:| conser- de Quick = hépatiques Quick vés Quick “du sue * és DÉSAELES normal ee mélange 15! Ictère infectieux bé- MIT ANA A 104 9] 7 jours] 26” 16" 1 15° 10 Hé Ie Tes Ho) 9| 8 jours| 28” LE 15 15| Ictère infectieux bé- AE AR ECO ile 9] 7 jours] 26” 14” 15ù 10 MHépatER re 198 JMS FQUTS ELA 182 153 12} Ictère par rétention] 17° 1 3| "5 jours! !,28” le 153 18| Iclère par rétention] 17” 3] 9 jours] 28" 16” 151 13! Ictère catarrhal ....| 1724 4! 2 jours| 17” 14” 15” 4 2 : L o 18] Ictère catarrhal ....| 17" 4IMerours| 017% 13° & 15° 4

Tableau montrant que le plasma conservé est la cause des hyperprothrombinémies artificielles

sous la dépendance du plasma conservé où du plasma hypoprothrombinémique.

Le tableau 2 montre que le plasma conservé, c’est-adire celui qui apporte le facteur B. est probablement seul en cause.

Il nous reste encore à montrer que le facteur B est non seulement suffisant pour ramener une hypoprothrombinémie d'origine hépatique à un taux normal, mais encore que, seul, il est capable de relever le taux de prothrombine du mélange.

Le mélange de deux plasmas hypoprothrombinémiques frais, donc diminués tous deux en facteur B, restera inactif; c’est ce que montre le tableau 3.

Temps l Temps ; Temps de ; Temps Premier plasma Deuxième plasma : de che de mis de Quick Quick ‘patique Pate épatique DA ; ee patiq Quick PAT Quick du ral mélange Ictère par réten- Done Er 174 CITPNOS CR 7e 20” 17°” à 16” Spirochétose icté- Ictère par rétenro-hémorragique| 17° à ON PSN eee ts 18” 16” 1 Ictère par réten- HOME 18” EPA Item er Re IG 17 à 16” À

Tableau montrant que le mélange de deux plasmas hypoprothromhinémiques frais ne diminue pas le temps de Quick moyens des plasmas

De plus, si un plasma hypoprothrombinémique provenant d'un hépatique est conservé, son taux ne peut plus être rétabli par un plasma conservé normal; en effet, 1e plasma hypoprothrombinémique conservé n’a plus ni facteur A, ni facteur B ; le tableau 4 illustre ce fait.

L'ensemble des recherches que nous venons d'exposer nous permet d'établir deux points :

Le premier est que pour ramener un taux de prothrombine à 100 p. 100 en mélangeant deux plasmas ayant

SEAT Rp

h j Re) A1, U des temps de Quick augmentés, il faut que chacun deux apporte à l'autre le facteur qui lui fait défaut. Un plasma

Temps . : TT Du Pr = my " à ] Caractéristiques Temps | Plasmas| Temps a ns N- des plasmas : de conser- de | E Quick hépatiques Quick vés Quick Re normal mélange 4 | Syndrome ictéroas-| 3 2 > CLIP ER NE REC 2 OM 2 OUrTS I et 28 16” 19 lictère par rétentioæ. | 32” 8 jours] 21” 24” 174 OCT DSCN PRET DU SJOUTS Re 26” + 152% n . + FE O1 F5 À 18 | Ictère catarrhal ....| 26 4 -jours| 21 21 15” 4 202 HÉpPaltemMERreee 30% 5 jours|- 29” Si. 19 2IMMICLOTE RS TANC Er. dite 1 jOurs | 267 Sr 15”

conservé, dont le facteur A à seul disparu, apporte un excès de facteur B. Un plasma hypoprothrombinémique dont ‘e composant B est seul diminué, apporte une certaine quantité de composant A libre, c'est-à-dire en excès sur le facteur B. Le mélange de chacun de ces plasmas en égale quantité aura un taux proche de la normale.

Le second est que dans les hypoprothrombinémies dues à l'insuffisance hépatique qu'elle qu'en soit la Cause, le facteur B est seul diminué.

D) HYPOPROTHOMBINÉMIES DUES AU DICOUMAROL :

Ces hypoprothrombinémies, se reproduisant facilement sur des animaux d'expérience, ont été mieux étudiées au point de théorique que les hypoprothrombinémies des hépatiques qui sont pourtant connues depuis plus longtemps. Quick (104) et O’Neal et Lam (95 bis) ont montré que, dans ce cas aussi, seul le composant B était diminué.

Les résultats que nous avons obtenus confirment entièrement ceux trouvés jusqu'alors: nous en donnons un résumé dans le tableau 5.

Les mesures rapportées dans le tableau 5 concordent sensiblement avec celles du tableau 1, et nous pouvons faire à peu près les mêmes constatations. que précédemment sur les hyperprothrombinémies artificielles.

ST

Temps

Temps | Plasmas!| Temps de Temps Dose < Ë de N° de conser- ac Quick Oui de Dicouimarol We Sr ans CK Ë Quick vés Quick du normal mélange 1 | S00 mgr. phlébite Diagn. : phlébite AE 4 jours| 27” 19% 16” 3 | 500 mgr.

Diagn. : phlébite 18" 15 jours! 35” iles de 8 | 500 mer Diàen. : thrombosel| 13° ACER 11e 12" 4 8 | 500 mgr.

Diagn. : thrompbose| 21” 6 jours|. 29° 16” 19° 11] 500 mer.

Diagn, : oblitération ATTÉTIONE Ant rec LAS SOUS et 14" 14” 1 12| 690 megr.

Préventivement ....| 15° 7 jours] 26” 14° 14” 1 14! 500 mer.

Diagn. : thrombose| 17” 8 jours| 29” 144 15” 5 | 900 mgr.

Diagn. : {hrombose| 26” + 3 jours| 20” 18” 16”

Tableau montrant les résultats de mélanges plasma dicoumariné plus plasma conservé.

LE FIBRINOGENE DANS LES HYPOPROTHROM- BINEMIES :

Dans une étude récente, Nitshe (ST) a montré que le taux du fibrinogène présentait une assez grande importance dans le dosage de la prothrombine. Lavergne, en 1945 (69) avait déjà attiré l'attention sur ce point ; mais il avait attribué à l'hypoñibrinémie l'augmentation du temps de Quick des plasmas conservés, ce qui est erroné ainsi que Quick devait le montrer (106). Il n’en est pas moins vrai que les hypofbrinémies accentuées peuvent influer sur le dosage de la prothrombine par la méthode de Quick et risque d’allonger le temps trouvé. Ceci peut même justifier, dans une certaine mesure, le dosage du plasma hypofibrinémique

après dilution dans du plasma déprothrombiné qui à un taux normal de fifrinogène. L'hyperfibrinémie, par contre, semble avoir une influence moins nette.

Il est donc intéressant, lorsque le temps de Quick est allongé, de connaître les variations de la teneur du plasma en fibrinogène.

Dans les hypoprothrombinémies dues à la diminution du composant B, le taux du fibrinogène est essentiellement variable suivant l’étiologie de l'hypoprothrombinémie.

Nous ne pouvons étudier ici la question, d’ailleurs assez bien connue, des variations de la fibrinémie dans la pathologie hépatique. Nous préférons rapporter le travail récent de Dale, Irish et Jacques (32) qui ont étudié l’influence de la dicoumarine sur le taux du fibrinogène sanguin ; ces auteurs concluent que pour les doses importantes de dicoumarol, il y à abaissement de la fibrinémie et, au contraire, augmentation, pour les petites doses. Le dicoumarol a donc une action comparable à celle des autres toxiques hépatiques. Il faudra tenir compte des doses thérapeutiques de dicoumarie employées pour essayer de trouver le rôle respectif du facteur fibrinémie et du facteur hypoprothrombinémie dans l'allongement du temps de Quick. La façon dont se forme le caillot lors du dosage est, à ce point de vue, assez instructif (caillot mou ou à demi-liquide si le fibrinogène manque).

De plus, une conclusion s'impose, e’est que l'utilisation de faibles doses de dicoumarine dans le traitement ou la prévention des phlébites va à l'encontre du but désiré er abaissant peu le taux de prothrombine et en augmentant sensiblement celui du fibrinogène.

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