‹ Contribution à l'étude des composants de la Prothrombine dans le cadre de la Théorie enzymatique de la coagulationChapitre 34 sur 60 · METHODES ET RESULTATS · texte numérisé non relu

METHODES ET RESULTATS

H. Salles (113) donne, des hyperprothrombinémies gravidiques, une bibliographie importante d’après laquelle nous devons distinguer deux types de méthodes destinées à doser la prothrombine.

Dans les premières, le plasma hyperprothrombinémique est dosé après dilution au quart ou au dixième (et même plus) ; le taux moyen obtenu, est de 180 p. 100 à l'approche du terme de la grossesse.

Dans les secondes où la technique de Quick est employée sans dilution du plasma à doser, le taux moyen est de 110 à 115 p. 100.

Nous avons constaté que ces résultats pouvaient être étendus aux hyperprothrombinémies rencontrées en dehors de la grossesse.

Dans le chapitre II, nous avons exposé les raisons qui nous font repousser l’utilisation des méthodes avec dilu-

tion systématique. Nous définirons donc l'hyperprothrombinémie de la manière suivante : | Si plusieurs plasmas normaux donnent un certain temps de Quick, un plasma sera considéré comme hyperprothrombinémique si son temps de Quick est inférieur d’au moins une seconde au temps moyen des plamas témoins.

Il est certain que, dans ces conditions, il est très difficile d’assigner un taux au plasma hyperprothrombinémique, le point correspondant à son temps de Quick ne se trouvant pas sur la courbe étalon. Il faudra done, soit recourir à une extrapolation, soit utiliser une formule semblable à celle proposée par Tanturi et Banfi; la formule de Fischer, en effet, est inutilisable, le cœfficient a ne pouvant être connu au point trouvé puisque la courbe n’est pas rectiligne. C’est pourquoi nous préférons comparer des temps plutôt que des taux.

Nous voyons, qu’en opposition avec l'étude des hypoprothrombinémies, un travail sur les hyperprothrombinémies se heurte, dès son début, à d'assez grandes difficultés pratiques.

ETIOLOGIE DES HYPERPROTHROMBINEMIES :

Les causes déterminantes des hyperprothrombinémies sont assez mal connues; il semble cependant qu'on puisse le diviser en deux grandes catégories.

à) HYPERPROTHROMBINÉMIES DES MALADIES T'HROMBO- SANTES :

Dans beaucoup de maladies pouvant déterminer des thromboses veineuses ou artérielles, on rencontre des taux de prothrombine supérieurs à la normale, Nous ne pen- Sons pas toutefois que la thrombose détermine cette hyperprothrombinémie. Chez un sujet ayant fait une phlébite du membre supérieur qui ne devait être mise en évidence qu'après l’apparition de deux infactus pulmonaires, nous avons pu trouver un taux de 120 p. 100 un mois et demi apres la guérison complète, sans aucune séquelles. De même, des dosages, pratiqués avant l'opération, chez des femmes atteintes de fibrome, nous ont montré qu’il existait une hyperprothrombinémie variant entre 110 et 120 p. 100 sans

ERP

aucun signe de phlébite. Par contre, nous avons trouvé des taux de prothrombine inférieurs ou égaux à la normale, mais jamais en-dessus de 60 p. 100 chez des malades présentant des signes de phlébite caractérisée. Nous pensons donc que, dans les phlébites, l'hyperprothrombinémie n’est pas un signe de la maladie, mais une cause favorisante due à un trouble organique général.

Les thromboses artérielles, les thromboses rétiniennes et les maladies cärdiaques thrombosantes nous ont donné des résultats assez variables ; nous ne relevons que deux hyperprothrombinémies certaines ; l'une d’entre elles (thrombose de la veine centrale de la rétine) s’est montrée extrêmement résistante à la dicoumarine, ce qui serait, d'après certains auteurs, un caractère assez fréquent des hyperprothrombinémies.

b) HYrERPROTHOMBINÉMIES GRAVIDIQUES :

Le taux de prothrombine chez la femme enceinte à fait l’objet de nombreux travaux dont Salles (loc. cit.) à donné la bibliographie.

La méthode de Quick montre qu'il existe une hyperprothrombinémie assez constante pendant la grossesse et qu’elle est maxima au moment de l'accouchement ; utilisant la méthode électrophotométrique de Meunier, Portes et Var rangot (100) trouvent des hypoprothrombinémies presque constantes, de même Perrier (99) qui utilise la méthode de Smith. [1 est probable que les techniques utilisées par ces auteurs ne sont pas sans reproche, car l’hyperprothrombinémie gravidique est maintenant une notion généralement admise au point de vue biologique et, de plus, en excellent accord avec la clinique. On à pu montrer ( ) que la rate gestante à un taux de prothrombine supérieur à la normale et que sa résistance à l’intoxication par la dicoumarine est augmentée.

N'ayant jamais utilisé la méthode de dilution dans nos dosages, nous n’en trouvons pas moins un temps de Quick inférieur à la normale d’une seconde ou une seconde 1/2, chez les femmes enceintes ou récemment accouchées ; nos taux correspondent sensiblement à ceux des auteurs qui ont employé la même technique; ils varient entre 115

et 150 p. 100 à quelques exceptions près.

LRO Le

FACTEURS AUTRES QUE LA PROTHROMBINE POUVANT INTERVENIR DANS LE DOSAGE DE L’HYPERPROTHROMBIN EMIE :

Nous avons dit qu’un taux de fibrinogène abaissé pouvait allonger le temps de Quick (p. ). Inversement, un taux de fibrinogène supérieur à la normale pourrait être capable de raccourcir le temps de Quick et nous trouverions ainsi une fausse hyperproihrombinémie.

Nitshe (ST) à montré récemment que cette question de lhypo et de l'hyperfibrinémie présentait une réelle impor-tance. Nous devons toutefois faire remarquer que les techniques de dilution où se rencontrent les taux les plus élevés, sont celles où le fibrinogène utilisé ne provient pas du plasma à doser. De plus, quand nous obtenons des hyperprothrombinémies artificielles, par mélange de plasma normal conservé et de plasma hypoprothrombinémique, il est certain que le plasma conservé a perdu, après quesques jours en glacière, une certaine partie de son fibrinogène, donc que lhyperfibrinémie ne peut être misee en cause.

Même si nous ne pensons pas que l'augmentation du taux du fibrinogène fausse réellement le dosage, nous ne devons pas perdre de vue que la grossesse, tout comme les autres états où se rencontrent les byperprothrombinémies, s'accompagne d'un taux de fibrinogène élevé.

HYPERPROTHROMBINEMIE S ARTIFICIELLES :

Nous avons appelé hyperprothrombinémies artificielles celles que nous réalisions en mélangeant en parties égales certains plasmas normaux conservés avec des plasmas frais hypoprothrombinémiques (p. 44). Nous avons montré que cette propriété appartenait seulement à quelques plasmas conservés et qu'elle était indépendante du temps de conservation. Il est donc logique de penser que le facteur B est en cause puisqu'il ne varie pas dans un plasma conservé alors que le facteur A diminue,

D'autre part, dans le tableau 6, nous voyons que cettains plasmas frais donnent des réactions hyperprothrombinémiques in-vitro, par mélange avec un plasma hypoprothrombinémique frais: dans d’autres cas, ce mélange ne redonnera qu’un taux de 100 P. 100.

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